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Réélection de Macky Sall : A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

Il l’avait promis, il l’a fait, son « un coup K.-O ». En effet, selon les résultats officiels provisoires de l’élection présidentielle proclamés hier en début d’après-midi, le président sortant l’emporte largement avec un score de 58,27 % des suffrages exprimés.
L’opposition, tous candidats confondus, n’a que son score, moins de 42 %, pour pleurer sur une défaite qui n’a de surprise que dans l’écart de voix qui sépare le vainqueur des vaincus. Il est près des 18 % et on écarquille les yeux pour chercher les chiffres sur lesquels Idrissa Seck et Ousmane Sonko, arrivés respectivement deuxième et troisième de cette présidentielle, se basaient pour espérer un second tour. Au demeurant, s’ils étaient si sûrs d’avoir contraint le président sortant à un second tour, pourquoi se refusent-ils à saisir la Cour constitutionnelle, preuves à l’appui, pour se faire rétablir dans leurs droits ?

C’est vrai qu’en matière électorale, sous nos tropiques, il ne faut jurer de rien quant à la sincérité des résultats publiquement proclamés, mais le Sénégal nous a montré depuis longtemps qu’il a une longueur d’avance dans la transparence électorale et, plus est, la quasi-totalité des observateurs de ce scrutin ont donné leur quitus sur sa bonne organisation. Par ailleurs, l’écart entre le score du vainqueur, 58,27%, et celui de son poursuivant direct, 20,50%, donne à penser que le suspense qui a prévalu avant la publication des résultats était surfait. Du reste, le calme avec lequel les Sénégalais ont accueilli les résultats provisoires proclamés ce jeudi, confirme bien l’absence de surprise dans la victoire de Macky Sall. Le combat a été moins serré que ne le laissait subodorer les déclarations de l’opposition. Ce n’est pas faute de s’être battus, mais les résultats des urnes laissent voir que les cinq challengers de Macky Sall ne boxent pas dans la même catégorie que lui. La prime au sortant et le bilan flatteur dont se prévaut la coalition au pouvoir ont assurément joué en faveur du « un coup K.-O ». Même le vieux briscard, Abdoulaye Wade, a reçu un bon uppercut, lui qui appelait les Sénégalais à boycotter cette élection. Le bon taux de participation à cette présidentielle, 65 %, devrait le laisser groggy dans son paternalisme sans bornes pour Karim Wade, l’un des grands absents à cette présidentielle.

Outre Karim Wade, on pense à cet autre poids lourd de l’opposition, Khalifa Sall, qui a été également disqualifié de participer à ce scrutin. C’est connu, le timing de leur mise en accusation et de leur condamnation, malgré les dénégations du gouvernement Macky Sall, fait dire qu’il y a eu une volonté d’instrumentaliser la justice pour écarter de la course à la magistrature suprême les opposants les plus dérangeants, électoralement parlant. Aujourd’hui que Macky Sall est déclaré vainqueur dès le premier tour, bien de ses contempteurs n’auraient pas tort d’ironiser sur cette victoire : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Macky Sall et sa coalition Benno Bokk Yakar devraient donc avoir le triomphe modeste.
Du reste, ces procès d’opposants emblématiques ajoutés à l’absence de dialogue politique et de consensus dans l’organisation de ce scrutin ont exacerbé les tensions politiques au Sénégal. La guerre des chiffres entre la coalition au pouvoir et l’opposition, qui a précédé la proclamation des résultats provisoires, n’a rien arrangé à ce climat délétère. Le dissiper en renouant les fils du dialogue politique sera certainement l’une des tâches prioritaires du président Macky Sall à l’entame de son second mandat. N’est-ce pas qu’un climat social apaisé est l’un des préalables pour construire le Sénégal émergent dont il rêve ?

L’Observateur du Palaaga du 1er mars 2019

 

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