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Avion présidentiel : La preuve que ‘’Bourama Air Force One’’ n’appartient pas au Mali

Les démarches relatives à l’achat et à l’acquisition de l’avion présidentiel au Mali et à la passation des marchés de matériels militaires, n’ont pas encore fini de livrer tous leurs secrets.

Selon l’ancien ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga, entendu par le Vérificateur, l’avion présidentiel n’aurait coûté que 7 milliards 470 millions de francs CFA alors que le président IBK avait déclaré que l’appareil avait coûté 17 milliards ; tandis-que l’ancien Premier ministre Moussa Mara, avait solennellement affirmé devant l’Assemblée Nationale que le Boeing 737 avait été acquis à 20 milliards de nos francs. De son côté, l’ex ministre de l’Économie et des Finances, Mme Bouaré Fily Sissoko, avait avancé le chiffre de 21 milliards de francs CFA. En outre, l’ex-ministre de la Défense soutient que l’ancien ministre de l’Industrie et des investissements, Moustapha Ben Barka, était le négociateur principal pour l’achat du jet présidentiel.

À en croire le BVG, un mandat de recherche exclusif a été signé, le 22 décembre 2013, en faveur d’un prétendu Conseiller du gouvernement pour effectuer des recherches et acheter un avion. Les frais de recherche ont coûté au contribuable malien 145 millions de francs CFA (145 350 000F). Et ce conseiller du gouvernement malien est la société Sky Color, immatriculée à Hong-Kong avec un numéro de téléphone mobile du Gabon. Les honoraires de conseiller payés à Sky Color se sont élevés à un milliard 28 millions de francs CFA. Le représentant de Sky Color est M. Marc Gaffajoli, par ailleurs Administrateur de la compagnie d’aviation Afrijet dont le propriétaire est, selon l’ancien ministre de la Défense Soumeylou, le Corse Michel Tomi qui fait l’objet d’une enquête judiciaire en France pour « blanchiment » et « corruption d’agent public étranger ».

Par ailleurs, le Végal indique que le 10 février 2014, la société Akira Investments Limited immatriculée aux Îles Vierges britanniques (petites Antilles) a établi avec le Mali un « contrat de cession-acquisition » d’un Boeing 737. Les signataires étaient l’ex-ministre de la Défense du Mali, Soumeylou Boubèye Maïga et Marc Gaffajoli de Sky Color agissant en lieu et place d’Akira Investments Ltd.

Cependant, l’ancien ministre de la Défense dans un écrit a dit, le 24 août 2014, aux Vérificateurs, que la société Akira Investments est une « société-écran » créée pour l’opération d’acquisition du Boeing présidentiel. Par la même occasion, le ministre Boubèye signataire du contrat d’achat du Boeing 737 a avoué, selon le BVG, que l’avion présidentiel ‘’Bourama Air Force One’’ n’est pas une propriété du Mali, malgré les décaissements effectués à hauteur de 19 milliards de francs CFA.

À en croire le rapport du BVG, le 737 a été immatriculé sur le registre de l’aviation civile de l’île d’Aruba (Antilles néerlandaises) située au large du Venezuela au nom de la société « Mali BBJ Limited ». Cette Société a été constituée le 7 mars 2014 à Anguilla (un territoire britannique d’outre mer situé dans les petites Antilles) selon un mandat donné, le 5 mars, à un avocat d’affaires par le Gouvernement du Mali aux fins de constituer une société pour immatriculer l’avion et l’exploiter. Et pour l’exploitation de ce Boeing, le Gouvernement d’Aruba a attribué une licence radio avec des fréquences à une société dénommée « Jet Magic Limited » située à St-Julian sur l’île de Malte.

En vue de l’utilisation de l’avion par le Président du Mali, un contrat-bail a été signé entre le ministère de la Défense du Mali et la société « Mali BJJ Ltd » (une société créée par le Gouvernement du Mali). « Mali BJJ Ltd » étant une société créée par le Mali, les redevances générées par l’exploitation de l’avion devraient être payées au Mali. Or, nul ne sait si un franc a été versé au trésor au titre de la location de l’avion par le Gouvernement malien ou par d’autres. 
Car, la société Jet Magic loue l’avion à d’autres quand IBK ne l’utilise pas. Ainsi, le Boeing 737 malien a été parfois aperçu sur les aéroports d’Istanbul (Turquie) et de Dakar (Sénégal), en dehors des déplacements des officiels maliens.

Pour toutes ces raisons, l’histoire du Boeing 737 malien n’est rien d’autre que l’histoire d’une ingénierie financière diabolique d’essence mafieuse mêlant sociétés-écrans et paradis fiscaux, le tout, au détriment du trésor public et du contribuable malien.

Jean Pierre James
Le Nouveau réveil du 13 Mai 2020

 

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