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Grève des cheminots : « Nous préférons mourir ici au Rail-da que d’aller dans nos foyers, de peur de voir leur souffrance »

Une déclaration poignante d’un cheminot à bout de souffle. Cela fait exactement 21 jours, qu’ils sont en grève de la faim. Eux, ce sont les cheminots maliens qui ont élus domicile le long du chemin de fer « du Rail-da », depuis le 18 décembre 2018. Pour rappel, ils réclament près de dix mois d’arriérés de salaire. Le gouvernement leur a proposé le paiement de deux mois, ensuite de 4,6 milliards de francs CFA mais jusque-là, silence radio.

Mahamane Dienta, le secrétaire général du Syndicat des travailleurs du chemin de fer (Sytrail), « le mouvement de grève de la faim en cours est soutenu par près de 500 salariés ».

Etat d’avancement d’une situation qui stagne

Un chèque du Trésor prévoyait de payer les mois d’avril et mai 2018, les sept mois seraient régularisés à partir du mois de janvier. Un calendrier était prévu pour éponger ces sept mois. Sauf cette promesse n’a pas abouti jusque-là.

En revanche, le responsable administratif et financier de Dakar-Bamako ferroviaire, M. Abdoulaye Ouédraogo assure de son côté, que : « la procédure est toujours en cour pour payer les deux mois promis par le gouvernement. C’est plutôt une lenteur des démarches administrative et des problèmes de réaménagement technique. Sinon c’était pratiquement réglé. » dit-il.

Un avis que les cheminots ne partagent pas, car jusqu’à preuve du contraire, ils restent fermes sur leur engagement et ne démordent pas. Drissa Koné, cheminot : « Ce qui est quand même une certitude, c’est qu’on est mal en point. Quatre d’entre nous sont à ce jour hospitalisés en urgence depuis hier.

Mais on se doit de se taire sur ce mal-être. Et ce qui se passe dans nos foyers, c’est encore pire que ce que nous vivons ici. Nos femmes et enfants ressentent plus cette grève de la faim que nous-mêmes. Mais nous préférons mourir ici au Rail-da que d’aller dans nos foyers, de peur de voir leur souffrance ».

Pour rappel, le 27 décembre dernier, la famille des cheminots en grève était venue soutenir leur mari à 10 jours de grève de la faim. Elles étaient déterminées à poursuivre cette grève avec leur conjoints cheminots. Sans l’intervention des grévistes, elles n’étaient pas prêtes d’en démordre.

Aïssata Keïta

Bamako le 08 Janvier 2019

©AFRIBONE

 

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