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Mopti : Le Premier ministre en visite dans le fief de Amadou Kouffa

Abdoulaye Idrissa Maïga, le chef du gouvernement malien, à la tête d’une forte délégation, est depuis le vendredi dernier en visite dans la région de Mopti. Cette visite qui vise officiellement à discuter de paix avec les notabilités de la 5e région du Mali, est une manière, à un mois des élections régionales et municipales couplées, de regagner la confiance des populations de la zone qui vivent aujourd’hui sous le joug du terroriste malien Amadou Kouffa. Ce dernier et ses hommes font régner la terreur dans le centre du pays où ils ont fermé plus de 200 établissements scolaires.
Pour sa visite à Mopti, le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga a embarqué avec lui, en plus de plusieurs membres de son gouvernement, le président de l’Assemblée nationale du Mali l’honorable Issaka Sidibé, le président de la Haute Cour de la Justice l’honorable Abderhamane Niang et le très influent président du Haut Conseil Islamique du Mali l’imam Mahmoud Dicko. L’importante délégation est arrivée, le vendredi 3 novembre 2017, à Mopti au bord d’un avion militaire. L’objectif de la visite, selon la primature, est de « rencontrer les chefs traditionnels et religieux dans le cadre de la paix et de la réconciliation nationale ». « Je suis venu vous dire que l’Etat est avec vous. L’Etat ne vous a pas oublié… Le gouvernement a opté depuis 2013 pour le dialogue et la paix. C’est pourquoi l’Accord de paix a été signé. Il faut avoir le courage de dénoncer les terroristes. Vos engagements sont prépondérants pour la paix… », a indiqué le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga aux populations de la région. L’objectif est donc bien affiché.

Il s’agit, par cette visite et à un mois des élections régionales et municipales couplées, de rassurer les populations du centre du pays qui vivent, depuis plusieurs années, dans une insécurité chronique dû à l’absence de l’Etat. Surtout que le premier responsable d’une institution de la République du Mali a échappé de peu à la mort il y a à peine trois jours dans la zone. En effet, le convoi de l’honorable Abderahamane Niang, le président de la Haute cour de justice, est tombé, le lundi 31 octobre, entre Diafarabé et Dia dans le cercle Ténenkou, dans une embuscade.

Le chauffeur du président de la sixième institution du Mali a été tué lors de l’attaque. Un véhicule du convoi militaire dépêché pour secourir le député élu sous la bannière du RPM, a sauté sur une mine. Les 5 militaires à bord du véhicule sont morts. L’attaque porterait, selon des observateurs, la signature de Amadou Kouffa, le lieutenant de Iyad Ag Ghaly, chef de la coalition terroriste le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.

Amadou Kouffa règne en maître à l’absence de l’Etat
Aujourd’hui, dans le centre du Mali, les djihadistes défilent à visage découvert. C’est le constat fait par plusieurs personnes qui ont été témoins de la main mise des hommes de Amadou Kouffa sur presque toutes les activités du Centre du pays « Dans le Macina, les populations sont en train d’adhérer aux idéaux de Hamadoun Koufa, un des bras droits du chef terroriste Iyad AG Ghali. A Hamdallaye, l’ex-capitale de l’empire Peulh du Macina où repose Sékou Amadou Barry, le fondateur de l’empire, en l’absence de l’Etat, de la justice et des forces armées, les adeptes de Kouffa, en pleine journée, prêchent le djihad », expliquait, dans une tribune publiée dans le Républicain, le politologue Sékou Gamby qui a côtoyé les djihadistes dans plusieurs localités du Centre.

Les symboles de l’Etat, les écoles et les forces de défense et de sécurité sont ainsi pris pour cible par Kouffa et ses hommes. « Depuis le début de 2015, un groupe armé islamiste, connu sous le nom de Front de libération du Macina ou Katiba Macina, placé sous les ordres d’un prédicateur islamique, Hamadoun Koufa Diallo, a attaqué des bases de l’armée et des postes de police et de gendarmerie. Ce groupe a exécuté de nombreuses personnes qu’il considérait comme étant des informateurs de l’armée, ainsi que des agents de l’État, dont des maires et des administrateurs locaux », indiquait, dans un rapport en avril dernier, Corinne Dufka, directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch.

Selon ce rapport, dans le centre du Mali, les groupes islamistes armés ont fermé des écoles, averti les populations de ne pas collaborer avec le gouvernement, imposé un nombre croissant de restrictions sévères s’appuyant sur leur interprétation de l’Islam, interdit les fêtes traditionnelles y compris les mariages et les baptêmes et imposé la charia (loi islamique) dans certains villages. « Cette insécurité a entraîné le déplacement de milliers de civils. 

Cela fait plus de deux ans que des groupes armés islamistes renforcent leur présence dans le centre du Mali, où ils ont exécuté des civils et des fonctionnaires du gouvernement, et commis d’autres exactions. Leur présence et le recrutement de résidents locaux ont exacerbé et exploité les tensions entre les membres des ethnies Peul, Bambara et Dogon, entraînant une prolifération de milices d’autodéfense aux pratiques souvent violentes », selon Corinne Dufka.

Madiassa Kaba Diakité

Le Républicain du 06 Novembre 2017

 

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