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  Zénith-Balé
Le peuple trahi par ses hommes politiques

Les élections législatives à venir retiennent l’attention de toute la classe politique malienne. Après les municipales, celles-ci constituent un scrutin de proximité dont l’enjeu n’est plus à démontrer vu l’effervescence dans laquelle elles plongent les formations politiques et l’engouement qu’elles suscitent chez les hommes politiques.

Ces élections législatives, il faut le reconnaître, constituent pour certains hommes, une excellente opportunité de se faire la poche et pour d’autres, d’exercer le pouvoir législatif.
La particularité des législatives 2007 c’est qu’elles doivent permettre aux différents états major des partis politiques de mesurer leur capacité de mobilisation voire leur force intrinsèque sur l’échiquier politique national. L’objectif recherché étant pour chacune des formations politiques concernées, de disposer de la majorité parlementaire qui permet en régime démocratique d’orienter l’action gouvernementale.

Les hommes politiques qui se sont entredéchirés lors de la présidentielle du 29 Avril dernier semblent revenir à de meilleurs sentiments. Et pour preuve, les deux grands regroupements que sont le FDR et l’ADP sont décidés à enterrer la hache de guerre car ces clivages ont tout simplement été négligés dans la constitution des alliances contre lesquelles, les confrères n’ont pas manqué de qualificatifs. Des alliances inimaginables aux alliances diaboliques en passant par les alliances incroyables, les hommes politiques maliens auront fait preuve de " tout " ou presque.

A regarder de près, ces alliances démontrent à suffisance la transhumance de la grande majorité de nos hommes politiques, preuve de leur manque de conviction. C’est ce qui fait dire à des observateurs de la scène politique malienne que les politiques pensent plus à leurs propres intérêts qu’à ceux du peuple au nom de qui se ferait le combat politique.

Ces alliances prouvent également que dans bien des cas, les hommes politiques se moquent éperdument de leurs bases car, chaque fois que leur " sauce " est en cause, contre toute attente, ils trouvent un terrain d’entente. C’est tant pis pour ceux dont la politique met en discorde momentanée ou définitive. Sinon comment comprendre des partis qui jurent se faire la peau il y a juste quelques jours et qui décident subitement de vivre le grand amour ?

Parmi ces alliances, il y a en a qui en disent long sur le devenir du peuple malien. C’est ainsi que nous nous sommes fait le devoir de vous révéler certaines d’entre elles pour faire voir des réalités au peuple. Ces alliances contre nature sont constatées dans toutes les formations politiques aussi bien dans les grandes que dans les moins grandes.

A Nioro par exemple où Tiébilé Dramé est candidat, son parti le Parena est en alliance avec l’Adéma.
A Ségou, le Rpm du président IBK est en alliance avec le Pcr, le Miria et le parti Sadi contre une alliance Adéma, Urd, Cnid et Mouvement Citoyen pour les 7 postes de députés à pourvoir.

Là, il faut reconnaître que l’enjeu est une question d’honneur pour ces deux listes car la première entend barrer la route de Bagadadji, place de la République, à Me Tall considéré depuis par ses détracteurs (IBK, Tiébilé etc.) comme un transfuge, allusion faite à son départ de Espoir 2002 auquel appartenaient son parti, celui de IBK et bien d’autres.

Comme si cette rancune n’était perceptible qu’à Ségou, voilà que le Cnid et le Rpm sont en alliance pour la conquête de Kati.

Le Rpm est encore en alliance avec son " ennemi " éternel, l’Urd pour les trois places de Gao où l’honorable Assarid de l’Adéma est en lice avec le Mouvement Citoyen. Après l’immense effort que Assarid et ses hommes ont abattu lors de l’élection du candidat ATT, on peut dire que les choses ne seront pas faciles pour le parti des Tisserands et celui de la poignée de main quoi que tout soit possible en politique.

Un autre duel Rpm Urd contre l’Adéma est attendu à Tenenkou où postule à nouveau Mme Ascofaré Ouleymatou Tamboura.
Dans certaines localités, des partis forts de leur puissance sur le terrain, ont décidé de s’unir et faire ombre aux autres. C’est le cas à Koutiala où le Rpm et le parti Sadi se sont partagés les 6 députés en raison de 3 par formation.

Le Parena évolue aussi au sein d’un grand nombre d’alliances notamment à Niono, à Sikasso, à Kadiolo, à Koulikoro, à Yélimané et à Kita entre autres. Dans cette dernière localité, le Secrétaire politique du parti, Me Hamidou Diabaté, natif de la capitale de l’arachide est en lice pour l’hémicycle après une traversée de désert qu’il ne semble plus supporter.

Autre particularité de ces législatives, c’est la participation de plusieurs personnalités du pays. Il s’agit de IBK du Rpm en commune IV du district de Bamako, de Tiébilé Dramé du Parena à Nioro, du Dr. Oumar Mariko à Kolondiéba, de Younoussi Touré de l’Urd à Niafunké, de Dioncounda Traoré de l’Adéma à Nara, de Me Mountaga Tall à Ségou, des minstres Bâ Awa Kéita à Kéniéba et de Ndiaye Bâ à Kayes pour ne citer que ceux-ci.

Le peuple malien dont la confiance est actuellement en sollicitation, doit savoir pour qui voter car beaucoup de députés, une fois élus, oublient superbement leur base après avoir pris goût à leur nouvelle vie bamakoise. Ils s’en fichent de ce pourquoi ils sont élus, c’est-à-dire travailler à l’Assemblée et rendre compte régulièrement à la base.

Ceux qui se sont donnés le devoir d’être en contact avec leur base n’auront certainement pas assez de difficultés à se faire réélire. Par contre ceux qui pensent que la vie s’arrête durant une mandature, apprendront à leurs dépens qu’il faut entretenir des contacts étroits avec les militants.

Il est temps que le peuple sanctionne les députés qui ne travaillent pas ni dans leur circonscription électorale ni même à l’Assemblée où ils ne viennent d’ailleurs que pour prendre leur magot.

Le scrutin à venir constitue une occasion d’or pour mettre en déroute les élus qui ne pensent qu’à eux-mêmes et récompenser ceux qui ont en souci l’avenir du pays et de ses populations.

Diakaridia YOSSI

21 mai 2007.

 

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