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Cherté de la vie à Bamako : A chacun son plan

Beaucoup s’investissent dans la vente de la friperie. Cette activité, avec le temps, est devenue de plus en plus une activité génératrice de revenus pour plusieurs dont une majorité de femmes. Selon elles, cette activité est bénéfique à cause de l’abondance des clients et du faible prix des habits. Les clients affirment préférer acheter une chemise à 1000 francs CFA dans les friperies qu’à 3000 francs CFA dans les prêts à porter.

La friperie est en passe de faire de notre pays la poubelle de l’Occident. Cependant, certains pensent que c’est très ingrats de penser cela. Et, ils sont convaincus, vraiment convaincus, ils ne doivent accepter de l’Occident que du neuf sorti d’usine ou des ateliers de fabrication. Et, si, le Mali décidait d’interdire ce commerce (vestes, chemises, chaussures et pantalons), combien d’hommes et de femmes seraient-ils à mesure de sortir de leurs maisons ?

Chaque année, des dizaines de milliers de tonnes de vêtements d’occasion sont acheminées de l’Occident vers le Mali.

Un véritable business autour de ces habits qui font le bonheur de la population à faible pouvoir d’achat.

Communément appelés fripes, ces vêtements d’occasion sont pourtant acquis à prix d’or par les importateurs.

Les prix varient entre 50.000 et 100.000 francs. Plus c’est cher, plus il y a des vêtements de qualité. Ainsi chacun achète selon ses moyens pour ensuite revendre au détail. Les clients viennent acheter ici car c’est plus facile et plus accessible. Avec 1.500 francs, un père de famille peut acheter des habits pour ces 5 gosses alors que si c’était des vêtements neufs il n’aurait même pas pu en habiller un. Certes l’idéal serait d’avoir des vêtements neufs mais tout le monde ne peut pas se payer ce luxe.

A Bamako, le nom de « Sogounicoura », nouveau marché est systématiquement lié à la vente de fripe. Au fil des années, ce marché de la capitale malienne est devenu la plaque tournante de la vente de vêtements d’occasions au grand bonheur d’une population qui n’a pas toujours les moyens de s’acheter du neuf.

Les Etats-Unis sont en tête du classement mondial des exportateurs de fripes, avec plus de 756.000 tonnes en 2018. La France, en neuvième position, a exporté l’an passé 69.000 tonnes de vêtements usagés vers l’Afrique, son premier marché.

Les détaillants qui s’affairent parmi les quelque 300 tables des grossistes, invisibles de la rue, cherchent la perle rare, comme les maillots de football, très prisés par la jeunesse africaine.

« Le vendeur qui m’achète un T-shirt à 500 francs CFA, il peut le revendre à 1000 et 2000 francs CFA dans sa boutique », à l’autre bout de la ville, déclare une revendeuse au marché de « Sougoucoura ».

Depuis les années 1980, les tarifs douaniers ont considérablement baissés et les restrictions quantitatives supprimées, ce qui a ouvert la porte à des importations massives de friperie.

Dans le même temps, les entreprises du secteur textile et de l’habillement ont disparues et des autres pays de la sous-région. Il est nécessaire relancer un secteur dynamique de la confection, les importations massives de friperie seraient un obstacle total.

Surtout présents dans le secteur informel, les métiers du vêtement recyclé n’offrent pas que des avantages, relève encore l’économiste, en citant un niveau de précarité élevé, des revenus plus réduits que dans le secteur formel” et de plus grands risques d’accidents du travail.

Mahamadou YATTARA
L’inf@sept du 10 Février 2020

 

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