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Fête de Séliba : les préparatifs à Bamako vont bon train

Bruits de klaxons des engins à deux et quatre roues, va et vient incessants sur les différents boulevards, marchandages à voix haute, le grand marché de Bamako vibre au rythme des préparatifs de la fête du Séliba, la Tabaski. Même si l’ambiance bon enfant reste le maître mot de cette période festive, le contexte économique laisse quelque peu la place au doute quant au réel pouvoir d’achat de beaucoup de nos concitoyens. Reportage.

A l’espace SAMASSA de Torokorobougou et tout comme d’ailleurs un peu partout à Bamako, le Bazin reste roi au profit des autres tissus à l’instar du wax et du brodé.Par ailleurs, la fête de Tabaski n’est -il pas défini comme celle du Bazin ? M. Aliou Wague vendeur de bazin : " le marché de cette année est bon comparativement à l’année dernière. Le bazin prend de l’ampleur sur les autres en cette période, on vend aussi les bazin déjà cousus qui sont beaucoup achetés par les gens de dernière minute ou qui n’ont pas eu de tailleurs pour coudre leur habits. »

Même constat chez "Bathily et frères "au grand marché de Bamako, autre vendeur agrée de la marque Getzner non moins marque la plus sollicitée et la plus chère pour les consommateurs de bazin. Une tendance scrupuleusement suivie par un grand nombre desdits consommateurs et pour diverses raisons : « Il y a beaucoup de fêtes organisées comme la nuit du bazin pendant la tabaski et il faut impérativement être en bazin surtout en Getzner pour y avoir accès. Ses choses ne se vivent qu’une seule fois dans l’année et on doit en profiter à fond !. »

Toutefois, si les vendeurs de bazin sont contents du marché, les tailleurs eux, subissent une pression énorme de la part de leurs clients qui souhaiteraient récupérer leurs tenues de fête avant ou le jour j.

Salif couture à baco djicoroni Aci :« Malgré que je sois débordé, je continue à prendre les commandes et je ferais tout mon possible pour respecter les rendez vous. » Une assurance qui est loin d’être partagé par une cliente de l’atelier qui estime que le tailleur Salif ne pourra pas honorer tous ses engagements. Une raison de plus pour qu’elle veille au grain :« Chaque matin, je viens faire un tour dans son atelier voir où est ce qu’il en est avec ma couture… je ne souhaite pas être parmi les malheureux et les déçus . »

Un aspect non envisageable chez le voisin confrère Falou Création : « Depuis que j’ai commencé à coudre, aucun de mes clients n’a eu à se plaindre du non respect de la deadline. Je suis très exigeant sur ce point et j’en suis d’ailleurs récompensé, car mon portefeuille clients se rallonge d’année en année. Il faut avoir des principes dans ce métier car la réputation précède la renommée chez la clientèle ajoute fièrement M. Falou.

Un fait confirmé par Fanta, cliente fidèle et toujours satisfaite par le travail de M.Falou :
« Depuis des années je viens coudre tous les habits de ma famille, lors des fêtes et mariages chez lui . Quand je porte ces vêtements, je ne fais que recevoir des compliments. »

si les coups de ciseaux coïncident avec les ronronnements des machines dans les ateliers ; les salons de coiffure par contre n’arrivent pas à tirer leur épingle du jeu pour la tabaski. La lenteur du marché en est la principale cause et il faudrait attendre deux ou même la veille de la fête pour que les clientes commencent à venir. Même constat chez les vendeurs des prêt à porter, de chaussures et autres accessoires au grand marché de Bamako : Mohamed Coulibaly : « le marché de cette année est le pire des marchés que j’ai connu....avec la situation du pays, c’est un peu normal, on gagne pas beaucoup. »« Le marché est très lent cette année, c’était le même cas pendant la fête de ramadan . Les temps sont durs, il y a moins d’acheteurs, les clients se plaignent des prix alors qu’on essaie que d’avoir 500f comme bénéfice sur chaque vente. »dixit un vendeur de chaussures qui a préféré garder l’anonymat.

Avec la crise économique qui persiste depuis un certain temps, dans notre pays, il n’est pas évident que la fête soit aussi belle et réjouissante que les années précédentes.

Boly Keïta
Bamako, le 08 Aout 2019
©AFRIBONE

 

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