Le Mali
Institutions
Coopération
Education
Art & Culture
Tourisme
Presse
Urbanisme
Horoscope
Météo
Formation
Editorial
Liens



 
  Presse
L’Ordre des architectes et le Dr Abdoulaye Déyoko : « c’est une façon de discréditer la bonne réputation de cette école »

L’Ordre des architectes et Dr Abdoulaye Déyoko : « c’est une façon de discréditer la bonne réputation de cette école »

Après l’obtention de son doctorat en urbanisme à l’Université de la Sorbonne, le Dr Abdoulaye Déyoko a occupé le poste de directeur adjoint de l’urbanisme au Mali. Il est aujourd’hui, promoteur de l’Ecole Supérieure d’architecture et d’urbanisme (ESIAU), professeur d’urbanisme et d’aménagement du territoire et responsable de la filière Urbanisme et d’aménagement. Mais, depuis un certain temps l’école serait dans le collimateur de l’Ordre des architectes qui refuse de reconnaître cette école y compris son diplôme ; un véritable coup dur pour les jeunes étrangers et Maliens formés par l’ESIAU. Contacté par nos soins, Dr Abdoulaye Déyeoko, reste imperturbable.

Comme tout autre expert, M. Abdoulaye Déyoko s’est donné pour tâche de former les jeunes dans le domaine de l’architecture et du développement urbain malgré la querelle qui l’oppose à l’Ordre des architectes du Mali.

Selon lui, « le taux d’urbanisation (le nombre des personnes habitant dans les villes par rapport à la population globale) a augmenté, il est estimé à 45% ».

Pourtant, rappelle-t-il « il y a quelques années, Bamako comptait 1.500.000 habitants, ce chiffre est passé aujourd’hui à 3.000.000. Ce qui signifie qu’il y a doublement de la population tous les dix ans. »

Il estime que l’architecture permet aux jeunes de réfléchir sur les matériaux de construction et sur l’aspect architectural des bâtiments.

Ce qui expliquerait en grande partie son idée de créer une école d’ingénierie, d’architecture et d’urbanisme (ESIAU) agréée par l’arrêt n°05-3103/MEN-SG du 28 décembre 2005, et qui a ouvert ses portes suivant l’arrêt n°06-1987/MEN-SG du 13 septembre 2006.

En ouvrant cette école précise M. Déyoko : « j’ai voulu prouver aux jeunes africains en général et maliens en particulier, qu’il était possible d’étudier et de se former en Afrique et d’être au même niveau que les européens sans s’y rendre à l’extérieur ».

A noter que le Mali est l’un des rares pays africains qui possèdent 6 à 7 monuments placés « patrimoine de l’humanité ». C’est le cas avec la mosquée de Djenné, le plateau dogon etc.

Il est donc impérieux de former les jeunes sur l’aménagement de nos villes, sur la mise en œuvre de nos matériaux locaux de construction en se basant sur l’architecture africaine et non en imitant celle de l’Europe.

Diplôme reconnu ou pas ?

Les rumeurs sur la non reconnaissance de son diplôme d’architecture se répand de plus en plus, suscitant ainsi, l’inquiétude chez certains étudiants. Aux dires de ce promoteur qui ne décolère pas contre l’ordre des architectes, « c’est une façon de discréditer la bonne réputation de cette école »

Il affirme que, le ministère de l’Enseignement supérieur du Mali reconnaît son établissement. D’abord pour la qualité de la formation ensuite pour la maitrise et la bonne exécution des programmes.

Par ailleurs, l’ESIAU aurait reçu l’agrément conformément à l’arrêt n°2010-4114/MESRS-SG du 23 novembre 2010 et l’arrêt n°2016-0412/MES-SG du 11 mars 2016 fixant la liste des filières de formation habilitées de certains établissements privés d’enseignement supérieur.

Incompréhension ou jalousie ?

Dès son lancement, l’ESIAU avait procédé à la signature d’un certain nombre de conventions avec l’Ecole d’architecture de Toulouse et l’institut national des sciences appliquées de Toulouse. C’était en présence des membres de l’Ordre des Architectes qui avaient exprimé leur inquiétude concernant la formation des jeunes et les professeurs qui devaient y intervenir.

C’est donc au terme de ces signatures, que M. Pierre Fernandes qui venait d’être nommé directeur de l’Ecole d’architecture de Toulouse, s’était engagé d’assurer dans un premier temps, la formation des jeunes dans cette école, « cela a d’ailleurs été confirmé lors de mon voyage à Toulouse à l’occasion de la passation de service entre l’ancien directeur de l’Ecole d’architecture de Toulouse Pierre Givet et le nouveau en la personne de M. Pierre Fernandes, qui nous ont tous deux apporter leur soutien », rappelle-t-il.

« Nous avons donc bénéficié dès le départ, d’un soutien institutionnel, moral et technique » a-t-il poursuivi.

A l’entendre, c’est ce qui aurait conduit au succès de cette école qui a empoché plusieurs trophées dont le deuxième prix du Concours international d’urbanisme, à travers son plan d’aménagement du quartier TSF en Commune II de Bamako. Il est en partenariat avec l’ENI de Bamako, qui aurait signé un contrat d’Etudes architecturales et de suivi des travaux pour la construction de la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique puis de la Faculté d’Elevage et de Santé animale de l’Université de Ségou.

Néanmoins, le Dr Déyoko regrette l’attitude de l’Ordre des architectes qui refuse d’adhérer à « la nouveauté » et dont l’intention serait de détruire ou sinon de saboter l’avenir des jeunes africains.

D’après lui, l’ordre des architectes serait derrière son dos depuis 2010, l’obtention de sa médaille de la part de l’ancien président de République Amadou Toumani Touré (ATT ) , qui avait reconnu ses mérites en l’élevant au rang de chevalier dans l’ordre national aurait davantage mis le feu dans la poudre.

C’est donc à la suite de cette décoration que l’Ordre des architectes se serait rendu à koulouba , pour exiger la fermeture de l’ESIAU, une requête qui selon le concerné est restée lettre morte, puisque le président de la République l’avait jugé démesurée, estimant qu’il n’y avait aucune raison de fermer cette école, sauf « si l’ordre des architectes était capable de créer une école pareille » a lâché M. Déyoko.

Pour rappel en 2008, à l’occasion de la « Terra » au Mali, une panel portant sur l’architecture de terre, organisée tous les deux ans dans un pays, consiste à réunir les architectes qui y partagent leurs expériences en matière d’architecture de terre.

Monsieur Baba Cissé, président de l’Ordre des architectes à l’époque qui avait pris part à ce grand rendez- vous, aurait déclaré dans son allocution, qu’il n’y avait « aucune école d’architecture au Mali », une annonce qui aurait suscité la panique chez certains étudiants de l’ESIAU, qui se seraient sentis rejetés par l’Ordre des architectes du Mali.

Aujourd’hui, force est de constater que le refus d’admettre cette école persiste de quoi inquiéter les étudiants de l’ESIAU.

Pourtant, dans un article mis en ligne le 18 Octobre 2019, par news.abamako.com les conditions d’adhésion définies par l’ordre des architectes sont claires : « selon les textes de l’Ordre, pour exercer comme architecte, il est obligatoire d’apparaître dans le tableau des professionnels. Pour y adhérer, il faut être de nationalité malienne, jouir de ses droits civils et avoir un diplôme reconnu par l’État. Les étudiants de l’ESIAU remplissent bien ces conditions, mais se voient refuser leur inscription depuis des années. Pourquoi ? » S’interroge-t-il.

Toujours dans le même article publié par news.abamako.com, l’actuel président de l’Ordre des architectes M. Cheick Kanté, aurait fait savoir que : « le métier d’architecte est noble et nécessite une forme d’expertise. Cela fait-il partie des conditionnalités ? Non, renseignent les textes de l’Ordre. »

Mais, refusant toute autre déclaration sur l’affaire, il aurait affirmé n’avoir aucun problème avec l’école, ni ses diplômés. « Néanmoins, pourquoi ne parviennent-ils pas à s’inscrire sur le tableau ? Un léger silence et il interrompt la conversation. « Je n’ai aucun autre commentaire », lance-t-il, avant de raccrocher à l’appel de news.abamako.com .

Toutefois , précise le Dr. Abdoulaye Déyoko  :« le problème est que tous ceux qui sont formés en Europe sont automatiquement acceptés mais ceux qui ont étudié en Afrique sont rejetés. On préfère l’enseignement des autres que notre propre enseignement » a-t-il dénoncé

Face à toutes ces incompréhensions M. Déyoko, qui bénéficie déjà de plusieurs soutiens, se montre confiant et ne compte pas baisser le bras, tout serait mis en œuvre pour résoudre cette querelle à travers les moyens juridiques c’est -à-dire le tribunal qui a été saisi pour cette affaire : « le 28 Octobre, nous serons de nouveau devant le tribunal administratif, afin que la lumière soit faite  » a-t-il laissé entendre...

Bamako, le 25 Octobre 2019
Darcia Utrech Ripoll B.

©AFRIBONE

 

Dans la même rubrique :


© 1999-2019 - Afribone Mali SA - Tous droits réservés