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Le Mali a t-il le droit de célébrer la francophonie ?

« Savoir parler le français, Ce n’est pas si mauvais. C’est même très amusant, Pour la plupart des gens. Il faut le savoir, Même quand il fait noir, Et la ville est endormie, Les rêves du français, appartiennent aux petits. Il faut le parler, et l’aimer, Durant toute l’année ». Toute l’année, un privilège dont les élèves et étudiants maliens sont loin de jouir durant cette année scolaire 2018-2019. Voici une poésie signée Laura Betcherman, qui met en exergue la beauté de la langue de Molière, dont la célébration a débuté depuis le 18 Mars. C’est donc parti pour une semaine de la Francophonie dans un pays où l’étude de la langue est mise en veille, depuis plus de 4 mois pour certains, et près d’un mois pour d’autres.

Le Mali a t-il le droit de célébrer cette semaine de la francophonie ? Négation. Si en France, la semaine de la langue française et de la Francophonie a été officiellement lancée, depuis le lundi 18 mars, par le ministre de la Culture Franck Riester ; avec l’organisation de près de 1 500 événements en France et à l’étranger jusqu’au 24 mars ; au Mali, on se demande encore si les élèves n’auront pas droit à une année blanche. Celle-ci qui verra détruire les rêves de ceux ou celles qui pensent cette année à sauter l’étape du secondaire au lycée ; ou du lycée à l’université.

Victor Hugo disait dans son poème, “ Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne “ : “ Quatre vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne, Ne sont jamais allés à l’école une fois, Et ne savent pas lire, et signent d’une croix.” Est-ce donc l’avenir que nous voulons pour nos enfants ? Il poursuit : “ L’école est sanctuaire autant que la chapelle. L’alphabet que l’enfant avec son doigt épelle, Contient sous chaque lettre une vertu ; le cœur, S’éclaire doucement à cette humble lueur. Donc au petit enfant donnez le petit livre”. Mettre en veille l’école malienne, est-ce une solution pour satisfaire les doléances des enseignants ? Au risque de priver les petits enfants, la lecture de petit livre qui a son tour leur promet un grand esprit ?

La société civile n’est pas restée muette devant cette situation, pour avoir organisé devant le ministère de l’éducation, un sit-in de protestation contre cet interminable arrêt des cours auquel font face les élèves et étudiants. On pouvait voir sur des ardoises : “ SITAUP GRAIVE “ ( Stop grève ). Comme pour ironiser l’interruption des cours entraînant la non-maîtrise de la langue française. Jeudi 14 mars dans la matinée, ce sont les femmes de Kati qui ont aussi haussé le ton. Une marche pacifique a mobilisé plusieurs centaines de personnes dans les rues, pour « une solution à la crise de l’école ». C’est donc une situation à l’issue plus que troublante. Où va t-on ?

Aïssata Keïta
Bamako, le 20 Mars 2019
©AFRIBONE

 

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