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Réfugiés maliens vivant dans les pays voisins : Un retour spontané et volontaire

Ils sont déjà des centaines à regagner le bercail dans la région de Tombouctou. Ils ont reçu la visite d’une délégation du ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire, chargée d’évaluer les conditions d’accueil et de réinsertion des rapatriés du Burkina Faso, du Niger et de la République islamique de Mauritanie.

Des centaines de nos compatriotes qui se sont refugiés dans certains pays voisins à cause de la crise socio-économique que notre pays a connue en 2012 ont regagné les siens dans la région de Tombouctou. Ils ont reçu la visite d’une délégation du ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire conduite par Abdoulaye Maïga, conseiller technique audit département. La délégation comprenait des membres du cabinet dudit département, des Directeurs nationaux du Développement social et de l’Economie solidaire et du Coordinateur national Chargé du rapatriement.

Aussitôt arrivée dans la ville sainte, la délégation a rencontré, dans la salle de conférence du Gouvernorat de Tombouctou, les acteurs humanitaires. Cet exercice, présidé par Kantara Diawara, Conseiller aux Affaires économiques, aura permis à Abdoulaye Maïga et sa suite de mieux cerner les activités de ces partenaires, d’une part et d’autre part, d’expliquer le cadre de cette mission instruite par le ministre Hamadou Konaté. Le chef de la délégation a, en effet, rappelé que successivement le Mali, Niger, le Burkina Faso, la République islamique de Mauritanie et le UNHCR ont signé un accord dans le sens de faciliter le retour volontaire des Maliens qui ont trouvé refuge dans ces pays, suite à l’occupation djihadiste de 2012. « Nous sommes venus pour évaluer les zones de retour des personnes rapatriées dans la région et spécifiquement d’apprécier et d’évaluer les besoins des populations rapatriées dans les villages de Teherdjé et Adiachou », a-t-il expliqué. Abdoulaye Maïga a souligné que cette démarche trouve sa justification dans l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

La rencontre a été sanctionnée par des propositions devant améliorer notamment le cadre de collaboration entre les services publics et les acteurs humanitaires pour une meilleure prise en charge des réfugiés à leur retour.
Après cet exercice riche d’enseignements, la délégation s’est rendue, le lendemain mercredi, à Teherdjé (commune de Ber) pour apprécier les conditions de vie des rapatriés et recenser leurs besoins. Une démarche fortement saluée par les populations de la localité. Elles ont estimé qu’il s’agit là d’une marque de considération à leur égard. D’où la grande mobilisation pour accueillir la délégation.

Ici à Teherdjé, 76 ménages sont revenus auprès des siens. « C’est une initiative que nous avons tous prise de commun accord suite aux étapes qui ont été franchies concernant la mise en œuvre de l’accord. Nous avons jugé utile d’apporter notre contribution au processus. Le moindre apport que nous puissions, c’est de revenir chez nous, travailler nos terres et épauler nos autorités. Vraiment le retour a été très facile. On nous a accordé une considération particulière », a confié Mohamed Ould Alwata, chef de village de Teherdjé et non moins chargé du retour des réfugiés du camp de M’Berra.
Depuis l’éclatement de la crise, ces familles vivaient principalement dans le camp de M’Berra en Mauritanie. Leur retour a été organisé en partenariat avec les organisations humanitaires. « L’appui des autorités n’a pas fait défaut », a souligné Mohamed Ould Alwata.

En effet, depuis leur arrivée, ces ménages ont reçu des aides dont 20 tonnes de mil, 20 tonnes de riz, 10 sacs de sucre et 20 bidons (de 20 litres) d’huile. 100 couvertures, 400 moustiquaires, 5 colis de nattes et 5 colis de kits scolaires ont été aussi mis à leur disposition. La valeur de cet appui est estimée à 14 millions de FCFA, selon Mohamed Ould Alwata.

Pour le maire Haboua Ould Hamadi, le chef de village Mohamed Ould Alwata et plusieurs rapatriés, l’occasion était toute trouvée pour remercier singulièrement le ministre en charge de la Solidarité Hamadou Konaté. Et, au-delà, soumettre de nouvelles doléances à la délégation. Ils l’on fait dans une ambiance sereine, au cours des échanges. Entre autres, les rapatriés ont souhaité l’augmentation de l’assistance alimentaire, le renforcement du corps enseignant pour l’école qui a reçu 160 élèves venus du camp de M’Berra, le financement de microprojets, le renforcement des points d’eau, la réhabilitation des habitations et l’extension du périmètre villageois. Ledit périmètre a été visité par la délégation.

Après cette étape, la délégation s’est rendue, le jeudi, à Adiachou, situé à quelques cinq kilomètres de la ville de Tombouctou. À l’accueil, il y avait le chef du village, accompagné d’hommes et de femmes qui ont regagné le bercail après des années passées dans des camps de réfugiés. Près de 30 ménages sont revenus. Un retour qui a donné de la vie à Adiachou où tout ou presque est à reconstruire. « La situation n’est pas facile », a avoué Amgar Ag Yahia, représentant du chef du village. « Mais on préfère souffrir ici que de rester dans un camp de réfugiés », dit-il.

Pour soulager ces rapatriés, le ministère de la Solidarité, à travers la Direction régionale du Développement social et de l’Economie solidaire, a offert des denrées alimentaires (mil, riz, huile) et des nattes. Aussi, un forage a été réalisé dans le village. Grâce à ce forage, les femmes d’Adiachou font du jardinage qui leur procure des revenus supplémentaires.
Cependant, les populations voudraient plus de points d’eau, la réhabilitation de leurs maisons, un meilleur accès au service de santé et d’éducation.
A Adiachou comme Teherdjé, les autorités coutumières encouragent leurs parents, encore présents dans les camps de réfugiés, à revenir au pays. « Personne ne viendra construire chez eux », a estimé Amgar Ag Yahia.
À la fin de la mission, le chef de la délégation a exprimé sa satisfaction. « Nous avons remarqué qu’il y a vraiment une coordination des acteurs humanitaires sur le terrain, sous le leadership de la Direction du Développement social et de l’Economie solidaire. Nous pensons qu’avec un peu plus d’implication des autres acteurs, nous pourrons atteindre les résultats assignés à la mission. Il s’agit de pouvoir relever ces populations qui sont revenues afin qu’elles se consacrent à des activités génératrices de revenus », a confié Abdoulaye Maïga.

Notons que pour la région de Tombouctou, près de 300 tonnes ont été distribués aux rapatriés et déplacés internes repartis entre 14 sites d’accueil.

Source : CC/ MSAH

Le 22 Septembre du 11 Mai 2017

 

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