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  Situation du pays
Installation des autorités interimaires et retour de l’administration à Kidal : En sera-t-il ainsi ?

Les travaux de la 2ème réunion de haut niveau du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) pour la paix et la réconciliation signé le 15 mai 2015 ont regroupé les hautes autorités en charge de la gestion de la crise du nord.
Parmi ces hautes autorités, il y a le Ministre Algérien des Affaires Etrangères, les représentants de l’Union Africaine, de la CEDEAO, de la France, des Nations-Unies etc…et les leaders politico-militaires des mouvements signataires de l’Accord de Paix.

De bonnes décisions ont été prises selon le communiqué final, même si toutes ces décisions ont été dites et redites mille fois depuis la signature de l’Accord le 15 mai 2015 à Bamako. Nous avons appris que cette réunion a abouti à une clé de répartition pour la désignation des Autorités Intérieures. Ainsi il a été convenu que Gao et Ménaka seront gérés par des représentants de la Plateforme tandis que Tombouctou et Taoudéni seront gérés par la CMA. Nous savons par ailleurs que la CMA a une ascendance sur Taoudéni, car à chaque manifestation, les foules sont transportées de cette ville à destination de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Kidal pour s’exhiber à la face du monde.

Le point d’achoppement est la ville de Kidal ou deux forces antagonistes ont toujours croisés le fer à savoir la CMA et le GATTIA (force militaire des ethnies Inghad). La réunion de haut niveau a donné la responsabilité à l’Etat de désigner l’Autorité Intérimaire de Kidal. Entre les deux forces en présence, parmi qui l’Etat choisira l’administrateur de Kidal ?

En tout cas si c’est le Ministre Ag ERLAF qui doit choisir, elles ne pourront être que des Touaregs Ifoghas. Ce dernier étant le représentant de la CMA dans le Gouvernement sous une forme voilée, il ne peut que défendre l’intérêt de Kidal d’abord et ensuite du Mali. Pour mettre les deux partis dos à dos, l’Etat doit s’assumer en désignant des sudistes à la tête et prendre un nombre équitable dans chaque camp. Mais l’Etat aura-t-il le kilo de s’assumer pour cette décision ?

Toutes les mises en place des Autorités Intérimaires doivent se faire du 13 au 20 février 2017. Nous l’espérons, et en plus nous restons prudents.
Quant aux patrouilles mixtes entre militaires maliens, combattants de la Plateforme et de la CMA censées préfigurer la création des forces reconstituées du Mali, leur lancement doit s’étendre selon le calendrier suivant : Gao 20 février, Kidal le 28 février et Tombouctou une semaine après.

Kidal, la ville rebelle accueillera les représentants de l’Etat concomitamment avec l’installation des Autorités Intérimaires et des patrouilles mixtes prévues le 28 février 2017. Prions une fois de plus que tout cela soit de la réalité, pas de la fixon !

Nous ne serons pas à notre première surprise lorsqu’on nous annoncera dans les prochains jours qu’il y a eu un autre attentat meurtrier à Kidal ou à Tombouctou, où alors que les représentants de la CMA refusent d’intégrer le groupe. Nous nous demandons dans tout cela que devient, l’opération de cantonnement, de désarmement et de réinsertion des combattants rebelles ?

De notre point de vue, c’est cet aspect qui est le plus important pour amener la sécurité partout. Mais en politique, souvent l’arbre cache la forêt. Nous nous contenterons de cet adage. La CMA va-t-elle joué franc jeu ? Nous doutons de cela. En effet le vendredi dernier au soir à Ansongo, le commandant des FAMAS Mohamed ag Oulamine a été attaqué à son domicile par des hommes armés. Il a été grièvement blessé et évacué sur Gao. On attribue cet acte à la CMA nonobstant la tenue de la réunion de haut niveau à Bamako au même moment pour colmater la paix. A ce rythme la paix viendra-t-elle un jour ?

Ivette GUINDO

Le Carrefour du 16 Février 2016

 

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