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Aide-ménagères, à quand une loi d’amélioration ?

Les aides ménagères autrement appelées barakèla, 52, bonnes etc… Une part importante de cette population jeune, nombreuse, peu instruite, qui loue ainsi des forces dans le travail domestique, mènent une vie très difficile dans la capitale malienne. Les Aides Familiales sont présentes dans presque toutes les concessions au Mali pour aider les femmes à préparer, à s’occuper de la maison et des enfants.
Traditionnellement en Afrique le travail constitue pour l’enfant le principal facteur de son intégration sociale au sein de la famille puis de la communauté.

L’exploitation de ce travail des enfants est devenue un fléau qui prend des proportions assez inquiétantes dans le monde. En 1997 on comptait plus de 250 millions d’enfants travailleurs dans le monde dont 80 millions en Afrique. En Afrique de l’Ouest et du Centre, environ 26 % des 132 millions d’enfants de 10 - 15 ans sont contraints au travail et très souvent dans des conditions particulièrement exploitantes et dangereuses pour leur santé et leur développement physique et moral.

Le fléau a pris plus d’ampleur dans les pays en voie de développement du Sahel occidental comme le Mali, le Burkina, le Niger etc…depuis les grandes sécheresses de 1973-1974 où l’on a assisté à d’importants flux migratoires.

Plus de 25 % des enfants qui travaillent en Afrique sont des aides familiales appelées " bonnes " au Mali et parmi eux une grande proportion est composée de filles dans la tranche d’âge de 10 à 16 ans.

A Bamako, le personnel domestique est confronté à des multiples problèmes. Le faible salaire offert par les employeurs, leurs exigences vis-à-vis de ce personnel qui travaille presque 24h /24h, sans jour de repos, sans congé ni déclaration, rencontrent désormais des travailleurs excédés qui ne subissent plus seulement les remplacements arbitraires mais les provoquent également.

Ne jouissant que d’une liberté formelle, n’ayant pas accès à l’éducation et étant obligées de travailler, les domestiques s’engagent très vite mais n’hésitent pas à rompre leurs contrats tacites et peu avantageux dès qu’elles trouvent de meilleures conditions de travail ou une rémunération plus élevée.

Les Aides Familiales sont le plus souvent des jeunes filles (dès 10 ans) venues de leur village pour gagner de l’argent afin de se constituer un trousseau de mariage. Elles sont à la ville très peu considérées et les employeurs ne se font pas prier pour engager ces travailleurs bon marché. Payées au rabais, elles abattent un travail d’Hercule, souvent dans des conditions inhumaines.

Durant neuf mois, ces filles font le travail d’aide-ménagères dans les familles bamakoises et des capitales régionales. Elles y travaillent journalièrement moyennant un salaire variant entre 5.000 et 15.000 francs CFA par mois. Ce qui fait du coup que les aides ménagères se font actuellement très rares à Bamako et sont devenues très chères car certaines partent souvent sur des sites minières sans avoir connaissance du danger qui y est afin d’être payés au triple de ce qu’elles gagnent dans la capitale.

Population indispensable, elle est néanmoins invisible auprès des autorités publiques, leurs droits, en conséquence, est le plus souvent bafoués. Même s’il existe certaine agences de placement qui essaient tant bien que mal à améliorer leurs conditions de travail ; elles souffrent d’injustice, d’exploitation dans le travail et sont victimes de maltraitance, de violences physique, sexuelle et psychologique. Elles manquent d’accompagnement, de soutien, d’accès aux services sociaux de base et de soins.

Si elles sont toutefois considérées vulnérables, admettons que certaines sont sans doute des dangers permanent. Selon les dires certaines deviennent des maîtresses de leurs patrons, battent leurs employeuses ou pire tentent de les tués comme dans le cas récent de celle qui a tenté de mettre fin aux jours de sa patronne et la famille de celle-ci a Koutiala pour plus d’informations, rendez-vous sur le lien suivant https://bit.ly/2FosXla
De cet fait, Le Groupe de recherche actions droits des enfants au Mali (Gradem) a constaté que cette précarité du contrat de travail plonge les relations entre employeuses et employées dans une crise qui affecte les femmes employeuses alors qu’elles comptent de plus en plus sur la participation des domestiques aux tâches ménagères pour pouvoir s’en libérer elles-mêmes.

Nous constaterons que les textes adoptés pour leur protection ne sont pas suffisamment appliqués, d’autres sont anciens et ne sont pas compatibles aux réalités actuelles. Il existe une insuffisance de synergie multisectorielle pour une meilleure protection des enfants en situation difficile.

Notre pays a ratifié entre autres textes la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, la charte Africaine pour les Droits et le bien-être de l’enfant ; les autorités ont démontré leur volonté à mieux protéger les enfants en situation difficile à travers la politique nationale de protection et de promotion de l’enfant, le code de protection des enfants qui sont en cours d’élaboration et d’autres dispositifs.

Fatoumata Diallo, stagiaire
Bamako, le 20 Mars 2019
©AFRIBONE

 

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