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Alain Giresse, nouveau sélectionneur des Aigles du Mali : De quelles marges de manœuvre dispose-t-il ?

Longtemps attendue dans les milieux sportifs maliens, l’information est tombée mardi dernier et a rapidement fait le tour du monde. C’est le Français Alain Giresse qui présidera aux destinées des Aigles du Mali, après le limogeage du Nigérian Stephen Keshi pour insuffisance de résultats. Ainsi en a décidé le Comité exécutif de la Fédération malienne de football (Femafoot) au terme d’une réunion extraordinaire tenue ce mardi 20 avril 2010 en son siège sis à l’ACI 2000 à Bamako.

Un seul point était à l’ordre du jour de cette réunion : le choix du nouveau sélectionneur de l’équipe nationale senior. Après un examen minutieux des dossiers des différentes candidatures et de discussions franches sur des critères professionnels pour l’intérêt de la sélection nationale, le Comité exécutif a porté son choix sur M. Alain Giresse comme nouveau sélectionneur des Aigles du Mali.

Qui est en fait Alain Giresse ?

Né le 2 août 1952 à Langoiran, Alain Giresse est un ancien footballeur français qui jouait en tant que milieu de terrain notamment aux Girondins de Bordeaux et en équipe nationale de France avec laquelle il remporta l’Euro 1984. Après sa carrière de footballeur, Alain Giresse décide de devenir entraîneur.

Il fait alors ses débuts en 1995 sur le banc du Toulouse FC et il y resta deux ans et demi avant de rejoindre le club de la capitale, le Paris Saint Germain en 1998. Mais après une surprenante élimination en Coupe des coupes contre le Maccabi Haïfa et un début de championnat catastrophique, il sera démis de ses fonctions trois mois seulement après son arrivée. Il retourna alors au Toulouse FC sans grand succès non plus durant neuf mois.

En 2001, il prend la direction du Maroc et devient l’entraîneur du FAR Rabat jusqu’en 2003, mais ne remportera qu’un seul trophée : la Coupe du trône 2003. Dès lors, il se retrouve sans club et décide de se tourner vers les sélections nationales. Il rejoint donc l’équipe de Géorgie, mais devant la difficulté de manager un petit pays et sans réelle perspective de qualification à une phase finale, il ne restera qu’une année. En mars 2006, il prend en main la sélection du Gabon.

En février 2010, il n’est pas reconduit dans ses fonctions, malgré de bons résultats, car il hissa le Gabon de la 125è place au classement FIFA à la 40è. Le Gabon sous l’ère Giresse réalisa de beaux exploits en battant le Cameroun, le Ghana, le Maroc, le Togo...et rivalisant, dit-on, avec la Tunisie et la Côte d’Ivoire.

Le Gabon, pour la première fois de son histoire, frôla la qualification pour la Coupe du Monde 2010. Au terme d’une jolie CAN, Alain Giresse quitte son poste au Gabon. A compter de ce mois d’avril, c’est lui qui prend les rênes des Aigles du Mali. Une nouvelle aventure qui, nous l’espérons vivement, lui réussira.

Que pourra faire ce nouveau sélectionneur ?

On le sait déjà, peu avant sa nomination par le Comité exécutif de la Femafoot, l’arrivée du Nigérian Stephen Keshi avait suscité beaucoup d’espoirs surtout au sortir de la débâcle des Aigles à la CAN, Ghana 2008. Cette débâcle, rappelons-le, avait conduit au limogeage de l’entraîneur de l’époque, le Français Jean-François Jodar.

Keshi qui est arrivé en prônant la rigueur et surtout de gérer l’équipe nationale sans sentiment ni parti pris est carrément passé comme son prédécesseur à côté de la plaque. Une élimination de la Coupe du monde Afrique du Sud 2010, une qualification dans la douleur pour la CAN Angola 2010 et au finish, une piètre prestation en terre angolaise : voilà le bilan de la mission qui était confiée à Keshi.

Comme l’on pouvait s’y attendre, au regard de cette médiocre prestation de notre équipe nationale, le divorce entre le Comité exécutif de la Femafoot et le sélectionneur nigérian s’en est suivi.

Aujourd’hui, c’est Alain Giresse qui arrive à la tête des Aigles avec pour double mission de rebâtir une équipe digne de ce nom et de qualifier le Mali pour la prochaine CAN qui sera co-organisée en 2012 par le Gabon et la Guinée Equatoriale. Une double mission qui semble difficile au regard de l’atmosphère qui règne actuellement dans le milieu footballistique.

Mais, Alain Giresse peut tirer son épingle du jeu en tirant les leçons du passé des Aigles avec Jean-François Jodar et Keshi tout récemment ? Il peut tirer son épingle du jeu en composant étroitement avec les membres du Comité exécutif de la Femafoot qui ont entrepris depuis un certain temps des innovations majeures pour redynamiser notre football. Aujourd’hui, ce dont notre sport-roi a besoin, c’est bien de la rigueur, de la transparence et de l’esprit d’anticipation dans sa gestion.

Oui, l’espoir semble renaître avec l’arrivée, dans quelques jours, de M. Giresse pour négocier son contrat. Mais, il est important de le souligner : chacun doit apporter sa contribution pour que la mission qui lui est confiée ainsi qu’au Comité exécutif de la Femafoot soit un succès véritable. Du président de la République en passant par les ministres, les députés, les journalistes, les supporters, lescommerçants…jusqu’aux petits ouvriers, nous devons, chacun à son niveau, jouer notre partition.

Comme, dirait l’autre, nous sommes souvent les bourreaux de notre football. Il nous faut donc dès cet instant enterrer nos querelles mesquines, nous donner la main et nous tourner résolument vers l’avenir. C’est à ce prix que nous pourrons véritablement remettre notre sport-roi sur de bons rails.

Bruno Loma

Le Républicain du 23 Mars 2010.

 

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