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Dialogue politique inter-gabonais : En attendant la vraie bagarre

C’est maintenant que les choses sérieuses commencent. Ouvertes solennellement le 28 mars 2017, la première étape du dialogue intergabonais, qui doit se dérouler en deux phases, a fini ses travaux le mercredi 12 avril dernier pour céder la place, dans la foulée, à la phase politique qui réunira autour d’une même table la majorité et l’opposition, du moins celle qui a daigné répondre à l’invitation. La coalition Jean Ping, convaincue d’avoir été victime d’un hold-up électoral à la présidentielle du 31 août 2016, boycotte en effet ces pourparlers. Ce qui pose du coup le problème de leur inclusivité.

Qu’à cela ne tienne, au cours de cette audience foraine qui a servi de préliminaire, avec la participation d’un millier d’organisations de la société civile, de nombreuses propositions ont été faites sur les plans politique et institutionnel. Des conclusions qui serviront de base de travail pour l’étape actuelle.

Il faut reconnaître qu’en deux semaines, les participants n’ont pas été avares en propositions. Ainsi par exemple de la durée et du nombre de mandats présidentiels, qui pourrait passer de 7 à 5 ans renouvelable une fois ; du scrutin présidentiel à deux tours au lieu du 1 coup K.-O. actuellement en vigueur ; ou encore de la Cour constitutionnelle et de la Commission électorale nationale autonome (CENAP) qui ont toujours été perçues comme les bras politiques du pouvoir ; il y a eu foison de suggestions. D’autres réformes touchant à la centralisation des résultats électoraux sont également sur la table des négociations.

Sous réserve de voir sur quoi toutes ces réformes, plus hardies les unes que les autres, vont déboucher, on devrait donc assister à un grand chamboulement de l’armature politico-institutionnelle du Gabon et à une véritable refondation de sa démocratie aux allures parfois claniques, du moins en théorie. Car ainsi que le reconnaît dores et déjà Ali Akbar Onanga, corapporteur pour la Majorité, il y aura « un débat juridique » sur les années que le président Ali Bongo Ondimba aura passé au pouvoir.

Nous y voilà ! En fait, le tout ne sera pas de toiletter les textes en verrouillant le nombre de mandats présidentiels, mais la question qui va se poser après ces concertations est de savoir si, tirant prétexte de la non-rétroactivité de la loi, censée disposer pour l’avenir, ABO ne va pas se refaire une virginité politique en remettant son compteur à zéro. Un scénario déjà mis en scène dans d’autres pays africains dont le Burkina où, suite à la crise née de l’assassinat de Norbert Zongo, les modifications constitutionnelles ont permis à Blaise Compaoré de jouer les prolongations.

On sait finalement à quoi cela a conduit, vu qu’après le temps additionnel qu’il s’était octroyé, il a même voulu jouer les tirs au but en 2014. C’est peut-être ce piège à c…, qui pourrait se refermer très vite sur ceux qui, de bonne foi, ont accepté de s’asseoir avec le régime pour ébaucher des pistes de sortie de crise, qui se profile à l’horizon gabonais. On peut donc s’inquiéter pour les Gabonais, car c’est maintenant que commence la vraie bagarre.

M. Arnaud Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 14 Avril 2017

 

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