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Le ministre de la défense Ibrahim Dahirou face aux députés : « La Lopm a permis de...

Le ministre de la défense Ibrahim Dahirou face aux députés : « La Lopm a permis de renforcer la capacité opérationnelle des FAMa »

C’est par ces mots, entre autres, que le ministre de la Défense Ibrahim Dahirou Dembélé a affronté l’épreuve de l’interpellation des élus de la Nation le 21 novembre dernier, pour apporter des réponses sur la situation sécuritaire devenue plus préoccupante depuis les attaques de Mondoro, Boulkessy, Indelimane et de Tabankort ou plus d’une centaine de militaires ont trouvé la mort en deux mois.

On s’attendait donc à un débat houleux après qu’un premier rendez-vous a été ajourné. Et au terme de l’exercice, on peut dire que le débat aura tenu toutes ses promesses. Et pour cause, le ministre de la Défense, appuyé par celui de la Sécurité et de la Protection civile, ont reçu une kyrielle de questions de la part du député de la commune IV, préoccupé par les solutions et moyens préconisés par le Gouvernement pour venir à bout de l’insécurité, du statut particulier de Kidal et le lien entre le Mali et la France. Il a directement chargé le gouvernement qu’il invite à revoir sa copie avec la France éternelle. L’élu de la commune IV juge le mode d’intervention de cette derrière sélectif et inopportun. En effet, selon Moussa Diarra, « cinq ans après la signature du traité de coopération avec la France, l’insécurité au Mali, marquée par des crimes de guerre et de tentatives de démembrement du pays, ne fait que se perpétuer ». Avec la défaillance sécuritaire qui reste sans commune mesure, le député a également demandé au ministre de la Défense de faire l’évaluation de la Loi de programmation militaire ayant affecté 25% du budget national aux secteurs de la défense et de la sécurité. Il a enfin demandé au ministre Ibrahim Dahirou Dembélé ce qu’il sait des bases de Gossi et Téssalit et pourquoi une coopération avec la Russie, alors que le Mali est déjà lié à la France. Dans la même veine, la curiosité du député a porté sur la différence entre une coopération militaire et un accord de défense, et ce que le Mali a réellement conclu avec la France. Pour des observateurs, avec cet accord, le Mali sous-traite sa sécurité. « Jugé comme une force occupante, le départ de la France est fortement réclamé par la rue qui réclame par la même occasion une intervention Russe au Mali », souligne le député Diarra. Toujours selon lui, « 90000 FCFA sont retenus sur les salaires des militaires au front. Des militaires décédés ou déjà à la retraite continuent d’être payés ».

En réponse, le ministre de Défense dira qu’il vient de faire presque le tour du front pour s’enquérir des conditions de ses hommes sur le terrain. De Gao à Bourem, en passant par Ménaka jusqu’à Ansogo, « les hommes sur le terrain ne m’ont jamais parlé de cas de salaire ». Le ministre de la Défense, à cet effet, a invité les députés maliens, à l’instar des députés européens, à se rendre sur le terrain pour s’entretenir avec les militaires engagés sur le front. Cela va non seulement réconforter le moral des hommes, mais également permettre aux élus d’avoir toutes les informations les concernant.

Pour assurer de la bonne utilisation des 25% du budget alloués à la défense et la sécurité du pays, le ministre de Défense a précisé que « la mise en œuvre de la Loi d’orientation et de programmation militaire a permis d’améliorer les conditions des soldats sur le terrain et de renforcer la capacité opérationnelle des FAMa. Chaque section et compagnie a sa dotation en armement et en véhicule sur le terrain. Ce qui n’était le cas auparavant, a-t-il expliqué, prenant l’exemple de son passage à Taoudenit, où il n’avait un seul véhicule. Et de se réjouir du fait que les militaires engagés sur le front soient pris en charge en intégralité par l’Etat. Le ministre de la Défense a également invité les députés à ne pas se focaliser sur la manne allouée à l’armée à travers cette loi. Et pour cause, dans ce budget, est inclut aussi les salaires des FAMa. « C’est vrai que la Lopm a servi à grand-chose. Mais, il faut plus d’effort. Car, une armée en reconstruction comme la nôtre a besoin de plus que ce qui a été voté », estimé le général Dembélé.

Après avoir rendu un hommage appuyé aux forces étrangères engagées aux côtés du Mali pour le retour de la paix et de la sécurité, il a laissé entendre que « ces braves hommes et femmes méritent la reconnaissance et le soutien du peuple malien. » Et pour cause, c’est au prix de leur vie qu’ils mènent leur mission.

Le ministre Dembélé a par ailleurs précisé qu’une coopération militaire est différente d’un accord de défense. En effet, explique le général, le premier est technique, notamment dans le cadre de la formation et du renseignement. Quant à l’accord de défense, « c’est un texte intergouvernemental signé pour sous-traiter sa défense en cas d’attaque ». Le Mali, a-t-il martelé avec insistance, n’a pas sous-traité sa sécurité. Autrement dit, il n’est pas lié à la France par un accord de défense. A l’endroit de ceux qui attendent une intervention pour venir aux secours des FAMa, il les invite à se détromper. Et d’informer Moussa Diarra que des forces internationales sont venues pour nous soutenir. « Une fois que le Mali sera en position de prendre en charge sa sécurité, nous allons demander à la France de rentrer. Pour le moment, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, grâce à Barkhane, les blessés des FAMa arrivent à être évacués à temps, a-t-il précisé, en se réjouissant de l’intervention in extremis de la France en 2013 à travers « Serval », sans laquelle la partition du Mali était dessinée.

L’esprit de la coopération avec la Russie ne vise aucunement à remettre en cause celle signée avec la France. Comme en diplomatie, il faut nouer amitié avec beaucoup de pays. A ce jour, a-t-il dévoilé, le Mali a signé des accords de coopération militaire avec le Burkina-Faso, l’Algérie, la France et la Russie. « Nous avons signé une coopération avec la Russie dans le cadre d’une assistance militaire pour renforcer notre capacité, comme dans le temps. Cependant, la Russie ne nous fera pas de cadeau, il faut toujours payer », a-t-il martelé. La preuve, ajoute le ministre, « nous avons un avion de combat non livré par la Russie, parce que nous n’avons payé que la moitié du montant demandé ».

Concernant les bases françaises installées à Gossi et Téssalit, le ministre de la Défense dira qu’elles sont temporaires. Pour écarter toute confusion, il ajouta qu’il ne s’agit pas en réalité des bases, mais juste un point stratégique pour empêcher la libre circulation des djihadistes.

Sur la question du statut très particulier de Kidal, le général Dahirou Dembélé dira qu’il faut qu’on se donne les moyens de mesurer dans la balance.

Bill Carson
La Preuve du 25 Novembre 2019

 

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