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Se faire belle : pour qui ? Pourquoi ?

Mise en scène discrète pour affronter le regard des autres, ou réflexe naturel pour être bien dans sa peau ? L’attention que nous portons à notre apparence en dit long sur notre relation au monde et à nous-même.

C’est un instant comme on les aime. Seule avec soi-même, face au miroir. Un trait d’eye-liner, un peu de couleur, une touche de mascara. Sans oublier le gloss pour illuminer les lèvres, ni la poudre pour apporter un rayon de soleil sur les pommettes. Ni trop ni trop peu. Juste assez pour rester soi… et devenir une autre.

Le devoir de beauté

Pourquoi beauté et féminité sont-elles irrémédiablement liées ? Peut-être parce qu’« à la différence des animaux, chez les humains, c’est à la femme qu’incombe le fait de se faire belle », rappelle Hana Rottman, psychiatre et psychanalyste. Et le féminisme n’a guère bouleversé cet état de fait. Pour les femmes, le "devoir de beauté" est toujours aussi présent, assure l’anthropologue Bruno Remaury dans Le Beau Sexe faible (Grasset 2000).

Mais la multiplication et la démocratisation des techniques pour transformer leur corps ont modifié le discours. Au devoir social (« Vous devez être belle ») a succédé le devoir moral (« Vous pouvez être belle si vous le voulez »). Désormais, la femme est responsable de son apparence.
Et la mise en beauté devient un moment important de sa vie.

La romancière britannique Virginia Woolf ne disait-elle pas qu’avec le temps passé devant sa glace, elle aurait pu apprendre le grec ?! « Etre belle ou ne pas être », semble répéter chaque matin le miroir de la salle de bains. Comme si, privée de beauté, la femme était amputée d’une partie d’elle-même. D’où la tentation de faire plus, de faire mieux. Mais pour qui ? Pourquoi ? Selon certains psychanalystes, l’idée de mise en beauté suppose qu’il existe une autre personne pour la regarder.

Seule face à la glace, on anticipe le jugement de l’autre. Ensuite, son regard et les signes d’attirance qu’il nous manifeste ou nous refuse viennent confirmer ou non l’expérience du miroir. Impossible de l’oublier : la beauté est avant tout liée à la sexualité. Et son pouvoir est d’autant plus important qu’il s’exerce à notre insu. Nous pouvons faire semblant de croire que son rôle est négligeable par rapport aux qualités humaines dites intérieures, un nombre impressionnant de recherches a montré que c’était faux. Surtout pour les femmes : celles qui prennent soin d’elles sont jugées plus intégrées socialement, plus attrayantes et plus… féminines !

Des études ont souligné le lien très important entre la beauté d’une femme et le nombre de ses partenaires, relation qui n’apparaît pas pour les hommes. Beauté féminine et séduction demeurent incontestablement liées. Et la femme, lorsqu’elle se fait belle, ne l’oublie pas.
Maquiller la vérité ?

L’apparence, on le sait, est une forme de communication non verbale : grâce à elle, nous émettons des signes destinés à signifier à l’autre la façon dont nous voulons lui apparaître. La cérémonie de la mise en beauté peut être vécue comme une manière de se cacher. Le maquillage est alors utilisé en excès, comme un masque, pour farder son intimité. A l’inverse, refuser tout artifice peut signifier : « Je suis comme je suis, et je veux que vous m’aimiez ainsi, avec mes qualités et mes défauts. »

Soin et maquillage peuvent enfin être vécus comme un moyen de se mettre en valeur, tout simplement. Avec, à la clé, le plaisir du jeu, de la mode, des couleurs. C’est certain, il existe des motivations d’ordre ludique à ces transformations. Déguisement ? Révélation ? En français, le mot « maquillage » induit l’idée de tromperie : on maquille la vérité comme les voitures volées. A contrario, le terme anglais "make-up" signifie "faire émerger", "révéler". Cette ambiguïté résume l’ambivalence de l’idée de mise en beauté : comment rester soi-même en se métamorphosant ?

Une exigence parfois lourde à porter

Loin d’être futile, le temps de la beauté est considéré comme une clé de voûte de l’individu. Se soucier de son apparence est même un critère de santé mentale. Cela suppose deux qualités psychiques : avoir conscience de la réalité de son corps, et de l’existence de l’autre. Parfois, pourtant, l’exigence de beauté peut être lourde à porter. C’est l’adolescente maladroite dans sa féminité qui se cache derrière sa frange ou ses habits trop grands. Ou la femme obsédée par les canons en vigueur. Car le devoir de beauté ne s’est pas seulement intensifié : il s’est accompagné d’une évolution des priorités.

Longtemps, les soins apportés à l’apparence ont été dominés par l’obsession du visage, les artifices de la mode et de la coiffure. Désormais s’y ajoute la nécessité d’entretenir son corps tout entier pour rester jeune et mince. Une exigence de plus, difficile à assumer. Il y a dix ans, 30 % des femmes âgées de 18 à 70 ans n’étaient pas satisfaites de leur corps (in Le Beau Sexe faible). Elles sont aujourd’hui 48 %. Ce chiffre montre bien l’écart entre le discours qui donne le sentiment que l’accès à la beauté est à la portée de toutes, et la frustration engendrée par la réalité de chacune.
Ma maman, ma rivale

La plus belle pour aller danser. La plus belle pour conquérir le cœur de l’homme rêvé. La beauté nous parle aussi de compétition. Entre la fille et sa mère, d’abord : désir de faire comme maman, et mieux que maman. La petite fille apprend les gestes de beauté de sa mère, cherche à l’imiter ; pourtant, s’entendre dire qu’elle lui ressemble peut très vite lui devenir insupportable. Pas facile d’être la même tout en vivant sa différence ! Une fois de plus, l’élève doit dépasser le maître pour s’accomplir en tant que femme et pouvoir, ensuite, rivaliser avec les autres. Une concurrence difficile, car les mères restent jolies plus longtemps.

Et les filles ont parfois du mal à se définir face à ces femmes qui maîtrisent si bien les codes de leur propre beauté.
Alors, la mise en beauté, désir ou obligation ? « C’est un besoin, un divertissement et un devoir », s’enthousiasme Ginny sur notre site Internet. Mais encore ? Ces moments de détente, de prise en charge que l’on s’octroie chez le coiffeur ou dans un institut sont aussi destinés à compenser un monde jugé impitoyable et stressant.

Soin de soi, soin pour soi, comme le faisait si bien maman lorsque nous étions petites : « Il y a bien quelque chose de l’ordre de la restauration narcissique, du souvenir d’une attention maternelle primaire », approuve Hana Rottman. Les femmes ne s’y trompent pas : pour 80,7 % d’entre elles, se faire belle, c’est se poser, prendre du temps pour soi (source : Simm-Scanner 2000, Interdéco).

Quelle place pour la beauté au masculin ?

Les hommes ont-ils la même préoccupation ? Teinture, manucure, soins en institut, ils disposent désormais de tout ce qu’il faut pour se faire beau. Il n’empêche, leurs objectifs diffèrent. « Même si l’apparence physique des hommes prend une nouvelle importance, la signification de la beauté pour les deux sexes reste profondément inégalitaire », constate le philosophe Gilles Lipovetsky. Eux veulent surtout montrer qu’ils sont en forme et qu’ils détiennent toujours le pouvoir de leur pleine virilité.

Au milieu de ces contraintes, à chacun, à chacune de trouver sa propre méthode, sa propre liberté. L’essentiel : que ce temps de beauté personnel soit bien vécu, bien assumé, et non subi. Pour cela, les soins, le maquillage, le sport ne suffiront pas. Car se faire belle – ou beau – c’est aussi s’habiller le cœur. Avoir envie d’accueillir les autres. Et s’ouvrir au monde et à la vie.

Témoignages

Et vous ? Consacrez-vous du temps à vous faire belle ? Avez-vous alors le sentiment de vous déguiser ou de rester vous-même ? Réponses de lectrices sur notre site Psychologies.com

* Angélique : « Petite, je portais de grosses lunettes cerclées de rouge et j’étais bizutée à l’école. Au lycée, j’ai eu une popularité incroyable dès que j’ai mis des lentilles ! Aussi, depuis l’adolescence, je me fais toujours belle. Je suis devenue l’esclave de ce qui est considéré comme beau dans notre société. Au fond, l’armure moderne, c’est le look ! »

* Genette : « Je cherche avant tout à attirer le regard par ma touche d’originalité (coiffure, maquillage, vêtement). Me faire belle, c’est ma façon à moi d’exprimer ma créativité. »

* Karine : « Lorsque je me maquille, je me sens revivre. Mais aujourd’hui, j’ai la main plus légère : j’autorise les autres à me découvrir telle que je suis. »

* Rosa-Louise : « Si je ne me maquille pas, j’ai l’impression d’être un sapin de Noël auquel on aurait oublié de poser guirlandes et boules lumineuses. »

* Laure : « Une fille n’est pas plus “naturelle” lorsqu’elle n’est pas maquillée. Le naturel est dans les attitudes, le discours et le rapport aux gens. Moi, je me maquille dès que je sors. Cela me permet d’être plus à l’aise, car je me sens plus jolie. »

* Moune : « Je n’aime pas me pomponner. Parfois, je fais des efforts car, à force de vouloir rester naturelle, on finit par devenir mémère. »

* Marga : « Pour se sentir belle, il faut d’abord être en harmonie avec sa tête et son corps. La beauté vient de l’intérieur, ensuite elle rayonne vers l’extérieur, naturellement, sans trop d’artifices. Juste un peu pour celles qui ne sont pas gâtées par la nature ! »

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Source Psychologie.com

 

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