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Manifestations au Togo:Faure sur les pas sanglants de son père

Samedi chaud à Lomé, Anié, Sokodé et même Kara, fief politique de la dynastie Gnassingbé. A l’origine de cette poussée de fièvre, les manifestations à l’appel du Parti national panafricain, le PNP, qui réclame notamment le retour à la Constitution de 1992 et le vote de la diaspora. Bilan des affrontements : deux morts, selon les autorités, contre 7 recensés par l’opposition.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement n’a pas fait dans la dentelle avec les croquants qui n’avaient pas respecté les itinéraires qui leur étaient imposés. Ces incidents violents interviennent, rappelons-le, après les cérémonies propitiatoires censées « purifier le Togo, faciliter le repos des âmes des victimes décédées ou disparues, apaiser les cœurs meurtris et accompagner spirituellement la réconciliation entre les Togolais déchirés depuis de longues années par d’interminables contentieux politiques ». C’est à croire que les mânes et les dieux de la politique n’ont pas entendu ces suppliques, car il faudra plus qu’une mise en scène pour chasser les démons qui visitent périodiquement l’ex-Suisse de l’Afrique.

En effet, il faut dire que les crises politiques récurrentes de ce pays tirent leur source de la modification, en 2002, de la Constitution qui prévoyait la limitation du nombre de mandats présidentiels. Ainsi, l’article 59 de la loi fondamentale disposait que « le mandat présidentiel est renouvelé une fois. En aucun cas nul ne peut exercer plus de deux mandats ».

Mais c’était compter sans la volonté d’Etienne Gnassingbé Eyadéma, alors bien décidé à demeurer au pouvoir et, pire, à le transmettre à un héritier. Dès lors, il ne lui restait plus qu’à faire sauter le verrou constitutionnel pour se présenter à la présidentielle de 2003. Et c’est en bon père prévoyant qu’il prendra le soin d’abaisser de 10 ans l’âge minimal, qui était jusqu’alors de 45 ans, pour se présenter à la présidentiel. 35 ans, c’est l’âge qu’avait son fils qui lui a succédé en 2005. Et le bon père ne s’est pas arrêté en si bon chemin, introduisant le scrutin à un tour afin de s’assurer de la pérennité au pouvoir des siens.

Depuis 2002 donc, date de la commission du péché originel, les Togolais ne sont toujours pas près d’accorder une quelconque rémission à la dynastie qui préside aux destinées du pays depuis maintenant un demi-siècle. Excusez du peu !

En digne héritier de son père, qui au début des années 90 a fait dans la répression sanglante des opposants et activistes de la société civile qui réclamaient la démocratie et le multipartisme, l’actuel président est lui aussi décidé à défendre le patrimoine familial… à tout prix.

En effet, selon les témoignages, les bérets rouges autant que les verts n’ont pas hésité à tirer à balles réelles sur les manifestants, dont de nombreux enfants. De quoi rappeler bien de mauvais souvenirs aux Togolais qui croyaient encore avoir refermé le chapitre de la violence politique.

Certes hier dimanche le calme était revenu dans le pays, mais pour autant ce mouvement de contestation aurait-il été définitivement brisé ? Rien n’est moins sûr, car le PNP promet de sortir désormais tous les samedis jusqu’à la satisfaction de ses revendications. Alors rendez-vous samedi prochain.

H.Marie Ouédraogo

L’Observateur Palaaga du 20 Août 2017

 

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