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  L’Inter de Bamako
Boycott du dialogue politique et social inclusif : Le gouvernement au pilori

Pour imposer ses réformes institutionnelles impopulaires au peuple malien, le président Ibrahim Boubacar Kéita a cru bon d’organiser un dialogue politique en lieu et place des vraies concertations nationales réclamées par les Maliens, depuis le 22 mars 2012. Déjà boycotté par les dignes fils de ce pays, le gouvernement tourne en rond et ne sait plus que faire.

Après avoir récupéré certains ténors de l’opposition dans le gouvernement de mission de Boubou Cissé, censés donner un coup de fouet à la réalisation de son fameux projet de révision constitutionnelle, le président s’est trompé sur la marchandise. Les hommes qu’il a débauchés du rang de l’opposition et sur lesquels il comptait pour mobiliser les Maliens en faveur du projet présidentiel gardent profil bas quand il s’agit de se prononcer sur la révision constitutionnelle. Sauf Amadou Thiam, ministre des Réformes institutionnelles et chargé des Relations avec la Société civile.

Malgré ses tournées d’explication à l’intérieur du pays autour du projet des réformes institutionnelles, l’ancien porte-parole de An Tè A Bana, a dû mal à convaincre ses compatriotes à faire bloc derrière le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

La mayonnaise n’ayant pas pris, le président IBK a voulu prendre de cours les Maliens en nommant à la tête du dialogue politique et social inclusif des femmes et des hommes dont la moralité ne souffre d’aucun doute dans l’opinion publique malienne. Mais mal lui en a pris. Son projet de révision constitutionnelle rencontre déjà des résistances.

Les partis politiques aussi bien que les organisations de la société civile s’organisent à l’image de An Tè A Bana qui a fait échec au projet de révision constitutionnelle, en 2017. Ce regroupement de partis politiques et d’associations de la société civile, à travers des manifestations pacifiques, a obligé le président IBK à renoncer à son projet de référendum pour modifier la Constitution du 25 février 1992.

Du côté des partis politiques, celui de l’ancien Premier ministre Soumana Sako, la Convention nationale pour une Afrique solidaire (CNAS-Faso Hèrè) tranche. Dans un communiqué de presse rendu public la semaine derrière, le bureau politique national du parti décide de ne pas participer au soit disant ‘’dialogue national inclusif/dialogue politique et social inclusif’’.

Il avance deux (02) raisons essentielles :

La première est la suivante : « Aucune personnalité ayant soit trempé dans la conjuration qui a abouti au coup d’Etat du 19 novembre 1968, début du processus de déliquescence de l’Etat malien et des Forces Armées et de Sécurité ou soutenu politiquement le coup de force antidémocratique du 22 mars 2012, facteur d’accélération de la chute des deux-tiers du territoire national entre les mains d’une alliance satanique de séparatistes et de djihadistes ne dispose d’aucun crédit moral ou politique et ne saurait donc être considérée comme ‘’personnalité consensuelle’’ pour diriger un quelconque « dialogue national inclusif ». »

Deuxième raison : ‘’Au total, tel qu’envisagé, le soit disant ‘’dialogue national inclusif/dialogue politique et social inclusif’’ ne saurait être autre chose que de la poudre aux yeux sans avoir ne serait-ce que valeur d’exutoire ou de catharsis collective. Il ne servirait qu’à en rajouter à la confusion et à la diffusion/dilution des responsabilités, couverture trop facile pour masquer et occulter l’échec avéré des pouvoirs publics actuels à résoudre la crise multidimensionnelle dans laquelle notre pays continue à s’enliser’’.

Le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), un regroupement de partis politiques, n’est pas prêt à accompagner le gouvernement au suicide.
Un groupe de partis politiques et l’ADEMA-Association ont, au cours d’une conférence de presse à la pyramide du Souvenir il ya trois semaines, déclaré qu’il y a de fortes chances que le processus soit biaisé.

Ces prises de positions des acteurs de la vie politique de l’échiquier national mettent le gouvernement au pilori à un moment où le triumvirat rencontre des personnalités ayant occupé de hautes fonctions à responsabilité dans notre pays et des tournées initiées par le ministre en charge des Réformes à l’intérieur du pays. Les rencontres du ministre Thiam se déroulent dans des salles de réunion quasi vides.

Encore, le président Keïta a du mal à faire avaler la couleuvre aux Maliens, décidés à ce que leur pays ne soit pas divisé en deux à travers une révision constitutionnelle dont les tenants sont les ennemis de na nationale malienne. Si Ibrahim Boubacar Kéita roule pour le bonheur du Mali, il a intérêt à abandonner ce projet de réformes institutionnelles qui creuse davantage le fossé de la division entre les Maliens.

Yoro SOW
Le 15 Juillet 2019

 

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