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L’insécurité mettra-t-elle en péril la fonction des hommes de médias

En tout temps à la cherche de l’information, les journalistes sont les plus exposés dans les zones à tension. Pour cause : des intimidations, des agressions physiques, des rapts...Derniers en date, celui du journaliste Idrissa Tamboura, toujours porté disparu. Tous ses maux qui mettent en péril leurs activités professionnelles. « Nous avons fui de la région de Mopti suite aux menaces de mort provenant des Djihadistes » attestent des journalistes qui ont regagnés Bamako.

L’insécurité sera-t-elle à mesure de mettre en péril le métier du journalisme ?

Idrissa Dicko Directeur de publication du journal Vivanews affirme que « le journaliste est un acteur essentiel du jeu démocratie et sociétal. Il doit être protégé en tout temps même dans les zones à tensions par les protagonistes. Malheureusement les journalistes de la région du centre Mali sont en train de subir toutes sortes d’exactions dues à l’insécurité ».

Certains journalistes de la région de Mopti, à l’anonymat pour des mesures sécuritaire de leurs familles, affirment que l’insécurité dans la région de Mopti a pris une dimension inquiétante. Des séquestrations, des tortures, et même des menaces de mort sont le lot quotidien de la population. Les journalistes ne font pas exception à ce drame. Ils sont indexés à cause de leur appartenance à une communauté ou de leur fonction journaliste. « Nous sommes une dizaine à abandonner ce métier. Nous avons regagnés Bamako et d’autres sont parti ailleurs » dixit ces journalistes approchés pour la circonstance.

Mamadou Talata Maiga administrateur de la Maison de la Presse estime que la sécurité du journaliste même en temps normal est une affaire de tout le monde à commencer par le journaliste lui-même. Il doit prendre des dispositions afin de préserver sa sécurité physique et psychique ainsi que celle de sa famille. Les conditions d’exercice de métier sont extrêmement difficiles car la sécurité est pernicieuse dans ces zones.

Faut-il céder ?

Talata dira que « les injures, les intimidations, les chantages, les séquestrations qu’ils reçoivent sont vraiment des éléments de nature à les empêcher de travailler en toutes tranquillités ». L’esprit de collégialité doit être conjugué. « Chaque journaliste doit développer une certaine résilience et de rester professionnel. Le journaliste doit être informé et formé des dispositifs comportementaux à prendre lorsqu’il se trouve dans les foyers de tensions, les autorités doivent prendre des dispositifs afin de sécuriser la population de façon générale et des journalistes spécifiquement » ajoute Talata.

Entre le doute et le pessimisme, le Mali est-il à mesure d’avoir des journalistes de guerre ?

Idrissa Dicko, directeur de publication du journal « vivanews » affirme qu’il n’est pas sûr car les journalistes maliens ne sont pas dans la logique de se spécialiser malgré la présence du besoin.

Selon Talata, au Mali, les journalistes touchent à tout, sans spécialisation car les rédactions sont squelettiques en termes de nombre. Il y a différent aspect de la vie à couvrir, avoir un desk de conflit n’est pas évident. Les journalistes gagnera en se spécialisant, d’aller au-delà du factuelle, afin de chercher les causes réelles des conflits. Il déploré le fait qu’en temps de conflit et de guerre, les vocabulaires utilisés sont empruntés des politiques et autres ce qui mettent souvent en porta faux avec l’une des parties. Les journalistes maliens ne sont pas dans cette dynamique de se spécialiser en reportage de guerre.

Il y’a eu différente formation et de sensibilisation organisés par la Maison de la presse et ses partenaires pour une meilleure. Comme des ateliers, des formations ou encore des dialogues entre forces de sécurité et les journalistes.

Ceci, pour que chacun puisse savoir comment fonctionne l’autre. Ces formations visent à mieux outiller les journalistes des comportements à prendre lorsqu’il est appelé à exercer le métier dans les zones à tensions. L’occasion était propice pour lui de déplorer l’abandon de ce métier par ceux qui bénéficient ses compétences.

Bissidi Simpara

Bamako le 02 Janvier 2019

©AFRIBONE

 

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