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Comprendre : Littérature moderne et contemporaine au Mali

Avec une superficie de 1204 000 km2, soit le double de celle de la France, la République du Mali est l’un des plus vastes Etats de l’ouest africain. Son immensité explique en partie son manque d’homogénéité.

L’ancien Soudan français n’a pas de frontières naturelles ; celles-ci sont en effet le résultat de découpages successifs destinés, dans l’esprit du colonisateur, à départager des unités administratives sans aucun souci des données historiques, géographiques, ethniques ou économiques. Ce choix est particulièrement net pour toute la partie saharienne du territoire limitée par des frontières tirées à la règle, au sens littéral du terme.

Le Mali couvre une fraction des bassins des deux (02) grands fleuves d’Afrique occidentale : le Niger et le Sénégal. Pays de transition entre la forêt au sud et le désert au nord, situé de part et d’autre du moyen Niger et du haut Sénégal, entièrement enclavé à l’intérieur du continent noir, il occupe une position centrale qui constitue à la fois un avantage stratégique et géographique, et un grave handicap économique ; en effet, le Mali est intégralement tributaire de ses voisins pour son commerce extérieur.
Comme dans tous les Etats négro-africains, le respect des traditions est au Mali extrêmement vivace. Cependant, le Mali occupe une place tout à fait particulière dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement. La littérature contemporaine et le cinéma connaissent d’autre part un essor important.

Les traditions : attachement à la famille étendue, à la communauté de biens, appartenance au clan, fidélité aux rites, tels sont quelques-uns des principes qui constituent autant de fondements de la société traditionnelle. La famille étendue compte souvent plusieurs centaines de personnes qui se réclament d’un même ancêtre identifiable, tandis que le clan relève de l’autorité d’un ancêtre plus ou moins mythique.

Quant au village, il est placé sous le commandement d’un chef, assisté par un Conseil des Anciens et par l’Imam dans les communautés musulmanes ou par le chef fétichiste dans les communautés animistes.

L’islam malien est presque exclusivement un islam confrérique. Tidjania et Qadriya, fondées l’une et l’autre au Mali, ont une importance sensiblement égale, la première étant très puissante parmi les groupements maures Kounta et Touareg ainsi que chez les Sonrhaï de la boucle du Niger et les Peulh du Macina.

La seconde, en étroits rapports avec les centres que la Confrérie entretient à Fès au Maroc et à Tivaouane au Sénégal, est surtout développée dans l’ouest du pays.
D’autre part, le Mali est la patrie du hamallisme, mouvement réformiste créé par Cheick Hamallah ben Mohamed ben Omar (1886- 1943) qui fit des adeptes dans les cercles de Nioro et Yélimane, ainsi qu’en Mauritanie et au Sénégal.

Au XVème siècle, Mahamadou Kati était un chroniqueur noir arabisant réputé et le Mali a toujours été considéré, notamment grâce au rayonnement de l’Université Sankoré de Tombouctou, comme un des hauts lieux de la pensée africaine. La littérature moderne et contemporaine est particulièrement riche en travaux historiques.

Né en 1908, Ibrahima Mamadou Ouane a écrit notamment Le collier de coquillages (Imprimerie Moderne, 1957), L’Islam et la civilisation française (ibid., 1957), La pratique du droit musulman (ibid., 1958) et L’énigme du Macina (Regain, 1952).

André Traoré est l’auteur de récits historiques (Ligel, 1965). L’ancien ambassadeur Amadou Hampaté Ba est l’auteur de l’Empire peulh du Macina (IFAN, 1955) et de Kaidara, récit initiatique peulh (Julliard, 1968), ouvrage qui emprunte plus à l’ethnologie qu’à l’histoire. Avec Le sage de Bandiagara (Présence africaine, 1965), Amadou Hampâté Ba évoque Tierno Bocar, mystique dont il se présente comme l’héritier spirituel, tandis que L’étrange destin de Wangrin (Plon, 1973), où se mêlent autobiographie et fiction, il révèle d’exceptionnelles qualités d’humour.

Un autre historien très fécond est Sissoko Sekené Mody, auteur de nombreux manuels scolaires et de Tombouctou et l’Empire Songhay (NEA, 1975).

Enfin, Madina Ly Tall est l’auteur d’une Contribution à l’histoire de l’Empire du Mali (NEA, 1977). Fily Dabo Sissoko est à la fois un poète et un conteur dont les œuvres les plus connues sont Sagesse noire (La Tour du Guet, 1955), La Savane rouge (Presses Universelles, 1962), Poèmes d’Afrique noire (Debresse, 1963). Massa Makan Diabaté, l’un de ses cadets, utilise la même veine délicatement poétique dans Janjon et autres chants populaires du Mali (Présence africaine, 1970) ou dans L’aigle et l’épervier (Oswald, 1975).

Parmi les autres conteurs maliens, il faut également mentionner Bokar Ndiaye et ses Veillées au Mali (Editions Populaires de Bamako, 1970) ; Issa Traoré et ses contes et récits du terroir (ibid., 1970) et El Hadj Sadia Traoré, À l’écoute des gens du village (ibid., 1972). Parmi les romanciers, on peut citer l’ancien ministre Mamadou Gologo, auteur de Mon cœur est un volcan (Moscou ,1961) et d’un texte autobiographique intitulé Le rescapé de l’Ethylos (Présence africaine, 1963.

Mais les deux (02) plus connus des romanciers maliens sont Yambo Ouologuem et Seydou Badian Kouyaté.

Professeur de lettres et de philosophie, sociologue, esprit fantasque et profondément original, Yambo Ouologuem se fit connaitre avec éclat avec Le devoir de violence (Le Seuil, 1968), qui lui valut le prix Renaudot. Mais la publication de cette vaste fresque où se côtoient, histoire et roman, et celle de deux (02) textes profondément differents, l’un pamphlétaire, Lettre à la France nègre (Edmond Nalis, 1969), et l’autre d’un érotisme débridé, Les milles et une bibles du sexe (Dauphin, 1969), signé sous le pseudonyme d’Utto Rodolph, il ne fit plus parler de lui.

Médecin de formation, Seydou Badian Kouyaté, qui fut ministre du Plan sous le régime Modibo Kéita, témoigne d’un talent littéraire aux aspects multiples. Son essai politique, Les dirigeants africains face à leurs peuples (Maspero, 1964), est un modèle du genre ?

C’est par ailleurs un excellent romancier, auteur de Sous l’orage (Présence africaine, 1957), Le sang des masques (Laffont, 1976) et Noces sacrées (ibid., 1977). Il s’est également fait connaitre avec une pièce de théâtre, La mort de Chaka (Présence africaine, 1961), évocation historique du prestigieux chef zoulou auquel le Président et homme de lettres sénégalais, Léopold Sédar Senghor, a consacré un oratorio.

Enfin, il faut mentionner l’ancien président Yoro Diakité, qui publia un roman, Une main amie (Editions Populaires, 1969), Yadji Sangaré, auteur de Naissa (Editions Populaires, 1972) et Seydou Traoré dont les vingt-cinq (25) ans d’escaliers ou la vie d’un planton est une truculente autobiographie (NEA, 1976).

Source : Presses Universitaires de France (Philippe Decraene)
Le 21 Mai 2019

 

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