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La nouvelle monnaie Eco déjà confrontée à un obstacle.

Tout le monde en parle, la question du Franc CFA alimente les débats : utopie, contrevérités sont les mots qui composent les discours des uns et des autres. Des panafricanistes, aux experts de l’économie, les avis sont loin de faire l’unanimité. A quelques mois de l’entrée en vigueur de l’ECO, monnaie unique, le Président ivoirien Alassane Ouattara a largement défendu le Franc CFA, exhortant ses homologues de la CEDEAO, d’éviter une rupture brutale avec le Franc CFA. Comment comprendre la volteface d’Alassane Ouattara, Monsieur BOCOUM Amidou Djéri, expert en économie et directeur de l’antenne nationale de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) nous en dit plus.

Si certains dirigeants ont la volonté de quitter la zone Franc, ce n’est pas le cas pour le président ivoirien Alassane Ouattara qui approuve encore sa volonté d’y rester et de collaborer avec la zone Franc. En effet, il considère le Franc CFA comme une monnaie « solide et stabilisante ». Un argumentaire que les panafricanistes et la large majorité de la population refusent d’entendre. C’est le cas de l’activiste franco-béninois Kèmi Séba, président de l’ONG « Urgences Panafricanistes » qui soutient l’adoption d’une nouvelle monnaie pour l’Afrique de l’Ouest. Rappelons, qu’il avait brûlé un billet de 5 000 F CFA lors d’un rassemblement à Dakar le 19 août dernier ; il est même pressé de voir cette monnaie mise en circulation. Bien d’autres panafricanistes affirment de façon laconique « qu’Alassane Ouattara a le même âge que le franc CFA » ce qui expliquerait d’après eux son attachement à cette monnaie.

Du côté de certains analystes en économie tout est claire, l’attitude du Président ivoirien ne surprend personne : « M. Ouattara est vu comme un ardent défenseur du Franc CFA, il ne défend que ses intérêts personnels ». Certes, le Franc CFA nous a permis d’être à l’abri de certaines fluctuations que connaissent le Naira, la Cédi. Du moins elle a aussi impacté les économies africaines. Grand nombre d’entre eux estiment que le fait de se maintenir dans la zone franc, c’est déjà un signe de faiblesse. Car tout pays ou chaque zone monétaire doit pouvoir gérer sa propre monnaie.

C’est d’ailleurs, ce que pense M. BOCOUM Amidou Djéri, directeur de l’antenne nationale de la BRVM ; contrairement au Président ivoirien Alassane Ouattara, il estime que le débat sur le Franc CFA est « loin d’être faux ». Si les voix se lèvent contre cette monnaie c’est parce qu’il y a un problème. Il nous revient donc de se poser des questions pratiques, sur notre désir de ne plus vouloir du Franc CFA : qu’est-ce qu’on propose ? Et qu’avons-nous produit ? Est-ce que nous sommes assez outillés pour gérer notre propre monnaie ? « On ne peut parler de la gestion d’une monnaie, sans mettre l’accent sur la création de la valeur ajoutée, nous devons d’abord avoir des économies fortes avant de vouloir un changement. » précise-t-il.

Selon lui, nos économies ne sont pas performantes, nous devons d’abord travailler à la performance de ces économies. Car, « si aujourd’hui les gens se rebellent, ce n’est pas de gaieté de cœur que nous utilisons une monnaie qui est garantie par le trésor français. Il y a lieu de se demander : quel rôle véritable jouent nos pays ? »

En effet, pour M. BOCOUM la gestion d’une monnaie, se prépare : « elle exige une certaine discipline, c’est un travail de longue haleine, car on ne gère pas une monnaie comme son portefeuille ; Il faut de la technicité et de la rigueur »

Notons, que l’idée d’une monnaie unique ne date pas d’aujourd’hui, la nouvelle monnaie Eco est un vieux projet : elle est en gestation depuis 1983. Cependant, il peine à être concrétisé, à cause de nombreuses divergences de points de vue. Aujourd’hui, combien de pays de la zone UEMOA sont-ils capables de quitter le Franc CFA ? Le Nigéria par exemple : est-il prêt à avancer dans cette dynamique ? Tant de questions qui risquent de rester sans réponses ; d’autant plus que cette monnaie sera encore garantie par le trésor français, on peut donc comprendre que l’Eco est loin d’être la bienvenue.

A la question de savoir si les banques sont prêtes à accueillir la nouvelle monnaie Eco, M. Bocoum répond que : « le changement d’une monnaie ne relève pas des banques, elles ne peuvent que donner un avis technique. Leur travail se limite à la gestion des espèces, la décision de quitter ou pas revient aux politiciens. »

Par ailleurs, il n’a pas manqué de louer les bienfaits d’une monnaie unique : « elle facilite les échanges des biens et des capitaux ». A l’instar de l’Euro, où les échanges sont facilités, les gens font des transactions facilement, mais cette réussite n’est rien d’autre que le résultat d’un travail sérieux. Pour ce faire, il exhorte les économies africaines à produire plus, pour rêver d’une monnaie unique stabilisante et efficace qui ne sera pas garantie par le trésor français ou influencée par un quelconque système.

Darcia, Stagiaire
Bamako, le 22 Juillet 2019
©AFRIBONE

 

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