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Les épis de maïs et l’hivernage : le goûter ou l’en-cas qui ravit les papilles

Répandu presque dans tous les marchés de Bamako le maïs est l’une des céréales la plus consommée par les Maliens après le mil et le riz. Si on a l’habitude de le moudre pour la préparation de la bouillie, des beignets et du « tô », dans les ménages maliens, l’hivernage est la période par excellence pour la déguster autrement. Dans la rue, aux niveaux des intersections ou même dans les différents marchés de Bamako, l’épis de mais en mode braisé est très prisé en cette période d’hivernage.

Selon les chiffres donnés par Siriman Sakho, de la Chambre d’Agriculture au Mali interrogé par CommodAfrica, lors du Salon international de l’agriculture (SIA) à Paris : « le maïs représente 35% environ des 10 millions de tonnes (Mt) de production céréalière du pays. En 2019, on est à 3 650 000 t en maïs jaune et blanc, mais surtout du maïs jaune » ; ce qui expliquerait sa forte consommation au Mali en général et à Bamako en particulier.

Dans les marchés tout comme le long des avenues, se trouvent des vendeuses qui se consacrent non seulement à la vente du maïs mais aussi à sa cuisson.

Pendant l’hivernage, le maïs braisé est beaucoup consommé par les adultes et les enfants . C’est ce que témoigne Mme Mme Rose Dembélé une vendeuse de maïs : « En cette période, le maïs est beaucoup vendu, certains préfèrent acheter un tas de maïs crus pour les préparer en famille et d’autres les préfèrent cuits et chauds ; et parfois, je me sens débordée car les clients trépignent d’impatience ».

A noter que, malgré sa forte présence dans le marché, le coût élevé de cette céréale dans certains endroits de Bamako varie entre 100 à 200 FCFA l’unité, un tas composé en général de 5 à 6 épis de maïs est acquérable à partir de 700FCFA . Ce qui empêche les bamakois à mieux déguster le maïs ; si les vendeuses se réjouissent du bon marché et de leurs recettes, pour la clientèle lambda, « cette hausse du prix de maïs n’est pas appreciée ; cela ne m’arrange pas ! Moi qui souhaiterai en manger régulièrement », déclare Karim, un client.

Mais comment expliquer cette flambée des prix dans certains quartiers et marchés de Bamako ?

Tout pourrait s’expliquer par les dégâts causés par l’hivernage dans certaines localités où les pluies ont certes, été abondantes mais ont occasionné plusieurs pertes des céréales . La situation sécuritaire que connaît le pays est également à souligner ; les paysans fuyant les violences sont obligés d’abandonner leur village ainsi que leurs activités agricoles à la quête de la stabilité et de la sécurité. Ce qui réduit la main-d’œuvre agricole. Une opinion que partage M. Konaré, un paysan du centre du mali aujourd’hui résidant à Bamako : « A cause des violences au centre je me suis retrouvé à Bamako. J’étais contraint de laisser ma houe de cultivateur pour me lancer dans le commerce, je suis vendeur au marché de kalaban-coura. Et la vie à Bamako coûte très chère . Ce que je cultivais hier, je l’achète aujourd’hui » .

Reste à savoir si ce cri de cœur sera entendu par le gouvernement, qui s’est déjà engagé dans la lutte contre le terrorisme et le retour de la paix au nord et au centre du pays.

Darcia
Bamako, le 15 Aout 2019
©AFRIBONE

 

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