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Mot de la semaine : Deuil

Le décompte macabre ne cesse de s’alourdir dans le bourbier sahélien. Alors que le Mali n’a pas encore fini de faire son deuil après la mort de plus de 150 militaires, tués à Boulkessi, Indelimane et Tanbancort, ce sont 13 officiers, sous-officiers et hommes de rang des forces françaises Barkhane qui viennent de périr après la collision de deux hélicoptères de combat. Ce qui complète à 44 le nombre des français morts au Mali depuis 2012. Le peuple français à l’unisson a rendu hommage à ses 13 héros morts pour la défense des intérêts de la France, mais en même temps s’interroge sur la nécessité de la présence de son armée au Sahel.

Le Mali serait-il devenu aujourd’hui plus dangereux que l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et même la Syrie ? La question a tout son sens quand on sait la complexité, l’étendue de la zone et surtout les ramifications des groupes narco-djihadistes avec l’Etat islamique, bien que défaits ailleurs et dont certains éléments ont trouvé refugedans le Sahel. Ils sont en terrain connu et règnent en maitres absolus dans un espace qui leur est favorable. Bien que les circonstances de la mort des treize soldats restent encore à élucider, il n’y a pas l’ombre d’un doute que les terroristes ont une puissance de feu qui dépasse celle de tous les Etats sahéliens et leur nombre est au-delà de toutes les estimations faites par les experts occidentaux.Les terroristes disposent des moyens matériels, logistiques, financiers et humains leur permettant de tenir une guerre pendant dix ans. Alors, face à la puissance de feu de l’ennemi et à sa stratégie qui évolue en fonction du temps et de l’adversaire, une mutualisation des efforts n’est-elle pas nécessaire pour vaincre l’hydre terroriste ?

Ceux qui pensent que les pays du G5 sahel sont à mesure de prendre leur destin en mains et combattre le terrorisme, mettront beaucoup d’eau dans leur vin. Car les armées de ces cinq pays pauvres, sont non seulement sous équipées, mais aussi et surtout les militaires sont mal formés et pas aguerris pour ce genre de combat. Faudrait-il continuer à nourrir le sentiment anti forces étrangères en général et anti français en particulier sachant bien que nos armées ne sont pas prêtes pour la lutte contre le terrorisme ? En attendant les résultats des enquêtes pour situer les circonstances de la mort des 13 soldats français, l’heure doit être à la réflexion et à un débat dépassionné pour déduire que nous avons besoin de tout le monde pour nous aider à lutter contre le terrorisme dans le Sahel.

La France a bel et bien sa grande place dans la lutte contre le terrorisme, même si elle doit changer d’approche, de stratégie et même d’alliés. Surtout qu’elle fait partie des pompiers pyromanes. Elle doit se joindre aux armées des pays du Sahel et solliciter l’aide de la communauté internationale, à commencer par l’Union Européenne et les Etats Unis afin de mutualiser les moyens et les efforts pour venir à bout du terrorisme.

En somme, la guerre dans laquelle les pays du Sahel sont devenus l’épicentre est une guerre complexe qui demande beaucoup plus de coopération entre les armées.

Youssouf Sissoko
L’Inf@sept du 29 Novembre 2019

 

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