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L’excision au Mali : discriminée par les lèvres mais encouragés par les cœurs !

L’excision est une pratique existant au Mali depuis la nuit des temps. Elle demeure toujours dans nos sociétés malgré les différentes luttes contre sa pratique. Généralement dans les villages, ce sont les filles allant de l’âge de 12 à 16 ou 17 ans qui sont excisées mais à Bamako c’est tout le contraire. Les filles sont excisées dès le bas age. Elle est pratiquée par des femmes âgées ayant de l’expérience dans le domaine.

L’entourage favorise cette pratique surtout chez certaines communautés notamment les bambaras, , les peuls, les mandingues et les soninkés qui sont les plus touchées par les mutilations génitales féminines (MGF) qui, chaque 6 février, dénomment une journée internationale de tolérance zéro aux MGF.

Au Mali, les lèvres discriminent la pratique de l’excision mais les cœurs y sont toujours liés. Ils l’encouragent fortement dans ce cadre. Dans certains villages, la tradition d’exciser les filles notamment les plus petites, est fortement respectée. Malgré l’interdiction d’exciser les filles, certaines femmes se cachent avec la complicité des maris pour exciser leurs filles. Force est de comprendre qu’à Bamako, l’intellectualisme est voué à l’échec car l’excision est d’abord encouragée par eux ensuite par les illettrés.

« Les blancs ne peuvent pas venir chez nous et nous détourner de nos traditions. Je vais vous dire une chose. L’excision empêche les filles de vagabonder sexuellement n’importe où et n’importe quand. J’ai fait exciser mes deux premières filles qui sont heureuses dans leurs foyers aujourd’hui. Elles ont tout. Je ferai pareil pour ma petite dernière. Je vous donne ma parole. » Dixit Baba Diarra, un traditionaliste.

En témoigne Sita, native de zamblala. Elle s’exprime : « J’ai 20 ans. Un jour à l’aube, ma mère m’amena avec l’approbation de mon père, chez une grande tante, l’exciseuse de notre communauté. Je n’avais que 12 ans à l’époque. Arrivée, j’ai directement compris que c’était mon tour car une dizaine de filles de mon age étaient également là avec leurs mères. Je fus la troisième à passer à l’acte. La douleur était indescriptible. Mais c’est après mon mariage que j’ai su que ma mère et ma grande tante n’aurait pas du me faire ces choses atroces. Voila deux ans que je suis mariée mais je ne ressens toujours aucun plaisir quand mon mari et moi passions à l’acte. Heureusement qu’il est au courant de tout. Sinon il aurait pu aller voir ailleurs mais il est toujours là. Maintenant, je ne peux que subir les conséquences. »

Qu’en pense la loi ?

Les articles 1,2 et 3 de la constitution malienne posent le principe de l’égalité des hommes et des femmes en droits et en libertés. Le code pénal malien ne condamne pas non plus cette pratique car il n’existe pas de base légale au niveau national pour lutter contre le phénomène de l’excision. Quant au code de la famille,une polémique qui régnait sur la toile bamakoise par rapport au projet de loi interdisant la pratique de l’excision en 2017 n’a pas été voté.

Boucary Maiga, étudiant à la faculté des sciences juridiques et politiques de Bamako s’exprime : « certes la loi ne mentionne pas l’interdiction de cette pratique, la tradition également ; notre moi intérieur doit nous forcer à arrêter d’exciser les filles. Car c’est une pratique qui ne peut qu’avoir des conséquences néfastes et non des bienfaits selon moi. j’encourage ceux et celles qui se cachent à stopper ces choses. »

Fatoumata, une fille de 16 ans et sœur de Sita témoigne : « Je me suis enfuie de chez mes parents car ils voulaient m’exciser moi aussi. j’ai fuis car je sais combien ma grande sœur souffre à cause de leur acte posée. Ils ne savent pas jusque là où je suis. Et c’est mieux ainsi. »

Selon la religion

Aucune des différentes religions révélées au Mali c’est à dire la religion musulmane et chrétienne n’a su s’affirmer sur ce point. Cette pratique était déjà faite avant l’apparition du christianisme et de l’islam Elles ne condamnent ni ne favorisent l’excision. Mais ne la recommandent pas en raison de la nuisance qu’elle cause à la femme.

Force est de constater que la pratique de l’excision continue malgré les luttes entamées contre. Vu que certains continuent toujours à faire cette pratique, pourrait-on espérer à un changement ?

Fanta Mariko
Bamako, le 17 Mai 2019
@Afribone

 

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