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Guinée : La rue dit ‘’Non’’ à un 3e mandat pour Condé

Plusieurs centaines de milliers de guinéens ont manifesté, les 14 et 15 octobre derniers, pour exprimer leur opposition à un projet de référendum que prépare le régime d’Alpha Condé.

Plusieurs médias guinéens parlent de nombreux morts et blessés dans la répression que fut objet des manifestants de l’opposition et de la société civile lundi et mardi derniers. Tous sont descendus dans la rue pour protester contre une modification de la constitution pour permettre à Alpha de briguer un troisième mandat.

Il faut rappeler que cette question avait été suscitée dans le paysage politique guinéen depuis le début du second quinquennat du Président. Condé avait soulevé la question de réviser la constitution tout en assurant de ne jamais toucher à la limitation du mandat présidentiel. C’est désormais chose révolu. Si la nouvelle version de la constitution qui serait soumis au référendum n’est toujours pas officielle, les opposants du régime sont unanimes sur le fait que la délimitation du mandat présidentiel va y figurer. Selon, BBC ; lors d’une visite à New-York le Président Alpha Condé a appelé ses concitoyens à se préparer pour le referendum et de nouvelles élections à venir. Ce média a aussi ajouté qu’il a contesté à de multiplesreprises la pertinence de la limitation du mandat des députés.

Alpha Condé, âgéaujourd’hui de 81 ans, soit le doyen de tous ses pairs en Afrique, fut un opposant farouche aux dictatures qui l’ont précédé au pouvoir. Ses luttes, saluées un peu partout dans le monde, étaient pour la démocratisation de son pays et surtout le respect des droits de l’homme. Prisonnier politique durant plusieurs années, le Pr. Alpha Condé est le premier président élu par les urnes dans l’histoire de la Guinée en 2010. C’est dans cette vision qu’il avait déclaré que : « Je ne modifierai jamais la constitution. Ce serait trahir ce pourquoi je me suis toujours battu. ».Voir aujourd’hui ce même Président remettre en cause l’alternance politique au pouvoir, à travers la limitation des mandats, et réprimer ses concitoyens qui se font simplement entendre dans des manifestations pacifiques est plus que consternant. Malgré les voix de protestations et le risque majeur de déstabilisation du pays, le grand démocrate et opposant d’antan ne veut renoncer à son projet.

C’est suite à une consultation organisée par son gouvernement sur une possible modification de la constitution que l’opposition s’est mis à l’ordre de bataille. Une plate-forme (Front National pour la Défense de la Constitution) regroupant toutes les forces vives de la société guinéenne a vu le jour pour barrer laroute au projet. Sa première manifestation s’est effectuée les 14 et 15 octobre derniers dans la Guinée et au niveau de la diaspora.Si la mobilisation fut une réussite absolue, les forces de l’ordre ont violemment réprimé les manifestants. Les principaux acteurs de l’opposition comme Cellou Dalein Diallo, Président de l’UFPG, ou Sadya Touré ont été assignés à résidence pour les empêcher de prendre part aux manifestations. Ces derniers ont tout demême réagi sur les réseaux sociaux appelant tous leurs militants à continuer la lutte. La capitale guinéenne fait état d’une ville morte depuis le début des échauffourées. Le bilan provisoire publié par plusieurs médias du pays évoque cinq morts par balle et plusieurs dizaines de blessés. La situation est actuellement très tendue et peu de réactions au niveau de la communauté internationale se sont manifestées. L’ONU s’est dit pour sa part inquiète de la situation vu la recrudescence des violences et appelle les différentes parties au calme et au dialogue.

Le FNDC a appelé sur les réseaux sociaux qu’il continuera sa lutte jusqu’au retrait de ce projet de nouvelle constitution.

Le gouvernement Condé ne recule toujours pas malgré les futures manifestations que prépare le FNDC. Au contraire, les membres de la majorité présidentielle du pays ont entrepris une campagne de sensibilisation pour rallier le maximum de guinéens à la tenue du référendum. Pour l’instant, vu la rupture du dialogue entre le régime et ses opposants, rien ne présage un apaisement futur de la situation. Que ça soit le régime ou l’opposition, chacun est campé sur sa position en étant décidé d’aller jusqu’au bout.

Ousmane Dembélé
L’Aube du 17 Octobre 2019

 

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