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Méconnu par bon nombre de Maliens : L’autisme ruine des familles et handicape les enfants

L’Amphi théâtre de la Faculté de Médecine, a abrité le samedi 9 septembre dernier, un séminaire déduction, d’information et de sensibilisation sur l’autisme, une maladie mal connue par une grande majorité des Maliens. Les parents des personnes souffrant de l’autisme, les tradi-thérapeutes et des journalistes ont pris part à cette séance de formation organisée par la Faculté de médecine en partenariat avec le projet WACBIP. Avec pour but, de sensibiliser l’opinion publique pour combattre les préjugés dont sont victimes les personnes souffrant de cette maladie et minimiser ses conséquences.
Selon le Pr Arouna Togora, chargé de cours à la Faculté de médecine, l’autisme se définit comme étant un trouble global du développement mental qui altère sévèrement tous les registres du fonctionnement de l’individu (intellectuel, cognitif, socio- relationnel, affectif). Mais au Mali, cette maladie dont les premiers signes apparaissent dès le bas âge est peu ou mal connue par une grande majorité de la population. Ainsi, elle est, par méconnaissance confondue par certains aux maladies dues aux mauvais esprits, à la sorcellerie, le mauvais sort entre autres. D’où tout l’intérêt du séminaire d’Éducation, de formation et de sensibilisation organisé par la Faculté de médecine en partenariat avec le projet WACBIP à l’attention des parents des enfants atteints par l’autisme et les hommes de média. Ceci dans le but de leur fournir les informations nécessaires sur l’autisme afin qu’ils puissent servir de relais auprès de la population en vue d’une meilleure prise en charge de la maladie.
Au Mali, le Pr. Arouna Togora a mené le combat de la sensibilisation pendant plusieurs années, avant de se faire épauler par le jeune Dr. Modibo Sangaré, investigateur principal du projet WACBIP (Centre Ouest Africain de Biologie cellulaire des Pathogènes Infectieux). Lequel projet a pour mission de sensibiliser les Maliens sur l’autisme afin de couper court à certains préjugés et accompagner les parents des malades dans la prise en charge.

Au cours d’une présentation devant les participants composés de journalistes et de parents de personnes souffrant d’autisme, le Pr. Arouna Togora, a révélé que l’autisme affecte environ 4 enfants sur 10.000 avec une prédominance du sexe masculin. Selon lui, la prévalence de la maladie est plus fréquente dans la fratrie d’autiste que dans la population générale. Autrement dit, l’autisme est une maladie héréditaire, causée souvent par les mariages consanguins en raison du non changement des gênes. Mais aussi, il peut être provoqué par certaines infections de la femme.

A sa phase compliquée, l’autisme provoque l’épilepsie. Et les premiers signes de cette maladie chez l’enfant sont entre autres : l’absence d’échange avec la mère et d’intérêt pour les personnes qui se manifestent par une indifférence à la voix et au visage de la mère, l’absence d’échange de regard avec celle-ci, l’indifférence au monde sonore et l’impression de surdité, les troubles du comportement : sagesse excessive : ‘‘enfant trop calme’’ qui bouge peu ou au contraire, agitation désordonnée, enfant ‘‘ trop excité’’, des troubles psychomoteurs : défaut d’ajustement postural et d’agrippement lors de la prise de l’enfant par l’adulte, l’absence d’attitude anticipatrice de l’enfant lorsque l’on ébauche le mouvement de le prendre dans les bras, contrairement à l’enfant normale qui accompagne le mouvement en tendant les bras, le retranchement des processus perceptifs : pose dans la visualisation et indifférence au monde sonore…

Cependant, s’il n’y a pour l’instant aucun remède pouvant guérir l’autisme, il existe des traitements pour améliorer les conditions de vie du patient et amoindrir les souffrances de ses parents, toutefois si la maladie est diagnostiquée à temps.
La douleur des parents et le poids de la tradition

Au Mali, dans une société dominée par les traditions, bon nombre de parents des enfants autistes se font trimbaler entre les guérisseurs traditionnels qui leur font croire que leurs enfants sont possédés par des djinns ou victimes de mauvais sort.

Devant le public, plusieurs parents ont témoigné, souvent les larmes aux yeux, avoir été confrontés à ce problème avant de se rendre compte qu’il s’agit de l’autisme. La prise en charge des enfants autistes étant très coûteuse et handicapante pour les parents, ils demandent aux autorités de songer à créer un centre spécialisé pour le traitement des autistes et de subventionner les médicaments de cette maladie à vie.
« Je suis fonctionnaire, au même titre que mon mari. Mais depuis que j’ai eu mon enfant atteint d’autisme, nous vivons un calvaire au quotidien. Souvent, il m’arrive de faire une semaine sans aller au boulot, car la prise en charge de l’enfant nécessite d’énorme attention et d’efforts. En plus, nous devons faire face aux regards goguenards de certains voisins », a déclaré une mère de famille qui a fini par craquer devant le public.

Et le Pr. Arouna Togora, d’ajouter que l’autisme contribue à la paupérisation de la population. A titre d’exemples, il a cité le cas d’un parent d’enfant autiste qui, sur le conseil des marabouts et charlatans a sacrifié plus de cinq taureaux et plusieurs béliers pour dit-on chasser les mauvais esprits qui selon les suppositions de ces derniers, posséderaient son enfant. Après avoir injecté une bonne partie de son économie dans les sacrifices, sans résultat, il a fini par voir les médecins qui l’apprendront après un diagnostic, que l’enfant souffre d’autisme. Cependant, le Pr. Arouna Togora a précisé que malgré leur handicap, certains enfants autistes sont hyper intelligents et peuvent prédire certains évènements aux détails près.

Lassina NIANGALY
Le Tjikan du 12 Septembre 2017

 

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