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Mot de la semaine : Clarification

En quête de légitimité et pris en tenaille entre les peuples français et sahéliens, le Président français Emmanuel Macron vient d’arracher une précieuse victoire lors du sommet dit de clarification. Il est désormais sorti requinquer de la rencontre de Pau et pourrait se mouvoir tranquillement sur ce vaste territoire, deux fois plus grand que l’Europe, qu’est le sahel, car les chefs d’Etat du G5 sahel viennent de lui donner un chèque en blanc.

Les chefs d’Etat du G5 sahel en général et ceux du Mali, du Burkina et du Niger, en particulier, ont non seulement désavoué leurs peuples en déroulant le tapis rouge devant Macron, alors que le souhait de ces vaillants peuples était de voir la France changer de fusil d’épaule, à défaut de dégager.

Comme si ce désaveu ne suffisait pas, ils se sont même lamentés devant le Président français, en l’encensant des mots aimables et en faisant de lui le messie. Macron ne cherchait que cela pour continuer son aventure sahélienne. Rien qu’à en juger par ce bout de phrase extrait du communiqué qui a sanctionné les travaux de ce sommet on en conclurait qu’ils sont allés vendre le sahel à Macron « les chefs d’Etat du G5 sahel ont exprimé le souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au sahel et ont plaidé pour le renforcement de la présence internationale à leurs côtés ».

C’est surtout ce bout de phrase du communiqué qui intéressait Emmanuel Macron, à savoir la poursuite de l’engagement militaire de la France, tout le reste du communiqué n’est que de la rhétorique.

A-t-on besoin de rappeler à nos chefs d’Etat la célèbre citation de Thomas Sankara, à savoir que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort, cet esclave répondra seul de son malheur… Et pourtant elle est d’actualité aujourd’hui et elle caricature bien la situation des chefs d’Etat du G5 sahel, qui au lieu de réfléchir par eux-mêmes à des stratégies de lutte contre le terrorisme, comptent plutôt sur la France. Et cette même France compte également sur les Etats Unis et sur l’Union Européenne pour renforcer son dispositif militaire afin de combattre efficacement le terrorisme.

Dans le communiqué, il est question de mettre en place un Etat-major conjoint, Force Barkhane et G5 sahel pour que dans une certaine symbiose les différentes forces en présence puissent conjuguer leurs efforts dans ce combat. Théoriquement ce projet est beau, mais dans la réalité il n’est qu’illusion, car la France a toujours méprisé les forces africaines et s’est toujours comportée de façon condescendante ens’estimant être en terre conquise, traçant souvent des lignes rouges à ne pas franchir.Sinon Kidal n’allait pas être inaccessible pour les FAMA, ou bien la CMA n’allait pas se comporter en Forces armées d’un Etat souverain.

Emmanuel Macron avait besoin d’une nouvelle légitimité de la part des chefs d’Etat du G5, il l’a eu facilement. Pire, aucun chef d’Etat n’a résisté à la menace brandie par le Président français, relative au retrait des troupes françaises au sahel.Une menace doublée d’arrogant mépris et de condescendance, surtout quand il a qualifié d’indignes les discours anti français tenus dans les Etats du G5 sahel.

En définitive, Emmanuel Macron a obtenu ce qu’il voulait avoir, à savoir la totale liberté de faire ce que la France veut dans le sahel.Sa moisson a été fructueuse et il est désormais en phase avec son peuple, par contre ses Gouverneurs, pardon, ses homologues du G5 auront encore du pain sur la planche pour persuader leurs peuples à avaler cette énième couleuvre.

Youssouf Sissoko
L’Inf@sept du 17 Janvier 2020

 

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