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  Le Républicain
Edito : L’Imam Dicko n’est pas un monstre, c’est un dragon contre la mal gouvernance

La popularité politique déferlante de l’Imam Mahmoud Dicko ne peut être mesurée qu’à l’aune de l’ampleur prise par la mal gouvernance, l’impunité et l’injustice, qui ont libre court au Mali, et face auxquelles les hautes autorités politiques, dotées d’institutions et des budgets qu’il faut, n’arrivent pas à réduire, pour permettre de rallumer la flamme de la confiance entre gouvernants et gouvernés. Ce n’est que sur ce clavier que l’Imam charrie son chapelet, et sort de bonnes notes à la satisfaction de ses millions d’amis et sympathisants, à Bamako et dans le Mali profond. Qui s’y frotte s’y pique ! Oui, l’Imam a des millions de militants, pas que des disciples, car il n’est pas suivi pour ses prêches, mais réellement pour ses dénonciations de la clique politique au pouvoir, ses appels à la bonne gouvernance.

Face aux espoirs du peuple déçus par les gouvernements successifs, que reste t-il de bouée de sauvetage, quand le navire Mali ne cesse de tanguer, et que les Maliens s’interrogent sur la destination réelle ou probable du Mali.

La question n’est plus de savoir si l’Imam Mahmoud Dicko agit en tant que leader religieux ou acteur politique ; voir les choses sous cet angle n’est qu’un subterfuge réducteur pour masquer les vraies questions, une fuite en avant pour alimenter l’amalgame et amuser la galerie. Le problème malien, qui s’est installé à demeure dans les entrailles de l’Etat, et qui a jeté ses tentacules dans les tréfonds des institutions parlementaires, judiciaires et gouvernementales, s’appelle mal gouvernance et acolytes : corruption, injustice, insécurité, terrorisme.

Le discours de l’imam Dicko est resté constant sur la dénonciation de la mal gouvernance, et l’injonction au pouvoir à adopter la bonne posture pour nous mettre à l’abri du spectacle à ciel ouvert de la corruption et la délinquance financière, qui justifient d’ailleurs l’existence d’une floraison d’organes de lutte que sont l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), le Bureau du Vérificateur (BVG), la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), le Pôle économique et financier, la Cellule d’appui aux services de contrôle de l’administration (CASCA), le Contrôle général des services publiques (CGSP) et autre Cellule d’appui à la reforme des Finances publiques (CARFIP).

L’insécurité et le terrorisme ne cessent de s’étendre au Mali, depuis 2012, et ont comme mamelles nourricières la corruption et l’injustice, qui ont fait leur lit dans notre pays. Des questions vitales de sécurité, d’éducation, de santé, d’eau potable, d’infrastructures, d’élections crédibles et de développement, restent sacrifiées sur l’autel de l’insécurité et du terrorisme.

Aussi l’on s’amuse à scier la seule branche sur laquelle ce gouvernement est assis, à savoir la petite lueur projetée par la justice. Cependant la justice se joue-t-elle de la patience des Maliens, quand on va jusqu’à faire de présumés criminels, de potentiels élus du peuple ? Que veut prouver le président de la cour constitutionnelle Manassa Danioko ?

Quand le gouvernement s’associe au réveil du peuple qui ne dort que d’un œil, il n’aura que ses yeux pour pleurer. Apparemment, le pouvoir s’est laissé tromper par la relative accalmie sur le front politique, depuis la signature de l’accord politique en mai 2019. Mais ne dit-on pas qu’il n’y a pire eau que l’eau qui dort ? Ce n’est pas le procureur du tribunal de la commune V qui dira le contraire. Le ministre Malick Coulibaly doit faire attention !

B. Daou

05 Mars 2020

 

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