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  Le Carrefour
Grogne social au Mali : Signe de l’incompétence du gouvernement Modibo

Le président de la République Ibrahim Boubacar Keita, a été élu en 2013 avec 77,66% des suffrages exprimés. Une fois au pouvoir, le président IBK est devenu depuis un homme politique méconnaissable. Ses hésitations, son mauvais choix des Hommes, ses mesures impopulaires, son pilotage à vue, et sa gouvernance sont à l’origine de l’indignation de son peuple.
En quatre ans de gestion des affaires du pays, le président IBK a dilapidé le capital de confiance et de sympathie que ses compatriotes avaient placé en lui. Il s’est montré en deçà des attentes et la satisfaction de nombreux besoins urgents des maliens sont loin d’être à porté de main. Les Maliens regrettent de nos jours le choix de l’homme qui était censé apporter le changement tant souhaité par le peuple. Dans le chapitre crucial de notre combat collectif qu’est la lutte contre la corruption, il doit comprendre que le temps du discours est révolu. C’est celui des actions rigoureuses et l’exemplarité qui sont plus que jamais impératifs maintenant pour notre pays.
Le front social est en plein ébullition depuis plusieurs mois sans qu’une issue consensuelle à long terme ne soit négociée avec les acteurs. Une série de grève dans l’administration en est la parfaite illustration. La grève illimitée des syndicats des magistrats a fortement fait des mecontents. Le comité syndical de l’enseignement supérieur de l’ENSup a observé, depuis le 26 janvier une grève illimitée suite à l’assassinat d’un étudiant. Le CNSup a encore observé une grève de 48 heures du 8 au 9 mars dernier. Les enseignants au Nord du Mali, notamment ceux des cercles de Gao, Ansongo sont en grève depuis le 6 février. Ils dénoncent le retard dans l’application des décisions et arrêtés d’avancement et d’intégration dans la fonction publique. Ils réclament aussi, la titularisation de certains de leurs collègues et une prime spéciale géographique. Après c’était le tour des travailleurs du ministère des affaires étrangères de se joindre à la série des grévistes. Ils ont observé une grève de 72 heures du 22 au 24 février dernier. Ils ont réclamé de meilleures conditions de travail. Ils estiment que leur corps est très mal géré et qu’ils sont moins considérés par leur hiérarchie. Ils tiennent pour preuve les nominations de conseillers dans les ambassades et consulats à l’étranger qu’ils qualifient d’arbitraires. Les travailleurs de la santé, de l’action sociale et la promotion de femme sont aussi en grève illimitée depuis la semaine passée. Après une première grève des médecins du Mali (Syméma) suite à l’incarcération de l’un des leurs au mois de Décembre. De même, les travailleurs des collectivités territoriales et la Direction Nationale du commerce et de la concurrence (DNCC) bandent aussi leur muscle. Pour le premier, Ils exigent l’application intégrale des 15 points d’accord du procès-verbal de conciliation du 12 mai 2015 et l’intégration à la fonction publique des collectivités territoriales des contractuels de 2011 à 2015. En cas de non satisfaction, le secrétaire général du SYNTRACT, Seydou Oumar Diallo, envisage une nouvelle grève qui débutera le 22 mars prochain. Quant à la DNCC, les travailleurs iront en grève dans deux jours.
Il faut ajouter à tout cela la grogne sociale qui gagne toutes les couches de la société malienne, surtout les paysans qui sont dépossédés de leurs terres au profit des nantis de la République. Les propriétaires des kiosques démolis sont encore sur pied de guerre, on peut aisément constater que la gouvernance d’IBK a mis de l’eau partout. Face à ces dérives, le peuple demande et exige une justice juste et équitable quant au partage juste des ressources de l’Etat entre l’ensemble des maliens.
Mais le hic est qu’en aucun moment, le président IBK ne s’est rangé du coté de son peuple pour mettre un terme à cette nouvelle forme de gestion clientéliste de son mandat. Comment un Etat peut être injustice jusqu’à ce point entre les fils d’un même pays ? Quant il s’agit des fonctionnaires on dira toujours que la caisse est vide mais quand c’est le tour des hommes en armes, toutes les revendications sont les bienvenues et immédiatement satisfaites.
Nonobstant que le Mali est en crise, le budget de fonctionnement des institutions ont presque doublé. Le train de vie de leurs chefs a considérablement augmenté : le PM, le président des institutions, les ministres et autres. Au même moment la corruption a atteint un seul jamais égalé au Mali, du fait que des centaines de millions prennent des destinations inconnues. Il n’y a-t-il pas une mauvaise foi de la part du régime pour ne pas vouloir accorder une importance aux doléances des syndicats ? Le peuple doit comprendre que l’année 2018, c’est maintenant.
Seydou Diarra

Du 17 Mars 2017

 

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