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L’Afrique doit faire sa part de chemin

Faisant suite à la rencontre de Pologne sur le climat qui s’était tenue en début décembre 2018, les chefs d’Etat de la Commission climat pour la région du Sahel se sont retrouvés les 25 et 26 février derniers dans la capitale nigérienne. Objectif : chercher des financements pour le plan d’investissement climat pour le Sahel, lancé, rappelons-le, en novembre 2016, au Maroc.

C’est le seul moyen, disent les initiateurs de ladite rencontre, de mieux lutter contre le dérèglement climatique et de renforcer la résilience des populations sahéliennes. Pour ce faire, il a été annoncé un fonds d’environ 400 milliards de F CFA destinés à « catalyser les investissements climat sur la période 2020-2025 ». « On nous dit qu’il y a la possibilité de réaliser une espèce de complémentarité dans cette zone du Sahel avec le lac Tchad et le bassin du Congo qui a beaucoup d’eau », a déclaré le président congolais, Denis Sassou NGuesso, appellant ainsi ses pairs à une mutualisation des efforts. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les rencontres sur le climat se succèdent et se ressemblent puisqu’en dehors des belles résolutions, il n’y a pas grand-chose de concret qui est fait sur le terrain. Or, pendant ce temps, le niveau de la mer monte et le désert avance à grandes enjambées. Et comme pour ne rien arranger, l’Afrique semble devenue le réceptacle des rebus de l’Europe, si fait que,

constamment, les émissions des gaz à effet de serre empuantissent l’atmosphère. A ce propos, tout se passe comme si certains dirigeants africains n’ont pas encore pris la pleine mesure du péril que représente le dérèglement climatique d’autant que dans certains pays comme le Burkina Faso, par exemple, des mesures fortes ne sont pas prises pour empêcher les citoyens d’importer des véhicules d’un âge très avancé. C’est la preuve que l’Afrique doit faire sa part de chemin.

Même étant les moins pollueurs de la planète, les pays africains sont pourtant les premières victimes des changements climatiques

Certes, il faut reconnaître qu’en dépit de la modestie des moyens dont il dispose, le continent noir est l’un des rares continents où l’on voit se développer des initiatives allant dans le sens de contrer l’avancée du désert. Mais il reste encore du chemin à parcourir dans la mesure où le Fonds vert pour le climat, mécanisme financier de l’ONU dont l’objectif est de réaliser le transfert des fonds des pays les plus avancés à destination des pays les plus vulnérables afin de mettre en place des projets pour combattre les effets des changements climatiques n’est pas alimenté à la hauteur des attentes et espérances. Or, même étant les moins pollueurs de la planète, les pays africains sont pourtant les premières victimes des changements climatiques. Et c’est peu de dire qu’ils ont besoin de ressources financières pour y faire face, la plupart étant en voie de développement. On le sait, dans nombre d’Etats africains, les questions énergétiques sont au stade domestique, c’est-à-dire que le principal défi est d’arriver à fournir l’électricité aux populations de façon permanente et permettre aux industries agro-alimentaires produisant essentiellement pour la consommation locale, de pouvoir tourner à plein régime. N’étant pas encore sur le chemin de la grande industrialisation, la question des énergies renouvelables constitue, pour eux, un défi qu’ils doivent relever pour renforcer leur processus de développement. C’est pourquoi, en plus de la mise en place du Fonds vert pour le climat à hauteur de 100 milliards de dollars par an, destiné essentiellement à aider les pays pauvres à promouvoir les énergies renouvelables , l’Alliance solaire que dirige l’ancienne ministre française de l’Ecologie, Ségolène Royal, pourrait aussi être d’un apport salvateur.

Boundi OUOBA
Le Pays du 27 Février 2019

 

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