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Le Mali a besoin de se confesser pour pouvoir repartir : 3e partie

RESTAURONS LA CONFIANCE

Le Mali des présidents Modibo Keïta, Alpha O. Konaré, Amadou T. Touré, Dioncounda Traoré et de Ibrahim B. Keïta est affaibli aujourd’hui au Nord, il est méconnaissable au centre et le sud est bien chancelant. 

Un accord pour la paix a été signé pour trouver une solution à la crise du nord, un accord qui ne fait pas l’unanimité. Certes un accord n’a jamais été parfait, mais un accord doit circonscrire le problème et ne doit pas créer des difficultés plus graves. Celui du Mali divise plus qu’il ne réconcilie. Les Maliens ont besoin présentement de certitude et de quiétude. Les Maliens ont un besoin ardent de se faire confiance.

Nous avons été trop divisés. Chaque régime a fait des privilégiés mais aussi des mécontents. Et à chaque fois la situation s’aggrave, le jeu se complique. Nous devons nous arrêter pour nous parler, nous comprendre et nous mettre ensemble pour avancer. Faire du Mali la patrie à nous tous et à tout moment, régime favorable ou pas. Et honorer les Maliens méritants. 

Les Maliens veulent la paix, ils ne veulent pas d’une paix faite pour eux, ils veulent façonner cette fois leur paix pour qu’elle devienne une paix encrée, durable et bien partagée.

Cela ne peut être possible sans un leadership avéré du premier des Maliens. Il doit avoir une stratégie qui rassemble, qui assure et qui fait rêver. Il doit se donner réellement au Mali et avoir l’ambition de devenir immortel, de rester à jamais dans l’esprit collectif des Maliens et même des Africains. 

Le Mali a un peuple très fier, passionné mais tolérant. Le Malien aime et aime être aimé, il est communautaire de nature et aime qu’on lui parle, à défaut de cela, il se cramponne et se révolte. Celui qui dirige aujourd’hui doit à partir de notre caractère savoir proposer un programme pour apaiser, puis consolider et enfin organiser.

Pour cela il doit aujourd’hui, avec son équipe, s’installer dans chacune des capitales régionales, prendre le temps nécessaire pour rencontrer tous les grands chefs coutumiers, accompagnés des religieux qui comptent dans ces agglomérations, circonscription par circonscription, les écouter, faire des propositions, les responsabiliser et les mettre en mission.

Après ce tour, il va mettre des visages et va se rapprocher de beaucoup, ce qui va énormément faciliter le dialogue et apaiser les négociations. 

Au nord, les problèmes de sécurité et d’appartenance à la nation seront prônés. 
Au centre du pays, les priorités seront sur la sécurité, la cohésion et le développement.
Au sud, l’accent sera mis sur le développement, l’émigration et sur la gestion de la diaspora. 

Dans une deuxième phase, le président va organiser les concertations nationales à Bamako ; lors de ces assises, les Maliens viendront apaiser pour se parler, et vont chercher les meilleures stratégies pour améliorer l’avenir de leur pays, de leurs enfants.

CRÉONS ENFIN UN ETAT A NOTRE MESURE

Les Maliens se sont assez querellés depuis 1960, peut-être même avant. Le PSP contre l’US-RDA, l’US-RDA contre CMLN, CMLN contre UDPM, UDPM contre US-RDA, UDPM contre CTSP, CTSP militaire contre CTSP civil, les fronts des clans des pères de la démocratie. 

Nous nous sommes combattus, nous nous sommes tués, nous nous sommes anéantis, aujourd’hui, d’autres ennemis plus farouches nous encerclent. Nous sommes si affaiblis, si vulnérables, si divisés que chacun individuellement ne peut plus se sortir de ce pas. Nous perdons nos territoires, nous perdons nos biens, nous perdons notre cohésion, nous perdons notre dignité. 

Chaque régime a essayé de faire de son mieux, mais aussi a fait d’énormes travers, pourtant personne n’a jusqu’à présent fait son mea culpa. Chacun a aimé le Mali de sa façon, chacun l’a prouvé, mais personne n’a eu le patriotisme idéal. Le patriotisme idéal ??? C’est cette femme qui aime son mari, mais aussi le pousse à réussir, contrairement à cette autre qui aime son homme, mais s’arrête juste à cela.

Nous sommes arrivés au point où il faut décider d’évoluer ensemble en étant mieux organisé et renforcé, ou décider de nous arrêter à nos habitudes qui, comme d’habitude, vont continuer de nous amener inexorablement à notre perte.

Prétendre diriger le Mali du 21ème siècle, c’est connaitre et aller à la rencontre de ce peuple, de ces cultures diverses, mais qui se retrouvent dans l’histoire à travers des passerelles, qui ont permis des cohabitations, des compromis pour arriver à créer une grande civilisation et à bâtir de grands empires. Diriger le Mali du 21ème siècle, c’est se parer de tous ces atours pour aborder ce monde moderne, ouvert, influençant. 

Aujourd’hui, un Etat doit tenir, mais aucun n’Etat ne peut tenir avec les pensées et les instruments d’un autre, fût-il son mentor. Chaque pays doit s’inventer une organisation politique pour pouvoir marquer son originalité, pour équilibrer sa société, pour maintenir sa cohésion. 

L’Allemagne, après la deuxième guerre mondiale, s’est inventé un régime politique basé sur la représentativité, pour ne plus laisser le pouvoir entre les mains d’un seul homme. L’Iran a su créer un régime, où un pouvoir modèle occidental s’harmonise avec le pouvoir des mollahs. La France en 1958 a inventé le régime semi-présidentiel ou un monarque républicain dirige sous l’œil vigilant de l’Assemblée nationale. La Chine, à partir du communiste, s’est retrouvée avec un système ou le parti unique gère en acceptant une lutte farouche de tendance en son sein. 

Chaque modèle a ses faiblesses, mais chaque modèle est la trouvaille de son peuple, d’un peuple qui l’a façonné en tenant compte de ses réalités, sans abandonner la généralité. C’est cela qui fait leur force.

Le Mali doit aujourd’hui se regarder en face, et décider de trouver l’instrument le mieux adapté à sa gestion, qui serait capable de l’organiser et de le consolider. Un grand pays doit assumer sa grandeur et protéger sa force. Pour cela, aucun élément ne doit être négligé, aucun individu ne doit être oublié. Chacun doit penser être auteur, chacun doit se sentir acteur.

La constitution n’est pas juste une rédaction, c’est surtout la recherche des équilibres sociaux, dans le but de trouver pour une entité nationale une organisation politique acceptable.

Moussa Sey Diallo
Conseiller communal en Commune I
Ancien secrétaire à la communication de l’Assemblée nationale

Le Soleil Hebdo du 21 Février 2019

 

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