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  Zénith-Balé
Interview exclusive du président de Barica : « L’Adéma Pasj et l’Urd n’ont que 19 et 14 députés... », dixit Gaucher

L’année 2007 a été marquée dans la vie de la nation par l’organisation de plusieurs élections notamment les présidentielles et les législatives. Lesquelles aboutirent à la réélection de Amadou Toumani Touré comme Président de la République pour un ultime mandat de 5 ans selon la Constitution mais aussi à la recomposition de l’Assemblée nationale. Alors, place aux tractations pour le nouveau bureau de l’hémicycle et la composition du nouveau gouvernement. A cet effet, Mamadou Sinayoko dit Gaucher a bien voulu nous accorder une interview exclusive parlant des élections générales, le poids des partis politiques, la mise en place du bureau de l’Assemblée entre autres sujets.

Balé : Quelles leçons tirez-vous des élections générales de 2007 ?
Gaucher :
Je vous remercie et salue tous les lecteurs de votre journal. En 2007, il y a eu les élections présidentielles et législatives dans notre pays. On se rappelle que pour les présidentielles, 8 candidats étaient en lice dont une femme, une première à saluer et à encourager.
A mon avis, il y avait deux candidatures très sérieuses pour les présidentielles dernières. Il s’agit de celle du président sortant ATT et de celle du président sortant de l’Assemblée et président du Rpm IBK, sans pour autant minimiser les autres candidatures bien sûr. A l’issue du scrutin, accompagné par une cinquantaine de partis, ATT a été réélu avec plus de 70% des voix. Mais, disons tout de suite que la personnalité de Amadou a beaucoup joué en sa faveur. Cela ne veut pas aussi dire que les forces politiques qui l’ont soutenu n’ont pas eu leur poids dans la balance.
Donc, on peut dire que les partis politiques doivent se remettre en cause, qu’il y ait une recomposition politique plus appropriée. Pour mieux aborder les joutes de 2012. Aussi, je veux dire qu’il n’y a plus de petit parti et que la presque totalité des partis maliens sont des partis locaux. Les législatives sont un exemple très patent pour les analystes politiques.


Balé : Pourquoi dites-vous qu’il n’y a pas de petit parti ?
Gaucher :
Je dis qu’il n’y a pas de petit parti pour diverses raisons. Je cite entre autres raisons que lors des élections législatives, excepté Younoussi Touré, président de l’Urd, aucun président de parti parmi nous n’a pu passé au 1er tour. Puis, j’ajoute, soyons honnêtes, chacun d’entre nous a profité de ATT. Car, de façon générale et globale, les campagnes législatives ont tourné autour du nom de ATT. Son nom était le slogan favori par des phrases telles : « Nous nous battons (partis de soutien à ATT) pour lui assurer une majorité afin qu’il gère tranquillement ses cinq ans pour le bonheur du peuple ».
Ensuite, les partis dits grands comme l’Adéma Pasj, l’Urd, le Rpm entre autres n’ont pratiquement rien gagné seuls lors des législatives dernières. Je m’explique, l’Adéma avec ce qu’on appelle la majorité sortie des urnes 51 députés n’a eu que 19 députés sur liste propre ; l’Urd, sur ses 35, n’a que 14 sur liste propre. Alors, ces partis qui se considèrent comme de grands partis, se prévalant de la majorité, ignorant les autres sans lesquels ils n’allaient pas se targuer de majorité, se trompent.
Car, je vous dis que si l’Adéma partait sur liste propre à Ségou ou à Bougouni, le parti allait sortir bredouille. C’est pourquoi, ils ont tout fait pour aller avec nous et aujourd’hui tentent de nous ignorer. C’est un exemple parmi tant d’autres sinon, il y a Dioïla, Kadiolo, Bla et Koutiala entre autres. Sans pour autant oublier qu’il y avait des indépendants qui se sont présentés sur la liste de ces partis comme des partisans, le temps nous en édifiera. Donc, j’affirme qu’il n’y a pas de petit parti et que tous les partis maliens sont locaux. Seuls l’Adéma avec ceux issus de ses entrailles (le Rpm et l’Urd) qui a géré le pays pendant dix ans avec de nombreux cadres udpémistes à travers le territoire, le Mpr qui se réclame de l’Udpm et l’Us-Rda, parti de l’indépendance sont les partis nationaux. C’est-à-dire qui se trouve presque partout sur le territoire. Mais, aussi des partis comme le Cnid, le Parena, etc. leur emboîtent le pas parce qu’ils ont participé à la gestion du pays à divers niveaux.

Balé : Parlons de la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale. Quelle est votre position ?
Gaucher :
Je pense qu’actuellement on n’a pas besoin de crise comme ce qui se trame partout. D’abord, je ne suis pas de l’Adp mais j’ai soutenu ATT comme ce regroupement de partis politiques. Rappelons qu’il y avait eu des mots d’ordre entre les protagonistes avant les présidentielles et même des législatives. J’estime donc, que si ce n’est pas pour des intérêts personnels voire sordides, il ne devait pas avoir tout ce boucan autour de la composition du bureau de l’Assemblée voire même du gouvernement. Ma position, à cet effet, reste très claire, c’est celle de ATT. Car, nous avons décidé ensemble de le soutenir et de l’aider dans sa tâche. Cela ne veut pas du tout dire qu’on ne lui dit pas la vérité, que nous serions des béni oui oui. Mais, c’est quand même pour l’assurer de notre soutien pour la construction du Mali.


Balé : Quel est votre dernier mot ?
Gaucher :
Bien vrai que mon parti attend la mise en place du bureau de l’Assemblée et du gouvernement pour se prononcer totalement sur les élections, je tiens à m’exprimer. Alors, je dis que les partis qui se considèrent grands reviennent sur terre. D’autant plus que leur grandeur s’explique par leur gestion du pouvoir. Nous qui n’avons pas encore eu cette chance vivons pour autant. Qu’ils reviennent sur terre et que l’on reste dans le même bateau avec ATT pour la suite des événements. Qu’ils évitent de créer des problèmes où il n’y en a pas.
A ATT, je lui demande d’être pragmatique et tolérant. Mais que personne n’oublie que le simple nom d’ATT a servi presque tous les partis de la majorité présidentielle. J’ajoute même des partis de l’opposition par des critiques, souvent acerbes.
Enfin, je dis à certains partis politiques notamment l’Adéma et l’Urd qu’ils pensent aux cinq ans d’abord et non de se projeter déjà sur 2012. Car, je pense que 2012 n’est pas demain. Merci !

B. DABO

24 août 2007.

 

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