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L’architecture en terre, un savoir-faire millénaire au Mali

Avec le concours de M. Yves de la Croix, ancien directeur du Centre culturel Français (CCF) de Bamako, une exposition photos sur l’architecture de terre, avec des célèbres photographes comme Alioune Ba et Mamadou Diarra, y a été organisé. C’est ainsi, que nous vous proposons de revivre avec nous, quelques moments forts de cet entretien.

De façon générale, il est admis que les constructions en terre, sont une architecture sauvage parce que brute, naturelle ; sauvage, parce que fondamentalement opposée à l’architecture des cages à lapins, que la société dominante entend nous imposer de par notre appartenance géographique.

L’habitat en architecture de terre est simple. Il est fait à partir de matériaux naturels et d’énergie humaine. A la limite d’une création divine, on peut y découvrir et apprécier à juste titre la valeur de l’effort humain.

Généralement, la tradition veut que les hommes se chargent de la construction ou réalisation des édifices, les femmes de l’enduit, la décoration et l’ameublement. Les motifs peints sur les maisons sont souvent osés, sans pour autant outrepasser un certain code moral, variant d’une famille à une autre.

Origine de l’architecture en terre du Mali

L’architecture de terre du Mali, connu sous le nom d’architecture soudanaise, aurait été créée selon certaines sources, par des Songhoïs, de retour d’un long séjour au Maroc ; ou, à en croire l’histoire, par l’architecte Ibrahim Es Saheli, qui, venu de la Mecque avec l’Empereur du Mali Kankou Moussa, construisit la mosquée de Gao en 1325.

Principaux styles et Caractéristiques de l’architecture en terre

Selon que l’on se trouve à Sikasso, Ségou ou au pays Dogon, le style architectural diffère. 3 grands facteurs sont déterminants : le matériau, le climat et la culture du milieu. Ces différents styles ont cependant en commun :

- Un mur renforcé ou décoré par des piliers ou pilastres (pilier incorporé au mur) légèrement plus haut et terminé par des croisées d’ogives, figures formées par 2 arcs qui se croisent à la clef de voûte.

- Un toit-terrasse supporté par des poutres ingénieusement disposées dans le bâti.

- Un petit mur, arrondi à son sommet et percé de multiples gouttières, est construit pour limiter le toit.

- Et des ouvertures ni grandes ni larges, s’ouvrant à l’italienne, sont savamment orientées.

Principales utilisations de l’architecture en terre

La terre est utilisée à la réalisation de nombreuses infrastructures. Celles-ci varient selon les localités, et touchent à des éléments composant l’habitat de l’homme comme, les lieux de culte : mosquées, les habitations, les greniers, et les espaces de travail : hauts-fourneaux pour poteries et fonte du fer.

Monuments les plus caractéristiques de cette architecture au Mali

Sans être exhaustif, il faut ralign="justify"etenir, le vestibule de la famille Thiam à Ségou, les mosquées de San, Djenné, et Tombouctou, le tombeau des Askia à Gao, le palais (actuellement en restauration par votre serviteur) d’Aguibou Tall à Bandiagara, ...

Différents détails à observer sur l’architecture de terre

Du sens d’ouverture des fenêtres à l’inclinaison de la gouttière, en passant par la délimitation des aires des hommes et des femmes, entre autres détails architecturaux fonctionnels, il est à retenir également, l’orientation des pièces, l’échelle des éléments et surtout le vestibule.

Organisation de l’espace

Cette forme d’organisation répond à une obligation de fonctionnalité et un souci légitime de gestion spatiale. Les périodes d’utilisation (jour ou nuit) et les bénéficiaires (hommes, femmes et enfants) des lieux ,déterminent en grande partie, les propositions architecturales et techniques. Les propositions de choix et de sélection se font également pour d’autres détails architecturaux : la nécessité de réalisation et la portée d’un auvent, l’orientation des espaces de nuit principalement vers l’est, le nord et celles de jour vers le sud. Bien entendu les espaces d’ "eaux" étaient à l’ouest. Ses commodités de fonctionnement étaient étendu sur l’aménagement de l’ensemble de l’agglomération locale.

Confection des briques

On déblaie une quantité suffisante d’un trou de carrière de banco. On le transporte à l’endroit choisi pour bâtir. On met cette terre en tas d’une hauteur de 80-90cm ; on y ajoute de l’eau, et on la pétrit avec les pieds, jusqu’à ce qu’elle prenne la consistance d’ un mortier. Ce mortier est ensuite divisé en briques (de forme rectangulaire ou conique selon la localité). Ces briques sècheront au soleil pendant au moins deux semaines. Durant ce temps, on creuse les fondations à environ 50cm en-dessous de la couche de terre meuble. On construit ensuite les assises de briques en les enduisant d’une couche de mortier fait à partir de boue et de fumier de vache, ou d’herbe haché menu, qu’on additionne au mélange.

La terre, matériau le plus abondant et le plus accessible dans la nature, est utilisée depuis les temps primitifs dans la construction des maisons. L’adobe est certainement la forme de construction en terre, la plus populaire et la plus ancienne. Les briques d’adobe sont réalisées à partir de boue humide additionnée de différents composants. On sèche ces briques au soleil, avant de s’en servir pour construire. Le mortier utilisé pour construire, est souvent de la même boue. Pour assurer une bonne isolation, des murs épais étaient faits.

Les Dogons construisent-ils différemment ?

Chez les Dogons (mes cousins, car je suis un pêcheur ) on rencontre trois types de villages :

- Ceux du plateau, édifiés sur des surfaces rocailleuses, affleurant entre des champs cultivables ;

- Ceux édifiés sur des éboulis, au pied d’une falaise, comportant des constructions spectaculaires ; et

- Ceux, d’une époque récente, construites dans la plaine.

Ainsi, selon la position géographique, le mode de construction diffère. En général, les dogons construisent à même le roc, ainsi pas un m² de terre labourable, n’est perdu. Pendant la saison sèche, de mars à juin, ils enduisent leurs habitations d’un mélange d’argile et d’eau pour les rendre imperméables aux premières pluies. Les murs sont faits de briques de terre séchées, qu’on enduit de torchis. Les cuisines sont circulaires et ont un toit plat reposant sur des piliers de bois et des poutres si nécessaires. On accède sur le toit par une échelle.

C’est tout un savoir-faire qui mérite d’être plus connu et exploité par nous tous.

 

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