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Resultats de la Presidentielle au Senegal

Macky Sall peut enfin danser le Mbalax*

Après quatre jours d’attente qui paraîssaient une éternité, les résultats de la présidentielle du 24 février dernier au Sénégal sont tombés, hier, 28 février 2019. Et c’est Macky Sall qui l’emporte dès le premier tour, avec 58,27% des voix, largement devant ses quatre autres concurrents qui ont respectivement récolté 20,5% des voix pour Idrissa Seck, 15,67% pour Ousmane Sonko, 4,07% pour Issa Sall et 1,48% pour Madické Niang.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que contrairement aux scrutins précédents où le vainqueur était connu pratiquement dans les 24 heures, le suspense aura, cette fois-ci, duré jusqu’au bout. Car, entre une coalition au pouvoir sûre de son fait dès le départ et qui revendiquait la victoire bien avant les résultats officiels, et une opposition qui jurait qu’un deuxième tour était inéluctable, l’on ne savait vraiment pas à quel son de cloche se fier, en dehors de chiffres officiels.

La guerre des chiffres aura tourné en faveur du pouvoir

Finalement, la guerre des chiffres aura tourné en faveur du pouvoir et au bout du compte, c’est Macky Sall qui, comme son homologue nigérian Muhammadu Buhari, rempile pour un second mandat au terme d’un scrutin que beaucoup d’observateurs donnaient pour serré. Sall peut donc enfin danser le Mbalax. Mais comment pouvait-il en être autrement quand on sait comment le président sénégalais a travaillé à s’ouvrir un grand boulevard ? En tout cas, avec l’invalidation de grosses pointures de l’opposition comme Karim Wade, le fils de l’ex-président Abdoulaye Wade, ou encore Khalifa Sall, l’ex-maire de la capitale sénégalaise, beaucoup s’accordaient à dire qu’il n’y avait pas grand monde en face pour contrarier la volonté du natif de Fatick de se succéder à lui-même. Quoi qu’il en soit, force est aujourd’hui de constater que Macky Sall a su assurer sa « chose » face à des candidats qui n’ont finalement pas fait le poids. Une victoire qui se justifie à bien des égards.

En effet, figure montante de l’opposition sénégalaise, Ousmane Sonko avait, contre lui, la jeunesse de son âge, mais il a encore l’avenir devant lui, même s’il n’a pas pu transformer son coup d’essai en coup de maître. Issa Sall apparaît, lui, comme un néophyte politique récemment apparu sur la scène politique, notamment à l’occasion des législatives de 2017 où il a réussi à se faire élire député après une campagne très active. Trop peu comme expérience pour espérer décrocher le Saint graal deux ans plus tard, face à des vieux briscards plus rompus à la chose politique. Madické Niang, de son côté, partait manifestement avec la faiblesse de sa candidature indépendante qui ne lui aura pas porté bonheur. Le dissident du Parti démocratique sénégalais (PDS) n’a visiblement pas su rassembler autour de lui, les voix des militants opposés à la décision des dirigeants du parti de boycotter le scrutin. Sa dernière place constitue un désaveu cinglant pour celui qui pensait pouvoir incarner le changement tant attendu par certains de ses compatriotes. Quant à l’autre vieux loup de la scène politique sénégalaise, Idrissa Seck, il devrait tirer leçon de ce troisième échec qui est la traduction d’une certaine lassitude des populations de la vieille classe politique.

En réalisant le coup K.-O., Macky Sall s’évite un problématique second tour de tous les dangers

En tout état de cause, le bilan de Macky Sall a aussi dû parler pour lui, notamment en termes de réalisations d’infrastructures au nombre desquelles on peut citer l’inauguration du nouvel aéroport Blaise Diagne de Dakar avec ses terminaux ultra-modernes, celle du premier train express du pays ou encore celle du pont sur le fleuve Gambie pour doper les échanges commerciaux en Afrique de l’Ouest. Autant de réalisations qui ont pu donner un coup de fouet à l’économie nationale.

Pendant ce temps, ses adversaires n’avaient que des projets de société qui se limitaient encore au stade des vœux pieux. La question que l’on pourrait se poser est la suivante : où est-ce que l’opposition a péché pour subir une telle douche écossaise ? Est-ce par manque de stratégie, de cohésion ou est-ce le candidat Macky Sall qui était trop fort pour elle ? Quoi qu’il en soit, en réalisant le coup K.-O., Macky Sall s’évite un problématique second tour de tous les dangers où un éventuel « tous contre un » aurait pu lui être fatal.

Et avec cette réélection haut la main au premier tour, le chef de l’Etat sénégalais se voit gratifié d’un second septennat à la tête de son pays où des défis et pas des moindres, l’attendent, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la lutte contre la pauvreté, notamment en milieu rural. Il y a aussi la réduction des inégalités sociales, mais aussi la consolidation de la démocratie qui a connu une détérioration du climat politique ces dernières années. Il lui appartient de travailler à combler les lacunes de son premier mandat pour répondre aux attentes de ses compatriotes. Cela passe par le rétablissement de la confiance entre lui et cette partie de ses compatriotes qui, au fil du temps, avaient fini par déchanter pendant sa première mandature.

En tout état de cause, l’annonce du renoncement de Idrissa Seck à tout recours contre ces résultats, scelle définitivement la victoire de Macky Sall. A défaut de savoir si c’est par dépit ou par réalisme, il y a lieu de reconnaître que cela évitera au moins au Sénégal, une éventuelle crise post-électorale.

« Le Pays »
Le 04 Mars 2019

 

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