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  Zénith-Balé
Législatives de juillet 2007 : Trop de barons auto-proclamés

C’est le lundi 28 Mai 2007 que la Cour Constitutionnelle a proclamé la liste provisoire des candidats au scrutin législatif. Il en ressort un constat, l’échiquier politique est désormais infesté de barons autoproclamés. Pourtant cette situation a l’avantage d’éclaircir le jeu

Ces élections législatives vont permettre à chacun de connaître son poids réel et d’en tirer les conséquences. Du coup c’est la démocratie elle-même qui se renforce au grand dam de tous les surévalués et autres opportunistes en manque d’inspiration, à la quête de richesse facile, et de couverture immunitaire pour échapper à la justice.

Notre pays, malgré les insuffisances, est en marche avec la démocratie qui titube sans chambouler. Le Mali, après le scrutin présidentiel, est donc en plein dans une recomposition du paysage politique avec le scrutin législatif.

La constitution des candidatures a souvent été effectuée dans les conditions difficiles tellement l’offre dépasse la demande, tout le monde est candidat et cela sans aucune logique et avec un mépris certain des textes, sinon le désordre ne s’explique pas.

Alors « le vin est tiré il faut le boire », la bataille sera rude mais, elle mérite d’être menée pour la vitalité de la démocratie.
Les candidatures, des plus fantaisistes, aux plus attendues en passant pas les surprenantes et autres utopiques.

Elles ont suscité un sentiment « d’assemblée folie » qui se serait emparée de nos hommes politiques, et tous ceux des « nouveaux promis » désireux d’ancrer les acquis. A en croire que l’Assemblée nationale est le nouvel eldorado de la politique.

Le mandat du peuple est souverain pourtant l’élection législative n’est pas seule garante de mandat populaire. Alors pourquoi tout le monde veut devenir député ?
Le Mali est un pays qui n’est pas assez doté par la nature, la pauvreté structurelle est une réalité.

Elle gangrène la république et désespère les citoyens. Pour cela la politique est souvent le raccourci emprunté par nombre de nos concitoyens pour se frayer un chemin.

L’Assemblée nationale pour cela est un formidable créneau qui, en plus du traitement financier, confère de la notoriété publique aux élus. Au Mali le député est un homme puissant alors si vous avez déjà une autre casquette, imaginer toute la marge de manœuvre. Mais de là à brûler toutes les étapes de la logique pour se présenter, il y a des interrogations.

L’hémicycle de Bagadadji est terriblement convoité par des hommes et des femmes pour s’en servir comme refuge et non véritablement pour autre chose.
A côté de ces intrus de la politique animés par la soif d’être député, il y a un lot d’hommes de valeur dont la présence dans l’hémicycle peut créer le dynamisme. Il ne sont pas très nombreux pourtant, ils ont de fortes chances de siéger aux côtés de parvenus qui ne profitent des situations favorables, pour se hisser.

La tentation a souvent gagné certains de nos hommes publics qui ont viré à 180° pour l’option politique active, quand bien même que souvent leur émergence n’avait rien de politique. C’est là, toute la difficulté de faire la différence entre la popularité et la politique. Cette confusion qui est difficile à cerner tant elle n’est pas facile à servir.

La politique malgré tout ce que l’on dit est aussi une science qui s’apprend et s’exerce.
Pour le lot des hommes politiques la tentation a aussi joué, certains s’étant aussi emportés à l’idée de devenir député, sans autre considération. Il en résulte de toutes ces précipitations une désastreuse confusion qui ternit de plus en plus l’image de l’Assemblée nationale.

Un réajustement des conditions d’éligibilité s’impose plus que jamais pour éviter que notre Assemblée nationale ne se folklorise en boîte à sous.
La République doit s’engager à trouver les moyens de redynamiser et restructurer l’essentiel des composantes de notre vie démocratique.

Alors que la réflexion s’engage pour que le Mali nouveau se débarrasse de tous les égarés qui ne peuvent rien apporter au système sauf qu’à le maintenir.

Youba KONATE

1er juin 2007.

 

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