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Le 31 décembre : « A l’époque… »

La Saint-Sylvestre prend l’allure d’une fête nationale à tous les coups au Mali. Il ne suffirait qu’il soit chômé pour confirmer ces dits. Jeunes femmes ou hommes, enfants ou 3e âge, tout le monde est censé se mettre sur « son 31 » pour accueillir la nouvelle année en grande pompe. Il est incontestablement le jour préféré des jeunes. Le 31 décembre est une date qui marque la fin d’une nouvelle année ; pour certains, un nouveau départ avec des résolutions personnelles.

Il est fêté le soir, dès 21h jusqu’à l’aube pour la plupart des familles. Mais dès l’après-midi, les humeurs sont déjà à la fête et les préparatifs sont déjà de mise pour faire de cette soirée, celle de tous les désirs mondains.

Les jeunes préfèrent, en ce jour, passer le réveillon dans une ambiance très feutrée. Toutefois, force est de reconnaître que les donnes ont changé et que le réveillon, comme fêté de nos jours, est très différent de celui de la vieille époque.

Témoignages…

Abdoulaye Koné, 54ans, Douanier à Sikasso : « La façon dont la jeune génération fête le 31 décembre est très différent de ce que nous faisions d’antan. Ils sont presque tous dans leur coin entre « amoureux ». Nous on ne considérait pas la fête du 31 décembre comme celle de la Saint-valentin. Et aujourd’hui, on dirait qu’il y a ce petit amalgame entre les deux. Ce n’est pas une fête avec son amoureuse mais avec sa famille ! »

Fatim Diarra, 46ans, ménagère
 : « Je me rappelle qu’on se retrouvait tous dans un même endroit à partir de 20h environ. Les femmes cuisinaient avec certains hommes de bonne foi qui aimaient grignoter nos plats à tout va. Tout en se trémoussant sur de la bonne musique de l’époque : du Kassav, du Michaël Jackson, du Cindy Lauper, du « moutchacha », du James bond… C’était vraiment l’époque où les soucis étaient autre que l’argent ou d’autres futilités matérielles dont les jeunes d’aujourd’hui se préoccupent beaucoup. Nous on était simple et on s’amusait très bien »

Paul Traoré, 40 ans, Chef d’entreprise
 : « Je suis issu d’une famille chrétienne, nous nos traditions ne changent pas beaucoup car ils sont toujours en rapport avec la sainteté de cette journée. C’est la célébration de la Saint-Sylvestre qui tient son origine depuis l’époque romaine. Nous de notre côté, on se réunit en famille dans la journée pour se souhaiter une bonne année et faire une rétrospection de l’année en cours d’expiration. Ensuite, direction l’église le soir, pour se retrouver entre amis et famille en se faisant des vœux et en chantant en chœur avec la chorale. Après minuit, ce qui nous différencie des jeunes d’aujourd’hui, c’est qu’on fêtait ensemble, pas séparément ! »

Mariam Traoré, 66 ans, retraitée, : « L’ambiance a considérablement chuté, par rapport à notre époque. C’était clairement une fête nationale. Personne n’avait le souci de l’argent, de la cherté de la vie, du genre de voiture qu’on va emprunter…etc. La simplicité était notre particularité. C’est cela la grande différence entre nous et les jeunes d’aujourd’hui. Tout le monde compte s’habiller avec des habits de luxe qui coûtent à beau de nier ; se déplacer avec des voitures louées ou appartenant aux parents, juste pour frimer et amuser la galerie. C’est dommage que vous n’ayez pas vécu notre époque où le souci était : se saper, manger, rire et jeter des pétards à tout bout de champ… »

Sidiki Keïta, 52 ans, commerçant
 : « Les feux d’artifices à l’époque, à minuit, étaient la chose la plus attendue de toute. Et cela se faisait en grande pompe. Les pétards, on les jetait à tout va et ça ne coûtaient pas aussi chers qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est une époque de cherté, de problèmes socio-économiques monstres, de maladie etc… »

Aïssata Keïta

Bamako le 02 Janvier 2019

©AFRIBONE

 

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