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Sexe et business : Des bobarabani, Sibarani...

« Tôkôni » ou «  form’ni » à l’avant-garde de la séduction

sourcils, Fausses fesses, faux cils, fausses hanches, faux seins… Tout y passe désormais afin de séduire le mieux et le plus d’hommes possibles. Jamais corps de femme n’a été assujetti à autant d’artifices. Mais paradoxe : les mâles semblent adorer et tout le monde y trouve son compte. Mais à quel prix ?

L’industrie cosmétique africaine connait en ce moment une véritable révolution. Plus besoin d’implants mammaires, d’opération chirurgicales souvent très couteuses dans le but de retoucher une partie de l’anatomie ou rendre pulpeuse la silhouette de la femme la plus fantoche. La quasi-totalité de ces attributs secondaires sont désormais préfabriquées… sur place : faux cils, fausses fesses, faux cils, fausses hanches, faux seins…

Il existe même des baumes miracles susceptibles de faire gonfler la région du corps où ils sont appliqués. Mademoiselle veut-elle une croûte bien rebondie, appétissante au regard du plus exigeant des vicieux ? Pas de souci ! Un petit massage de cette pommade est vivement recommandé. Son effet dure quelques heures, le temps de capter le plus grand nombre de regard et de convoitises… Il faut dire que bien d’Africains ont un faible pour cette partie de l’anatomie féminine…

Humm ! La demande étant forte sur le marché, les femmes sont alors disposées à fournir la grande offre. A ce niveau, la concurrence est rude. Mais attention : pas de valeur ajoutée ! Ces produits de fabrication locale sont généralement proposés par des vendeuses d’origine Ghanéenne, togolaise, camerounaise, entre autres. Et çà marche fort à Bamako. Les utilisatrices n’ont, hélas, cure du risque cancérigène qu’elles encourent.


Pour tous les goûts et toutes les formes

A côté de ce onguent spécial, sont utilisés autres artifices moins agressifs mais tout aussi contraignants pour leurs utilisatrices. Ce sont des prothèses cosmétiques spécialement adaptées à la partie du corps que l’on veut mettre en exergue. Les fesses étant, pour certains, l’un des premiers attraits physique chez la femme, elles font par conséquent objet de toutes les attentions. De tous les artifices en effet, les fausses fesses (« bobarabani ») sont les plus utilisés. Il en existe pour toutes les formes, tous les goûts et toutes les bourses. Sa première utilisation remonte à quelques années. Seules les plus nanties (surtout des artistes de renommée) pouvait se l’offrir à des prix exorbitants.

Aujourd’hui, des tailleurs au marché de Médine le proposent à des prix défiant toutes concurrences. Elles sont cousues à l’aide de chiffons, de caoutchouc à même les caleçons et offrent au regard les mêmes sensations, pardon, les mêmes perceptions que de vraies fesses. Les mecs n’y voient généralement que du feu. Mais attention, il existe des conditions d’utilisation. Il est vivement recommandé de les porter en dessous des pantalons Jeans bien moulés afin que le vrai et le faux attribut ne fassent qu’un au regard… Mais qu’on se le dise tout de suite : toutes les filles en pantalons jeans ne portent pas forcement de « bobarabani » quand bien même… Chut !

Aux fausses fesses, s’ajoutent les faux seins (sibarani) et les fausses hanches (tôkôni ou form’ni) tous fabriquées à partir de matériaux locaux : chiffons, caoutchouc… C’est surtout selon le goût et l’intérêt des hommes. Pendant que certains sont captivés par une poitrine plus généreuse, d’autres sont subjugués par une fine silhouette et une démarche gracieuse. Tous y trouvent leur compte. De fausses hanches doublées de fausses fesses font en effet l’affaire. Facile d’accéder à la marchandise. De nombreuses boutiques sises au Marché Rose de Bamako et au Marché de Médine les proposent pour tous les prix.

S’agissant des faux cils et sourcils, leur usage, aujourd’hui très répandu, est cependant plus antérieur aux prothèses. Ils ont pour but de présenter au candidat le plus hésitant, le regard le plus félin et par surcroit captivant et persuasif. Difficile d’y résister ! Mais attention aux infections d’yeux. Certaines utilisatrices ont en effet failli perdre la vue suite à des infections liées à l’usage de ces produits.


N’utilise pas le bobarabani qui le veut

Il s’agit, indubitablement d’une évolution, voire d’une révolution des mœurs. Beaucoup plus de femmes qu’on ne le croit utilisent ces produits de « première nécessité ». Du nombre des utilisatrices en effet, figurent les femmes de toutes les classes sociales, n’ayant pas encore dépassé l’âge et l’art de la séduction : artistes, élèves et étudiantes, femmes d’affaires, filles de joie… des épouses et mères de foyers n’y échappent. C’est, disent-elles, dans le but de retenir Monsieur à la maison.

L’objectif, en tout état de cause, est de séduire. Une chose est de séduire l’homme, dira-t-on, une autre est de le convaincre à rester. Mais ces femmes « artificielles » ont plus d’arguments qu’on ne l’imagine. La première opération, certainement la plus délicate, consiste à capter l’attention et réveiller l’intérêt du mâle. Le reste relève d’une gestion interne. Elles sont imbattables sur ce terrain.

Mais suffit-il seulement de porter un bobarabani, un sibarani, un tôkôni appelé aussi «  form’ni »pour réveiller et retenir l’attention de Monsieur ? Pas si simple que çà, nous révèle une utilisatrice parmi les hôtesses d’une cérémonie ! Ces produits restent de vulgaires objets plaqués à même le corps s’ils ne sont pas « exploités » à souhait. Ils doivent être synchronisés à une démarche anodine ou à la faveur d’une danse généralement exotique. En somme, ils ne sont pas d’une grande utilité pour celles qui ne savent se déhancher le mieux.

Dans les boîtes de nuit et autres dancings, les genres musicaux étant désormais adaptés à la circonstance, l’idéale, poursuit mademoiselle, c’est de danser le « bobaraba » ou le « Mapouka » [la danse des fesses] avec le « bobarabani » ou « tokoni » en dessous des vêtements… Bien malin parmi les mecs qui restent alors indifférents aux ondulations et aux cadences … Nous leur faisons juste des suggestions sensuelles. L’imagination de Monsieur fait alors le reste ».

Et l’amour dans tout çà, a-t-on demandé ?

« L’amour, vous dites l’amour ? Quel amour ? Eh bien, votre amour est mort et enterré... Par la faute des hommes. Et puisqu’ils l’ont tué, nous leur offrons aujourd’hui ce qu’ils méritent : des leurres et des lueurs, à savoir, des bobarabani, sibarani, et tokoni » ! D’autres surprises les attendent !

Le hic, c’est que ce châtiment, pour l’instant, ne semble aucunement déplaire aux mecs. Ils adorent la trouvaille !

B.S. Diarra

Aurore du 19 Mars 2009

 

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