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Les produits MAYA : Un nouveau cri de cœur pour les produits locaux

C’est une évidence au Mali, la plupart des femmes sont devenues des working girls. Chacune crée son business ou occupe d’importants postes de responsabilités dans les entreprises de la place. Pour elles, la cuisine rapide est une aubaine. C’est partant de ce constat qu’une jeune entreprise malienne a su mettre en place des produits transformés et conservés en boîtes pour satisfaire sa clientèle de JFD ( jeunes femmes Dynamiques), la gent masculine amoureuse de la cuisine mais aussi pouvoir développer une philosophie nouvelle chez la femme rurale.

L’entreprise Maya est une société malienne qui produit des sauces, des marinades avec des saveurs locales succulentes ! Selon sa promotrice Seynabou Dieng Traoré, leur mission “consiste à offrir aux femmes africaines des produits sains, savoureux, faciles à utiliser afin qu’elles puissent gagner du temps en cuisine et pouvoir diversifier l’alimentation de toute la famille. Nos préparations sont toutes réalisées à base de recettes familiales dans le respect de nos traditions culinaires locales”.

De surcroît, ses produits sont tous issus de l’agriculture locale pour ; d’un côté diminuer les pertes des vendeuses au détail et d’un autre côté pour sauvegarder le côté 100% made in Mali. L’entreprise Maya est ambitieuse. Elle compte faire entendre sa voix dans toute l’Afrique, à commencer par le Burkina faso et le Sénégal où elle s’est déjà implantée. Des produits pas chers ( entre 750 à 1500 FCA) et surtout pratiques pour une clientèle de toute classe sociale qu’elle veut : satisfaite et surtout engagée pour “le consommer local”.

En Bonus ci-dessous, des analyses pertinentes de Seynabou dieng Traoré sur le domaine de l’entrepreneuriat au Mali. Interview.

Quel est l’élément déclencheur qui a favorisé la création des produits MAYA ?
J’ai passé une dizaine d’années à l’étranger et quand je suis rentrée au Mali en 2015, j’ai tout de suite été indignée de voir que la plupart des produits agroalimentaires industriels consommés au Mali sont importés. Il suffit d’aller dans nos marchés ou nos supermarchés pour le constater. Paradoxalement, en faisant mon marché les week-end je voyais certaines femmes jeter leurs légumes invendus à la fin de la journée. Faute de moyen de les conserver. J’y ai vu une opportunité dans la transformation des légumes en sauces et en purée. J’ai donc lancé Maya en fin 2016 de façon artisanale avec l’aide de ma cuisinière de l’époque, Maya et ma mère. Mon principal objectif était de valoriser la filière légumes au Mali et montrer aux gens qu’on peut faire de belles choses avec nos produits locaux.

Vos produits ont-ils provoqué de l’enthousiasme auprès de sa cible ?
Oui je dois dire que c’est aller très vite notamment grâce à mon entourage (amis, famille) mais aussi grâce à la force des réseaux sociaux. Au début nous faisions uniquement de la vente directe sur livraison et en 3 mois nous avions une base de donnée de plus de 80 clientes qu’on livrait à la maison ou au bureau. Avec le temps les produits ont été référencés dans plusieurs supermarchés de Bamako. Les clientes apprécient nos produits pour leur qualité. Le soin accordé à l’emballage mais également pour le gain de temps que nos produits permettent en cuisine.

Combien de gamme de produits détenez-vous aujourd’hui ? Présentez-les
Nous avons une large gamme : Les sauces ; purées : sauce piment gingembre, sauce tomate, sauce frite, sauce, cocktail, vinaigrette
Les marinades : la malienne, l’exotique, l’orientale, la provençale
Les chapelures de pain aromatisées
Les aides pâtissières : pâte à crêpe
Tous nos produits sont naturels, sans ajout de conservateurs, sans colorants, sans bouillons de cube.Notre vision étant de faire adopter les produits Maya à toutes les femmes urbaines,
Nous nous efforçons de rendre nos produits abordables. Ainsi nos prix varient entre 750 FCFA et 1500 FCFA.

Quelle est votre particularité ? Êtes-vous le seul produit aujourd’hui à proposer ses services au Mali ?
Nous avons pas mal de concurrence que ce soit de la part des produits étrangers ou de nouvelles sociétés qui osent désormais se lancer dans la transformation des sauces. Notre particularité reste la qualité de nos produits, la transparence de notre offre et la proximité client que j’entretiens moi- même avec mes clients. Maya c’est plus qu’un produit c’est une philosophie que je prends beaucoup de plaisir à partager avec mon équipe, mes clients et même les fournisseurs. C’est pour cette raison que j’ai ouvert l’Épicerie de Maya en juillet dernier. Il s’agit d’une vitrine des produits de transformation locaux, on y trouve les produits Maya mais aussi les autres produits tels que les céréales, les jus les épices et huiles locales, les cosmétiques etc. C’est aussi un lieu de partage où j’aime bien recevoir les gens, échanger avec eux et leur transmettre cette envie de consommer local et montrer que nous avons la possibilité de consommer différemment, de consommer responsable.

Quelles sont vos ambitions à court et long terme pour MAYA ?
A court terme nous souhaitons augmenter notre capacité de production et offrir des produits de qualité au plus grand nombre. Par ailleurs nous souhaiterons que les produits soient mieux représentés dans les pays de la sous-région notamment le Burkina où nous sommes déjà, le Sénégal et le Mali.

L’agro-industriel est le créneau d’avenir au niveau de l’entrepreneuriat malien de nos jours. C’est pourquoi vous avez opté pour ce domaine.? Que pensez vous de cette analyse ?
Je pense que l’agroalimentaire est un secteur porteur en effet car il est à cheval entre deux secteurs stratégiques à savoir l’agriculture et l’industrie. Ainsi, pour que l’agroalimentaire puisse bénéficier au mieux à notre pays, les entrepreneurs qui s’investissent dans ce secteur doivent faire travailler les chaînes de valeur agricole d’une part, et d’autre part avoir une vision ambitieuse et structurée de leur business et d’aller vers l’industrie car c’est ainsi qu’on pourra créer des emplois et contribuer fortement à l’économie locale.

Que pensez-vous de l’entreprenariat au Mali de nos jours ?
J’ai une analyse assez mitigée de l’entreprenariat au Mali. Depuis 2015 je vois beaucoup de choses se faire dans le domaine de l’entreprenariat et c’est très positif. De nos jours les jeunes savent que travailler dans un bureau n’est plus la seule option après l’université. Cependant, je dois avouer qu’une grande partie des initiatives entrepreneuriales restent très peu créatrices de valeur. En effet, beaucoup se lancent dans l’entrepreneuriat sans se demander si réellement ils vont à bout de cette logique de « destruction créatrice » propre à l’entreprenariat. Car pour entreprendre il faut arriver à changer les choses en apportant de l’innovation. Pour cela j’invite les jeunes à bien mûrir leurs projets et à investir dans la recherche et le développement. Par ailleurs, si l’innovation a aujourd’hui très peu de place dans l’entreprenariat au Mali c’est parce que beaucoup se contente de faire la même chose que le voisin sans apporter ce petit plus qui fait toute la différence. Enfin, je pense que pour entreprendre sur de le long terme il faut être connecté au marché et aux clients. Le client est plus important que le bailleur de fond et le banquier réunis. Beaucoup sont à la chasse au bailleur et au financement au point d’en oublier leur raison d’être : produire, offrir un service.

Aissata Keita

Bamako, le 21 Novembre 2018

©AFRIBONE

 

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