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Ramadan 2019 : Les maliens s’en souviendront pendant un bon bout de temps !

Ça y est, Bamako reprend ses anciennes habitudes avec son tintamarre de bruits de klaxons et d’embouteillages sur les principales artères. Aucune voie menant au centre-ville ne subit plus une déviation. Le Ramadan a bien tiré sa révérence il y a une semaine jour pour jour et ce lundi a été généreusement gratifié d’une pluie bienfaisante. Ce qui n’est pour déplaire aux fidèles accompagnateurs de Ramadan qui observeront 6 jours supplémentaires de jeûne. Cette année, le mois de ramadan a coïncidé avec la période de forte chaleur au Mali et il n’a pas été facile pour un grand nombre de jeûneurs de faire preuve d’abstinence et de tempérance. Cette période s’inscrit parmi l’une des périodes inoubliables du Mali.

Maladies chroniques, manque de moyens de subsistance pour la rupture du jeûne, risque d’insolation, la minimisation du jeûne a été observée chez un grand nombre de bamakois principalement les jeunes. Malgré le fait que le ramadan soit l’un des piliers des préceptes de l’islam, la chaleur a réussi tant bien qu’à prendre le dessus sur la foi.

Ousmane Traoré, un médecin généraliste s’exprime : « On ne peut avec exactitude dire qu’il y a eu des décès dû uniquement à cause du jeûne. Durant la deuxième ou troisième semaine du mois de carême, un jeune homme bien portant est décédé juste après la rupture du jeûne. On ne sait jusque-là pas si c’est dû au jeûne ou pas. »

« Dieu n’impose rien à son fidèle serviteur qui lui soit insupportable. Il ne lui soumettra rien qui sera au-delà de ses forces. » Dixit El Hadj Moustaph Sidibé, un imam.

Attitude des fidèles musulmans pendant le ramadan

« Ce n’était pas facile au début mais avec l’aide d’Allah, nous avons pu tenir le coup. Même si nous n’avions pas le choix en réalité car jeûner est une obligation pour toute personne bien portante. » Dixit Souleymane Diarra, un trentenaire.

Serviette mouillée ou bain ambulant

Quant aux plus résistants et fervents croyants, ils semblaient avoir trouvé une solution miracle pour lutter contre la chaleur : c’étaient des serviettes mouillées à poser sur la tête pendant de longues minutes pour certains et d’autres optaient pour un bain ambulant. Il s’agit de verser de l’eau sur soi-même tout en vaquant à ses occupations. En le faisant, l’intéressé prenait plaisir à se mouiller les cheveux et les habits. Une pratique qui même suscité l’inspiration chez le chanteur de variétés Sidiki Diabaté. : ‘’Sounkalo, djikè n’koungolo kan !’‘ (Ramadan, verse de l’eau sur ma tête).

Ce mois de ramadan n’a pas été facile pour la majeure partie de la population malienne à cause de cette période de canicule à telle enseigne que le comportement des uns et des autres poussait à s’interroger si le jeûne était une obligation ou un devoir.

Le Mali a fêté avant le reste du monde musulman !

Le Mali, ayant débuté le mois de carème le 5 mai, a décidé de fixer la fête de ramadan ou l’Aïd El-Fitr au lundi 3 juin 2019.

L’annonce a été faite par le ministère des Affaires religieuses sur la base d’une délibération de la Commission nationale d’observation de la lune, selon un communiqué officiel publié le dimanche 2 juin aux environs de 18h. Le mois de jeûn a ainsi duré 29 jours au Mali, qui a débuté et terminé le ramadan avant le reste du monde musulman.

Un fait qui ne suscita pas une grande surprise car la semaine précédant les préparatifs de la fête commençaient déjà. Hommes, femmes et enfants n’ont aménagé aucun effort pour rendre la fête belle.

Dans les marchés, et comme il fallait s’y attendre le prix des marchandises étaient en hausse par rapport aux années précédentes. Certaines clientes comme Aissata se plaignaient « Nous avions été au marché pour l’achat des condiments du repas de la fête. Mais comme vous avez dû le constater, tout était cher. Voyez vous-même. Le kilo de pommes de terre qui était vendu à 250 F a augmenté avec 100 F de différence. La seule option que nous avions était de marchander selon ce qu’on nous proposait. »

De même, les bœufs étaient aussi chers pour les clients sans grand moyens et qui voulaient organiser une tontine via l’achat d’un ou des bœufs. Les prix de vente allaient de 175 000 F à 400 000F CFA.

La fête de ramadan de cette année fut aussi riche sur le plan culturel car les sempiternelles formules de salutations et de pardon ont été faites au sein des différentes familles et à l’endroit du pays. Les enfants ont eux aussi fait leur habituelle salutation appelée « selima yala » dans presque toutes les familles du quartier. Même si la collecte des petites monnaies ne s’entrechoquait pas dans leurs poches et sacs( due à la crise financière qui prévaut actuellement au Mali), la fête l’Aïd El Fitr est restée autant belle et magique que celle des années précédentes.

Après le ramadan, le naturel revient !

Les musulmans du Mali ont observé le jeûne depuis le 5 Mai 2019. Ce mois est propice à tout changement de comportement y compris celles des musulmans occasionnels. Le ramadan fait des jeûneurs des personnes qui, n’ayant pas le choix, abandonnent leur style habituel au profit du style religieux. Tout d’eux change : le comportement, le langage, l’habillement… tous ces changements pour une seule raison : le mois de ramadan. Force est de constater qu’après ce mois de pardon et de piété, l’ambiance reprend ces droits dans les bars, les boites de nuits et les hôtels. Comme quoi, l’habit ne fait décidément pas le moine …

Fanta Mariko
Bamako, le 10 Juin 2019
©AFRIBONE

 

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