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Mariage et VBG au Mali : quand le conte de fée se transforme en cauchemar

Le mariage est l’union de deux personnes qui s’aiment et qui entraîne la cohésion entre entre deux familles. Si de prime abord , ces deux personnes font le serment de se chérir dans le respect et la protection mutuelle, il est fréquent de nos jours de constater que cette idylle se transforme assez rapidement en cauchemar pour une grande majorités de femmes. Du haut de leur petit nuage, elles sombrent facilement dans les méandres de la violence. Une violence à l’égard des femmes et des filles, devenu un fléau mondial. Même si elle attire l’attention de la communauté, les réponses qui y sont souvent apportées paraissent toutefois inadéquates.

Au Mali au cours de ses dernières années il est de légion que beaucoup de femmes subissent des violences conjugales pouvant même découler sur des crimes. Passionnels ou prémédités, les délibérations de quelques rares cas traduits devant la justice, tendent à faire pencher la balance vers le premier verdict ; rendant du coup les peines des accusés « légères »

Même si des lois existent, elles sont appliquées faiblement voire faiblement. Leur mise en œuvre se heurte à la résidence de certaines pratiques coutumières discriminatoires pour les femmes et les filles au sein du foyer ou de la société, constituent ainsi une entrave à leur épanouissement.

Selon ONU Femme Afrique, en 2015, le Mali a enregistré 1468 cas déclarés. Des violences physiques, au déni de ressources, jusqu’aux violences psychologiques, les maliennes font face à plus de 20 types de violences régulières. En 2018, 9000 cas de violences ont été recensés selon une association qui lutte contre la violence faite aux femmes.Il est nécessaire de signaler que la majorité des cas passent inaperçus dans les sujets de discussion des citoyens lambda. Néanmoins, certains cas ont fait montre quant à la réelle urgence de prêter foi à la détresse et au cri d’alarme des différentes victimes de ce mal qui gangrène et sévit dans les foyers maliens.

Après les « cas » Mariam, Diallo, Maimouna Kamissa Sissoko, l’assassinat de Fanta Sékou Fofana par son fiancé,une jeune fille de 27 ans dans la nuit du 28 au 29 décembre 2017 a été médiatisé et à pousser beaucoup de maliens à se mobiliser pour la lutte contre les violences faites aux femmes.Des marches de soutien et des conférences de sensibilisation ont été organisées même à cet effet.
Des cas qui dénotent de plus d’une similarité, car si elles ont toutes les trois victimes des coups mortels portés par leurs conjoints, leur statut social n’est pas reste. Les organisations s’étaient mobilisées pour que justice soit faite suite au meurtre de Mme Mariam DIALLO, fille d’un ancien ministre, même mobilisation a été faite pour Maimouna Sissoko dite Kamissa, non moins feue épouse du neveu d’un ex président de la République. Fanta Sékou Fofana était standardiste à la présidence du Mali et non moins fille d’un conseiller spécial du président de la République. Si ce crime n’avait pas été commis dans les locaux du premier gouvernant, aurait-il suscité autant de tollé ? La question mérite réflexion.

« De de 2017 a nos jours le fléau prend de plus en plus d’ampleur et il est temps que le gouvernement malien prend en mesure l’application de la loi contre la violence conjugale. » a jugé un citoyen malien sous couvert d’anonymat.

« Il y a près de 4 ans (en 2015) , mon voisin battait tout le temps sa femme jour et nuit. C’était d’une manière constante.Un samedi vers 22 heures, il recommencé à battre sa femme et personne n’est malheureusement sortie. Il faut avouer que nous étions fatigués de supplier le Monsieur d’arrêter de battre sa femme et elle semblait supporter cela. Le lendemain matin j’ai constaté que leur porte n’était pas ouverte et il y avait personne dans leur cour et je me suis dit que peut être que la dame était ENFIN retournée chez ses parents. Aux alentours de 14 heures, j’ai vu mon voisin qui semblait très nerveux et je me suis rapproché en lui demandant ce qui n’allait pas mais il m’a rassuré par sourire bienveillant. Je décidai de rentrer mais son état ne me convaincs pas . Alors après quelques heures j’ai appelé la police. Vingt minutes après leur arrivée, mon voisin a essayé de de s’enfuir, car les policiers avaient découvert sa femme gisant dans une mare de sang.Jusqu’à présent je n’ai eu aucune suite concernant l’affaire et j’ai pas non plus entendu les médias en parler. » dixit Mamadou Dembélé habitant de Banconi-Razel.

Cependant, si les médias classiques n’en font pas leur principale champ de bataille, les réseaux sociaux notamment Facebook, est à l’heure actuelle, le canal de sensibilisation par excellence sur les VBG : les cas de la jeune femme sauvagement tuée par son mari à kalana, dans la région de Sikasso ou celui de la soudeuse Ténin Niambélé résident à Djicoroni Para assassinée pour une cause méconnue par son mari en sont des preuves évidentes.

L’ ONG AFB ( Association des Femmes Battue) ne reste pas en marge de cette lutte. Créée en avril 2010 par un Magistrat, elle intervient dans les cas de violences comme la violence conjugale et les viols. De janvier en septembre, cette association a enregistré 45 cas nous affirme M. Ousmane Camara, conseiller juridique au sein de l’ AFB. Parmi les derniers cas déclarés, il y a celui d’une « fille de 19 ans violée par un soldat malien. Ce dernier a été incarcéré à la suite d’une poursuite qu’on a déposé à la justice. » Ensuite il y a une histoire rocambolesque où « le mari avant de vouloir la tuer a voulu lui faire subir une mutilation génitale. Heureusement qu’elle a pris ses jambes à son cou et se réfugier auprès de nous.Une fois devant le tribunal, la cour a décidé d’une séparation de corps. » nous confesse t-il. Toutefois, en dépit des efforts et du soutien déployés à l’égard des victimes,cette association ne reçoit aucune aide du gouvernement, mais elle bénéficie des partenariats avec la MINUSMA et l’OSIWA qui à son siège à Dakar.

Si pour une grande majorité, les VBG découlent de certaines habitudes de notre société, pour Monsieur Abdoulaye Dembélé médecin psychologue clinicien, elles vont bien au delà : « De nos jours, les relations se fondent sur de fausses bases. Elles n’ont pas de racine car les deux partenaires « se connaissent peu », il un manque criard de de communication et de considération. On sert souvent à tort de la faiblesse de l’autre pour en faire une force et une arme à utiliser contre lui. Nous sommes plus dans une logique de complémentarité mais plutôt dans celle d’une imposition de notion d’’égalité. Et quand l’homme se trouve dans cette posture, il a tendance à se rabattre sur sa force physique, d’où l’exercice de la violence. Et il est important de savoir que cette violence va dans les deux sens : les femmes n’ont malheureusement pas le monopole du rôle de la victime : certaines femmes exercent la violence sur leurs compagnons, en leur mettant la pression. De petites disputes quotidien , on se retrouve des fois a des véritables altercations violentes qui peuvent jouer moralement ou intellectuellement, engendrant ainsi une peur bleue de rejoindre le foyer après une dure journée de travail. Une forme de violence non négligeable et souvent source de nombreux cas de divorce plaidés auprès des tribunaux.

Pourtant, si tous ces aspects des VBG, sont dénoncés, scandés par moult associations, institutions et acteurs luttant contre leurs pratiques, des milliers de femmes continuent d’être torturées, battues jour et nuit et même tuée dans notre pays. Il plus qu’impératif que le Mali passe à une vitesse supérieure à l’instar des pays voisins comme le Burkina Faso où des femmes ont organisé un marche avec en tête. leur première Dame. Pour qu’un couple vie heureux, il doit appliquer trois points important qui sont « la communication interactive, l’écoute active et le respect mutuel. » Une prescription du Docteur Dembélé qui devrait être la première loi à inculquer à tous les couples qui souhaiteraient construire leur avenir ensemble.

Boly Keïta
Bamako, le 25 Septembre 2019
©AFRIBONE

 

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