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Insécurité au Nord du Mali : la faiblesse de l’Etat en cause

C’est devenu monnaie courante, chaque jour que dieu fait , les medias informent les Maliens sur des attaques des groupes armés non identifiés perpétrées contre les Famas. Même Bamako, la Capitale et environs ne sont guère épargnés par cette insécurité qui est en passe de devenir un fléau national. On a l’impression que les autorités compétentes ne mesurent pas les conséquences de ces différentes attaques.

Les hommes les plus expérimentés savent que le développement et la sécurité sont deux notions différentes mais qui sont intimement liées. Dans aucun pays du monde, on ne peut parler de développement sans sécurité et de sécurité sans développement. L’un est le corps et l’autre est l’âme de ce corps. Cette vérité historique bien fondée semble être ignoré (la réalité des faits quotidiens le prouve) par les gouvernants actuels du Mali. La crise que notre pays connait depuis quelques années est très profonde et multidimensionnelle. Nous pensons que sa résolution doit être malienne et ne dépendra exclusivement que du bon vouloir des maliens. Le Mali n’aura pas un avenir meilleur tant qu’il n’aura pas régler les problèmes cruciaux qui annihilent et torpillent les tentatives de développement entreprises jusque là. Le Nord et toutes les autres parties du pays ont besoin de se développer sur le plan socio-économique et culturel. Il est temps que l’Etat cesse de soutenir une minorité qui domine la grande majorité des ethnies touaregs vivant au Nord. Il est temps que les dirigeants actuels comprennent que la communauté internationale est une palliative et non le syndrome. Cette communauté des Nations au lieu de nous aider, nous envoie dans le fond.

La situation sécuritaire sur le terrain est déplorable. L’Etat a fui ses responsabilités en laissant les populations à leur propre sort et sous la coupe des narcotrafiquants. Alors, le régime actuel a-t-il le choix ? Une question difficile à répondre dans la forme et dans le fond. Dans la forme, certains observateurs diront que le régime actuel à le choix, car le Mali est une république indépendante et souveraine. Mais c’est tout à fait le contraire dans le fond. Sinon comment peut-on tenir les élections au Nord du Mali dans la mesure où ce il échappe au contrôle de l’Etat Malien ? Comment peut-on comprendre que les vraies victimes de la crise soient ignorées par les autorités ? Au Mali, faudrait t-il commettre l’injustice pour se faire entendre ? Ces deux méritent d’être posées.

Reconnaissons que l’Accord d’Alger a été mal négocié. Pendant les négociations, la délégation gouvernementale n’était pas munie d’un mandat du peuple Malien, mais uniquement de la seule vision d’un président qui est depuis la débâcle des Famas à Kidal le 21 Mai 2014 sous la pression de la France. Un président de part ses différentes prises positions sur la question avait plutôt le souci de sauver son mandat et sa peau que de sauver le Mali. Ce que les différentes rebellions n’ont pas avec les régimes précédents, elles ont eu cela avec un homme qualifié d’homme d’Etat. Un homme d’Etat c’est celui qui privilégie l’intérêt national au détriment de l’intérêt personnel. Le fait de ne pas consulter les partis politiques et la société civile à l’avance pour dégager une position commune et nationale a beaucoup fragilisé l’Etat. C’est ce manque de vision à long terme, qui est la cause de l’inapplication de l’accord d’Alger et son corollaire d’insécurité. Il en sera toujours ainsi tant que la France soutient en cachette ou ouvertement les rebelles de Kidal. Il y aura toujours cent attaques, 1000 morts, tant que l’équipement des Famas sera sous le contrôle de la France à travers le traité de coopération militaire du 16 juillet 2014.

La dernière attaque en date est celle de Gossi, cette localité située non loin de Gao qui reste la cible des assaillants toujours non-identifiés. Les autorités ont-il les moyens de les identifiés afin de les traquer dans leur derniers retranchements pour mettre fin à cette impunité. Malheureusement non. Et pourtant ces autorités ont-été élues avec comme ferme promesse d’unifier le Mali.

Maintenant, le doute subsiste quand à la capacité de nos autorités à amener un jour la stabilité, car ces derniers temps, toutes les parties du territoire sont menacées par les ennemis de la paix (attaques de sanankoroba, de Banamba, de Gourma Rharous, le braquage à l’Ecobank... Le Nord fait l’objet d’attentats terroristes, de la criminalité transfrontalière et toutes sortes d’atrocités. La capitale, Bamako et environs, est en passe de basculer dans la terreur, à savoir les attaques à main armée, les braquages, les vols en bandes organisées, autant d’actes criminels qui rythment le quotidien des habitants de Bamako et environs. Ces signes sont annonciateurs du syndrome de partition du pays. A chaque fois qu’il y’a moins d’Etat, il n’y aura plus d’Etat. C’est ce qui se passe actuellement dans les régions du Nord à cause de l’Accord d’Alger.

Seydou Diarra

Le Carrefour du 17 Novembre 2016

 

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