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Grève de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali : Quel impact sur la population ?

La grève de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali a beaucoup impacté certains secteurs d’activés à en croire bon nombre de témoignages. Le transport, les banques, ORTM, les hôpitaux… n’ont pas été épargnés, la population Bamakoise est aux abois.

Comment ce mot d’ordre de grève de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali a pu impacter sur les activités des Bamakois ?

Durant 72 heures, les travailleurs maliens sont aux arrêts suite à la grève de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali. Cette grève a pour conséquence l’arrêt des moyens de transport urbain (Sotrama), les banques ont fermé les portes, le service minimum, seulement, est assuré au niveau de l’administration publique. Bref, les conséquences de cette grève sont désastreuses pour la population.

Impact de la grève sur quelques services clés :

Transport Urbain (Sotrama)

Certaines doléances du syndicat des chauffeurs de sotrama figuraient dans le cahier de charge de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali. C’est pourquoi, lorsque cette négociation a été transformée en « queue de poison », les syndicalistes des chauffeurs de sotrama ne pouvaient rester en marge de cette grève.

Cette grève des chauffeurs de sotrama paralyse la population vu qu’elle (sotrama) est la principale source de mobilité de bon nombre de bamakois.

Salimata Traoré, commerçante âgée d’une quarantaine année : « Cette grève jouera sur mon gain journalier, voire même mon chiffre d’affaire. Bon nombre de mes clientes empruntent la sotrama pour se rendre dans notre marché « soukouni-koura » où j’exerce mon commerce. Certaines d’entre elles, ne vont pas emprunter le taxi vu le coût élevé de ce dernier. En plus j’utilisais la sotrama, de mon domicile à Moribagougou vers le marché de « médina koura » où j’exerce mon commerce. Pour se faire, je suis obligée d’utiliser le taxi qui coûte plus cher que la sotrama. Cela peut jouer sur mon chiffre d’affaire ».

Bakry Traoré et Ousmane Coulibaly, tous les deux comptables dans le secteur privés affirment être en retard dû à l’arrêt de sotrama

Certaines personnes préfèrent abandonner leur course du jour, comme nous témoigne Assitan Mariko, obligée d’abandonner les festivités du baptême de son amie par faute de moyen financier. « Ma situation financière ne me permet pas d’emprunter le taxi qui coûte très cher lorsque la sotrama est en grève » dit-elle.

Le cas des banques

Toutes les banques à l’exception de la Banque Of Africa ont verrouillé leurs portes. Aguibou Bouaré, syndicaliste de la banque affirme que « l’objectif des syndicalistes n’est pas d’observer la grève ». Sachant bien que 72 heures de grèves font 72heures de manque à gagner pour les banques. Les conséquences sont désastreuses pour les clients. Les opérations d’encaissements des chèques, les opérations d’urgence ne peuvent pas être effectuées… Les syndicalistes sont conscients de toutes ces conséquences. « C’est au gouvernement de prendre le taureau par les cornes d’éviter des calculs et de faire face aux doléances des syndicalistes » affirme, Aguibou Bouaré.

En répondant à la question relative à « la continuité des mots d’ordre de grèves au cas où l’Union Nationale des Travailleurs du Mali décide la prolongation de la durée des grèves », Aguibou Bouaré dira que la solidarité et l’unité syndicale oblige. Les syndicalistes des banques sont et resteront toujours au service de la centrale syndicale mère. Seuls les détenteurs de carte magnétique peuvent effectuer des retraits.

Cas de l’ORTM

L’office de Radio-télévision du Mali, principale source d’information sur les actions du gouvernement et de distraction de la population, surtout rurale, n’est pas aussi épargné par cette grève. Le journal Télévisé est transformé en flash d’information qui ne dépasse même pas 10 mn, alors qu’il dépassait les 60 mn. Le générique a pris la place des autres programmes.

Les hôpitaux

Les agents de santé ne sont pas restés en marge de ce mot d’ordre de grève de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali. Les accueils, les devantures des hôpitaux qui, à tout moment étaient bondées de monde, est désormais déserte. Seul le service minimum est respecté, notamment les urgences, et la prise en charge internes.

Aucune nouvelle consultation n’est effectuée. Le nombre d’agents sanitaire est très réduit, les spécialistes sont absents. Kadiatou Diallo, patiente accuse les autorités de n’avoir pas pris des dispositions pour éviter la grève. « A une période récente lorsque les médecins avaient décrété un mot d’ordre de grève il y a eu plusieurs morts » décrié Kadiatou Diallo. Elle ajoute en critiquant le comportement malsain des agents sanitaires, « en temps normal les patients ne bénéficient pas correctement des soins de santé à plus forte raison en période de grève ».

A la reprise des activités, d’une part, les banques seront remplies par les clients qui n’ont pas su effectuer les opérations avant et pendant la grève. D’autre part, les agents de santé seront débordés par la présence des nouveaux malades qui étaient obligés de se résigner durant les 72 heures.

Si l’on envisageait, une prolongation de cette grève, les secteurs susdits seront de plus en plus paralysés. Ce qui serait un grand risque pour toute l’économie nationale. Ce que nous espérons, c’est que les protagonistes (Etat, Syndicalistes) trouvent un terrain d’attente en mettant chacun de « l’eau dans son vin », pour le salut de la nation !

Bissidi Simpara

Bamako, le 11 Janvier 2019

©AFRIBONE

 

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