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Malaise à l’Assemblée nationale

Malaise à l’Assemblée nationale : Les députés partagés entre dissolution et élections partielles

Désormais sur la table après une certaine mission de la Cedeao, les députés de la 6e législature sont partagés entre l’organisation d’élections partielles dans les circonscriptions qui ont fait l’objet de contestation et la dissolution de l’Assemblée nationale.

En effet, en mission au Mali, du 18 au 20 juin, les émissaires de la Cedeao ont noté que l’Arrêt rendu par la Cour constitutionnelle dans le cadre du contentieux des dernières élections législatives est à la base de la crispation sociopolitique actuelle. Pour une sortie de crise, elle a, en conséquence, recommandé de reconsidérer les résultats de toutes les circonscriptions ayant fait l’objet de révision par l’Arrêt de la Cour constitutionnelle en organisant de nouvelles élections partielles pour les circonscriptions concernées. Et parmi ces localités figurent, entre autres, les circonscriptions électorales des communes I, V et VI du district de Bamako, de Bougouni, Sikasso, Kati. Mais, pour d’autres observateurs, il faut tout simplement dissoudre l’Assemblée nationale. C’est dans cette atmosphère qu’une plénière a été convoquée le jeudi 18 juin, au Cicb, afin de décider de la conduite à suivre. Les débats étaient à la fois houleux et contradictoires. D’aucuns soutenaient la dissolution, d’autres les élections partielles et certains ne voulaient ni l’un ni l’autre.

En effet, aux yeux de certains députés, notamment Hassan Sidibé du parti Yelema, la dissolution de l’Assemblée permet d’apporter une réponse à l’aspiration du peuple. Selon lui, le peuple pense que cette Assemblée n’est point représentative de lui, a-t-il laissé entendre, pour justifier la dissolution ». D’autres, notamment les membres du club des députés se réclamant du peuple créé dans la foulée sous la bannière du député élu à Kayes, Aliou Badra Diallo, rejettent toute idée de dissolution de la 6e législature. En lieu et place de la dissolution, ses membres proposent la création d’une commission des sages chargée de discuter avec leurs collègues et les candidats malheureux des circonscriptions faisant l’objet de vives contestations afin d’envisager des solutions de décrispation pouvant aller, si nécessaire, jusqu’à la reprise du scrutin dans les circonscriptions concernées. Car, disent-il, plus de 80% des députés ont été élus sans contestations.

Et le président, Moussa Timbiné, de tenter à sa manière d’écarter les deux hypothèses. Selon lui, ceux qui demandent d’organiser des élections partielles dans les circonscriptions où il y a eu des contestations électorales veulent mettre des députés dos à dos. « Il n’y a pas de députés bien ou mal élu », a-t-il martelé, avant de rappeler que, d’une manière ou d’une autre, il y a eu des contestations partout lors des deux tours des législatives. Sans rejeter officiellement la tenue des partielles, il explique quelques passages de la Constitution de 1992 « un député est élu pour cinq ans et il n’y a élection partielle que lorsqu’il y a un cas de décès ou de démission », explique-t-il.

Parlant des contestataires réunis dans la rue, il a laissé entendre qu’ils sont dans cette logique d’ébranler toute la République. Et qu’à la fin, le Mali sera complètement occupé par des djihadistes. « Beaucoup de ceux qui marchent sont avec les djihadistes », a-t-il déclaré. Comme quoi, il rejette à la fois les partielles et la dissolution de l’Assemblé nationale.

Le malaise au sein de l’hémicycle s’est surtout manifesté lors du vote de la résolution dont le point saillant consistait à réitérer le soutien des députés aux institutions de la République. Tenez-vous bien, contrairement aux votes précédents de la 6e législature, celui du 18 juin a enregistré plus de contres et d’abstentions.

Amidou KEITA
Le Témoin du 23 Juin 2020

 

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