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  L’Inter de Bamako
Focus : De Bangui- la Coquette à Bangui- la- Roquette

Fini le temps où cents légionnaires déployés en ville, trois (03) coups de feu tirés en l’air et le passage rugissant d’une paire de Mirage suffisaient à rétablir l’ordre. Bangui- la- Coquette, où dans les années 1970, un ministre de la Coopération allait à la chasse aux papillons escorté par des motards, est devenue Bangui-la-Roquette.
Les troupes africaines les plus aguerries qui se battent en Centrafrique aux cotés des Français sont rwandaises. Ces soldats, environ 600 sont les « meilleurs ennemis » de l’armée française sur le continent depuis le génocide qui a frappé leur pays, en 1994.

Et Abidjan garde les traces de la colonisation française
Les noms des rues d’Abidjan célèbrent encore les gouverneurs de la Coloniale et les présidents français : les boulevards Charles- de-Gaulle, Valéry-Giscard- d’Estaing et François Mitterrand.

Qui sont les « Pères spirituels » du leader nigérian de Boko haram, Abubakar Shekau ?
Ce sont deux figures de djihadistes du XIXème siècle qui ont résisté à la colonisation, Samory Touré, le Guinéen et le Soudanais Rabah.

Opérations Sangaris et Serval : échec ou succès de l’armée française ?
Si l’opération Serval a été fêtée au Mali dans un premier temps, ce succès a servi à masquer l’échec de l’opération Sangaris en Centrafrique. La plupart des jeunes soldats français, mal préparés à cette plongée dans une guerre civile sanglante, en sont sortis traumatisés. La question qui revient sur les lèvres : pourquoi après des décennies de formation et d’encadrement des armées africaines, les para tricolores sont-ils toujours les seuls gardiens de la sécurité sur le continent ?

Lisez ce passage tiré du livre d’Antoine Glaser : « Arrogant comme un français en Afrique ». « J’attends mon fils, qui est un tireur d’élite. Après le Mali, il a été quelques mois en Centrafrique. Il vient juste de rentrer à Paris et repart dans les prochains jours pour une nouvelle mission, cette fois-ci en Guyane. Comme j’ai entendu que certains d’entres vous sont journalistes, mon fils peut vous raconter ce qu’il a vraiment vécu à Bangui avec ses camarades. Tenez, justement, le voilà. »

Coupe de légionnaire, tatouages sur les bras et visage fermé, le garçon s’approche avec méfiance. Il nous regarde de travers, chuchote quelque chose à l’oreille de sa mère et s’éclipse immédiatement. « Excusez-le, reprend sa mère, gênée. Il a vécu des situations très dures en Centrafrique avec ses copains. Ils ont découvert un matin des cadavres d’enfants musulmans qu’ils connaissaient, tués par des miliciens. Plusieurs d’entre eux n’ont pas supporté. Ils n’étaient pas préparés à ça. En plus, pour ce qu’ils sont payés ». Le cas de la Centrafrique illustre parfaitement cette attitude de l’armée française qui croît encore connaître « son » Afrique.

La Centrafrique étant une plate-forme stratégique, elle sert de base arrière aux opérations de l’armée française au Tchad et permet de surveiller, à l’ouest les confins du nord du Cameroun. En 1979, la France lance l’opération Barracuda et renverse Bokassa, le 21 septembre 1979.

POINT DE MIRE :Les « trois M » de la colonisation française

La colonisation française s’incarnait à travers trois grands « M » : marchands, militaires et missionnaires. Ces derniers sont en voie de disparition : les « Pères blancs » ne sont plus qu’une poignée. Ils ont perdu la partie et leurs ouailles dans leur zone traditionnelle, l’Afrique francophone, tandis que les évangéliques protestants, d’origine anglo-saxonne, prospèrent dans les grandes capitales africaines. Toutefois, les missionnaires catholiques continuent de s’occuper des plus pauvres, ce qui n’est pas toujours le cas des autres congrégations.

Le clergé catholique est longtemps resté proche des seules élites dirigeantes, qu’il avait formées dans ses écoles religieuses. Une évangélisation par le haut, en quelque sorte. Aujourd’hui, par étonnant retour de civilisation, les jeunes curés africains sont surtout destinés… à remplacer les vieux dans nos campagnes françaises ! On trouve ainsi dix fois plus de prêtres venant d’Afrique en France que de « Pères Blancs » en Afrique.

Pendant ce temps, dans toute la zone sahélo-saharienne, les petits-fils des califes combattus au XIXème siècle par les colonisateurs reprennent le fil de leur histoire. Un islam de « bienfaisance », aussi riche que politique, irrigue des régions en déshérence à travers des commandos djihadistes.

IL A DIT :

« Après les conférences nationales des années 1990, les Constitutions sont devenues l’alpha et l’oméga des revendications politiques en Afrique », Albert Bourgi, professeur de droit à l’Université de Reims.

SAGESSE BAMBARA  
* « Le fruit ouvert du baobab s’offre de lui-même à être sucé. L’homme bon est un « homme mangé ». »

* « Parmi les choses mauvaises, il y en a de meilleures, de moins mauvaises que les autres. Tous les hommes sont mauvais, cependant il y en a de moins mauvais que d’autres, il y en a de plus mauvais que d’autres. »

01 Juillet 2019

 

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