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Kidal : L’heure de vérité a sonné une fois de plus

Il n’y a pas encore longtemps, le chef de file du Comité de suivi de l’Accord, l’ambassadeur Ahmed Boutach avait pointé un doigt accusateur sur la CMA comme étant à l’origine du blocage de la mise en œuvre de l’Accord. En son temps, les responsables du mouvement rebelle s’étaient défendus. Mais, les faits viennent lui donner raison sur la CMA. Car, c’est elle qui a repris les hostilités en attaquant les positions du GATIA à Aguelhok, ensuite le mercredi dernier à Takalout. Cette dernière bataille s’est soldée par de nombreuses victimes, notamment les principaux chefs militaires du Groupe d’auto-défense des Imrads et alliés. D’aucuns disent que le général El Gamou, lui-même a eu la vie sauve par miracle. Sinon, sa tête avait mise à prix par des proches du sanguinaire IyadAg Ghali. Selon des sources bien introduites, le directeur général des Douanes du Mali, l’Inspecteur Général Aly Coulibaly, son administration comme toutes les administrations d’ailleurs ne sont présentes à Gao et Tombouctou que de nom. Sinonelles n’y travaillent pas.Elles éprouveraient aussi des difficultés à travailler dans le Centre du pays, notamment Mopti et de Ségou, car une bonne partie de ces deux régions est inaccessible aux agents. Même s’ils voient les Pickup remplis de marchandises, ils n’osent pas les interpeller sans subir de représailles.

Pour revenir à notre sujet, il y a lieu de s’interroger sur le soudain réarmement militaire de la CMA, un mouvement qui était en voie de disparition militaire sous la pression du GATIA qui était en pole position. Le renversement de la situation est aussi spectaculaire qu’impressionnant. Tout le monde s’interroge sur la provenance des armes et des combattants qui ont permis à la CMA de réaliser un tel exploit. En poussant donc l’interrogation, on se demande s’il n’y a une ‘’petite main de dieu’’ derrière. L’hypothèse n’est pas à écarter pour deux raisons.

Quand la France et les Nations Unies cachent mal leur jeu

La premièreest la non condamnation de la soudaine remontée d’adrénaline qui a abouti au carnage du mercredi sans que cela n’émeuve les Nations Unies, notamment le sous-secrétaire général, chargé des Opérations de maintien de la paix, le français Jean-Pierre Lacroix. C’est le contraire qui soulève toujours les montagnes aux Nations Unies. Ce qui prouve que la CMA est bel et bien le Bébé des Nations Unies et de la France. Pouvait-on s’attendre à autre chose ? Evidemment pas si l’on jette un regard rétrospectif sur les conditions de naissance du MNLA en janvier 2012 et les commentaires du ministre français des Affaires Etrangères d’alors, Alain Juppé,sur RFI (qu’on peut qualifier à tort ou à raison la Voix du MNLA) en parlant des actions du MNLA sur le terrain. Il a dit que la rébellion touareg était en train de réaliser des victoires sur le terrain dont il fallait tenir compte. Pendant ce temps, tous les canaux de communication publics et privés français étaient ouverts aux propagandistes du MNLA et leurs coachs français. Ce soutien partiel et inestimable des médias français leur ont permis d’inonder l’actualité européenne avec de contre-vérités dans le but de conditionner l’opinion publique européenne sur une prétendue « cause touarègue au Mali ». Alors qu’il fallait chercher la vérité ailleurs.

La raison est purement économique, donc la gestion géostratégique des ressources minérales mondiales. En fait, ce que les rebelles du MNLA et alliés ne savent pas, c’est qu’eux-mêmes sont pris dans un piège français. Car la France sait qu’en plus du pétrole, du gaz, du manganèse, du phosphate, du calcaire, etc. que regorge le sous-sol du septentrion malien, la montagne de Tegargar est rempli d’or. L’ancien candidat de l’ADEMA-PASJ à la présidentielle de 2013, Dramane Dembélé ne dira pas le contraire puisqu’il a dirigé un projet de recherche aurifère dans cette partie du Mali avant sa nomination comme Directeur National de Géologie et des Mines. Ce n’est pas pour rien que la France a tenu coûte que coûte à installer une base militaire dans le septentrion du Mali et précisément dans la région de Kidal. Donc, l’hostilité des Kidalois à toute présence étatique malienne à Kidal est confortée par le refus de la France à partager la gestion de cette région avec le Mali. Surtout qu’on sait qu’à Tessalit, elle a érigé une forteresse imprenable aujourd’hui dans le camp des Forces Armées Maliennes (FAMa), poussant celles-ci sur une portion congrue plus en profondeur à l’intérieur du domaine militaire reconstruit avec l’aide des américains sous le président Amadou Toumani Touré.

Donc, les Maliens peuvent continuer à crier, leur cri restera inaudible de l’autre côté de la méditerranée tant que l’intérêt stratégique de la France est en jeu. Il n’en sera rien également tant que les Nations Unies restent entre les mains des puissances occidentales. Car contrairement aux pays africains, les anciens négriers et colons d’Europe et des Amériques ne se trahissent jamais. Pour eux, l’Afrique demeure et restera, tant qu’ils décideront du sort mondial, le continent d’approvisionnement de leurs usines en matières premières et de déversoir pour leurs déchets (solides ou non solides). L’on se souvient de l’affaire du ‘’Probo Koala’’ en Côte-d’Ivoire. Une catastrophe environnementale survenue dans ce pays voisin en septembre 2006. C’est un navire pétrolier immatriculé au Panama, appartenant à une compagnie grecque et affrété par la société hollandaise et suisseTrafigura.

Ce navire a déchargé au port d’Abidjan, 581 tonnes de déchets provenant du nettoyage du bateau (un mélange de pétrole, sulfure d’hydrogène phénols, soude caustique et de composés organiques sulfurés). Ces derniers, répandus à terre en zone de décharge provoquent des émanations de gaz mortels. La mort de 17 personnes et l’intoxication de dizaines de milliers de personnes (43 492 cas d’empoisonnement confirmés et 24 825 cas probables d’après l’INHP). Mais le hic est que malheureusement, nos dirigeants politiques ne s’inspirent pas de ces genres d’exemples pour comprendre que tant qu’ils resteront les marionnettes de ces gens, le continentafricain restera toujours à la traine. Le Mali apprend à ses dépens en ce moment. C’est triste mais, c’est réel.

M. A. Diakité

Tikan du 1er Août 2017

 

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