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Réveil salutaire !

La justice s’est réveillée avec brio et au grand soulagement des pauvres maliens dont les impôts sont détournés à coup de milliards par des criminels financiers ! Ah oui, la justice malienne s’est réveillée de son long sommeil par l’actuel ministre de la Justice, Me Malick Coulibaly et le procureur du tribunal de la commune III, chargé du Pôle économique et financier de Bamako, Mamoudou Kassogué. Qui aurait crû que sous la présidence d’IBK, un de ses grands défenseurs et artisanat de sa réélection, Bakary Togola, irait en prison pour détournement et malversation ? Personne ! D’autant plus que la corruption et la gabegie sont devenues le sport favori du régime.

L’arrestation de ce membre influent du parti présidentiel (RPM) à Bougouni a donné le ton du réveil d’une justice dormante. Après Bakary Togola, plusieurs personnalités à Bamako comme à l’intérieur (le président du conseil régional de Kayes Bandiougou Diawara et acolytes) ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt. Cette semaine, c’est le maire de Baguinéda Salia Diarra et le sous-préfet de Kati qui ont été incarcérés. Ce n’est pas tout. Avant-hier lundi, le maire du district de Bamako, Adama Sangaré, a passé la nuit dans les locaux du Pôle économique. Il est soupçonné d’un détournement de près de 500 millions de FCFA suite au paiement intégral du prix avant réception dans l’affaire de l’éclairage public. Il doit être présenté à un juge d’instruction qui va statuer sur son sort.

Désormais, le parquet est à la traque des grands criminels financiers. On attend 100,… 500 millions volés ! 9 milliards volés !… Des chiffres hallucinants !

Le vol est pourtant condamné dans toutes les cultures du Mali. Chaque Malien ou Malienne enseigne à sa progéniture de ne pas voler et quand celui-ci devient un adulte occupant un poste de responsabilité dans le privé ou le public on l’encourage à voler. Quel paradoxe ? Comment sommes-nous arrivés là ? Que faut-il faire pour que la situation s’améliore dans l’avenir ?

Sous le régime socialiste du président Modibo Keïta, le Malien avait honte de voler l’argent public. Sous la dictature du Gal Moussa Traoré, le Malien avait peur de voler l’argent public. Sous le régime démocratique issu de la révolte populaire de mars 1991, le Malien n’a ni honte ni peur de voler l’argent public. On s’interroge sur le fait que les démocrates qui ont les rênes du pouvoir en ce moment n’aient été formés dans des creusets sociaux érigeant le fric en divinité.

En tout cas, force est de reconnaitre que ce réveil de la justice malienne est très salué et apprécié par la majorité des Maliens. Et beaucoup pensent que le Président IBK qui fait une gestion catastrophique du pays, est en train de sauver sa tête avec cette implacable lutte engagée contre les criminels financiers. Après le Président de l’Apcam, Bakary Togola, le maire du district de Bamako Adama Sangaré, à qui le tour ?

Les Maliens sont impatients de savoir entre autres : comment ont été utilisés les 1230 milliards alloués à la loi de programmation militaire, l’achat de l’avion militaire. Comment les compagnies minières qui opèrent au Mali sont gérées (impôts, taxes,…) par l’État malien. Comment les cotisations des travailleurs au niveau de l’Inps et de la Canam sont gérées. Comment l’argent des péages et autres taxes sur les infrastructures routières est utilisé. Comment les bâtiments publics et les entreprises publiques ont été bradés. Vivement une justice impartiale !

Aliou Touré
Le Démocrate
Le 23 Octobre 2019

 

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