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Le calvaire des cheminots continue : En plus de l’arrêt du train, les travailleurs sont à 8 mois sans salaire

Le dimanche 15 septembre 2019, les cheminots Maliens et Sénégalais ont animé une conférence de presse sous forme d’Assemblée générale pour inviter les autorités maliennes et sénégalaises à œuvrer pour la reprise du trafic ferroviaire Bamako-Dakar dans un plus bref délai. Il ressort de cette assemblée générale que les travailleurs du chemin de fer au Mali sont à 8 mois sans salaire, une incidence financière de plus d’un milliard de FCFA.

Cette rencontre a enregistré la présence de Mahamane Thienta, secrétaire général du Sytrail (syndicat des travailleurs du rail), de Moussa Keïta, secrétaire général du syndicat libre des travailleurs du rail (SYLTRAIL). Une importante délégation des cheminots Sénégalais venue de Dakar a également pris part à la rencontre. Ladite délégation venue spécialement pour essayer de trouver une solution à la reprise du chemin de fer Bamako-Dakar était conduite par Mambaye Tounkara, secrétaire général SUTRAIL accompagné par Lamine Fall, secrétaire général du FETRAIL, Mahanta SARR, secrétaire général SATRAIL et par Seydou Ba Diagne, cheminot Sénégalais.

Prenant la parole, Mahamane Thienta, secrétaire général du Sytrail (syndicat des travailleurs du rail) a remercié ses camarades venus du Sénégal. Avant de signaler qu’avec l’arrêt du trafic ferroviaire, c’est la vie de plus de 1000 personnes qui est en jeu. Il a fait savoir que les travailleurs du chemin de fer au Mali sont à 8 mois sans salaire. Selon les cheminots, l’incidence financière de ces 8 mois de salaire s’élève à 1 milliard 800 millions de FCFA.

Pour sa part, Moussa Keita du SYLTRAIL a invité ses collègues à batailler pour que le politique ne retarde pas avec la relance du chemin de fer. « S’il y avait le train, il n’allait pas avoir d’insurrection de la population de Kayes contre le mauvais état de la route. La route est le complément du train », a-t-il dit.

Après avoir mis l’accent sur la situation difficile que traverse le chemin de fer malien, Mambaye Tounkara, secrétaire général SUTRAIL (Sénégal) a dit qu’ils sont solidaires avec leurs collègues maliens. « On n’avait jamais imaginé que le train pouvait faire trois ans sans redémarrer…l’heure du réveil a sonné. Nous allons revenir à Bamako pour rencontrer les autorités afin que le trafic puisse reprendre », a-t-il précisé. Selon lui, les deux pays (Sénégal et le Mali) doivent redoubler d’efforts pour la reprise du trafic ferroviaire Bamako-Dakar.

Puis, il a lu une déclaration commune des travailleurs de Dakar -Bamako-ferroviaire du Mali et du Sénégal. « L’intersyndicale des travailleurs de Dakar Bamako Ferroviaire formée par les syndicats SUTRAIL-SATRAIL-FETRAIL (Sénégal) et SYTRAIL-SYLTRAIL (Mali) a rencontré le samedi 14 Septembre 2019 à Bamako l’Administrateur Général de Dakar Bamako Ferroviaire pour échanger sur la situation actuelle de leur entreprise. L’Intersyndicale rappelle que c’est dans un élan unitaire qu’elle avait salué la décision historique prise par nos deux Chefs d’Etat de nommer un nouvel Administrateur Général de l’Organe de Gestion de la Transition en la personne de Kibily TOURE en vue de réorienter et d’accélérer le processus de mise en œuvre du nouveau schéma institutionnel », indique la déclaration lue par Mambaye Tounkara. Au sortir de cette rencontre avec l’Administrateur Général de Dakar Bamako Ferroviaire, l’Intersyndicale considère que le débat sur le nouveau schéma institutionnel (l’option politique d’évoluer à la relance du chemin de fer entre Dakar et Bamako) qui continue de perdurer est un sérieux frein à la relance de l’activité ferroviaire sur le corridor Dakar-Bamako.

L’Intersyndicale regrette que cette situation qui pollue énormément l’environnement politique et sociale dans les deux pays installe les travailleurs de Dakar Bamako Ferroviaire dans une inquiétude et un désarroi sur leur sort par rapport à la gestion du passif et de l’actif de la société.

Il en est ainsi, ajoute la déclaration, des populations riveraines et plus particulièrement celles de la région de Kayes dont l’arrêt total des circulations ferroviaires a sérieusement impacté leur vie économique et sociale. C’est la raison pour laquelle l’Intersyndicale a interpellé solennellement les autorités du Sénégal et du Mali pour une application sans délai du schéma institutionnel conformément à leurs engagements.

Selon la déclaration, l’Administrateur Général s’engage à renoncer à la contribution des 20 milliards des deux Etats tout en leur demandant le respect de la paye des salaires des travailleurs. « L’Intersyndicale se félicite par ailleurs des mesures d’anticipation prises par le nouvel Administrateur dans l’acquisition de moyens logistiques et la réalisation de travaux de voie indispensables à la reprise des activités.

L’Intersyndicale convient les autorités de la République du Mali à résorber le gap de salaires dus aux travailleurs et à prendre toutes les mesures adéquates pour assurer le paiement régulier des travailleurs de Dakar Bamako Ferroviaire au Mali », révèle la déclaration dite de Bamako lue par Mambaye Tounkara.

Tous les autres intervenants dont Mamedy Dramé du Mali aussi bien que Mahanta SARR et Seydou Ba Diagne du Sénégal ont souhaité l’union des travailleurs du chemin de fer du Mali. « Nous devons aller vers l’unité. Ce que nous voulons de l’administrateur général aujourd’hui, c’est de relancer l’activité ferroviaire », a dit Seydou Ba Diagne, cheminot Sénégalais.

Aguibou Sogodogo

Le Républicain du 19 Septembre 2019

 

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