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TABASKI : Quand le marché tourne au ralenti pour les entreprises culturelles "made in Mali"...

Au Mali, les entreprises « mode in design » spécialisées dans la confection du prêt-à-porter montent en puissance. Mais force est de constater une faible rentabilité en cette période de fête de tabaski. Cette faiblesse serait dû à la pandémie de Coronavirus et au choix du Bazin par rapport aux prêts-à-porter traditionnels.

Le Mali est connu pour le port du tissu de Bazin dans le monde entier. Un tissu concurrentiel qui bat plus de records par rapport aux autres. Pour le Mariage, le baptême ou même dans l’habillement du quotidien, il est plus apprécié par la population à cause de son élégance et sa clarté. Ce qui explique donc la rareté dans la vente de n’importe quel tissu traditionnel sur le marché à l’approche de cette fête de Tabaski.

Pour les chefs d’entreprises culturelles maliennes spécialisées dans la confection des prêts-à-porter tradi, la vente pléthorique et extravagante du Bazin sur le marché en cette période, impacte les marchandises du made in Mali. « La fête de Tabaski est plus vue comme la fête du bazin chez nous au Mali. Comme d’habitude, de façon culturelle, le Bazin s’est imposé pour cette fête. Du coup, cela joue un peu sur nos ventes. » déplore Aissata Traoré alias Miss I Parila, promotrice de la plateforme de mode et de promotion du textile malien en général et du Bogolan en particulier « I Parila » .

Pour répondre aux exigences des clients qui optent pour le Bazin à chaque fête, la plateforme I Parila leur propose une combinaison plus moderne et sophistiquée. « Pour cette fête, I Parila propose à ses clients, un mélange du Bogolan et du Bazin. », se réjouit la fondatrice.

Bien vrai que le Bazin soit un facteur de ralentissement du marché de ces entreprises culturelles maliennes, force est aussi de reconnaître que la pandémie de coronavirus a impacté sur l’économie de bon nombre de promoteurs culturels. Devenue une pandémie depuis le 11 Mars 2020, la covid-19 a chuté beaucoup d’économie de secteurs publics voire privés. En outre, elle a freiné l’évolution galopante de plusieurs entreprises notamment les entreprises culturelles maliennes.

Pour cette fête, les clients se font de plus en plus rares vers les prêts-à-porter culturels qui étaient sollicités les fêtes précédentes. « Cette année, nous n’avons pas mis en place une collection pour la Tabaski à cause de la pandémie du coronavirus. Cette décision a été prise suite à une étude de marché que nous avons eu à faire auprès de nos clients. La vie est chère maintenant, les gens n’ont pas d’argent » affirme Aichatou Dembélé, co-fondatrice de la marque « Farafina Design », une plateforme qui promeut l’art de s’habiller en africain.

Cependant, elle se réjouit de quelques commandes : « Nous avons eu des commandes de la part des clients. La demande n’est pas aussi fréquente par rapport aux autres années précédentes à cause de la crise de la covid 19 ».

Quant aux clients, entre le Bazin et les autres tissus, c’est une question de choix. Pendant que certains optent pour le bazin, d’autres tendent vers des choix diverses.
Pour Yacouba Sangaré, trentenaire, le Bazin est le choix idéal pour bien fêter : « Nous sommes habitués à porter le Bazin pendant les fêtes. Je me sens à l’aise avec ce tissu contrairement aux autres ».

Korotoum Djila ne partage pas cet avis. Selon elle, le made in Mali doit être priorisé en cette période de fête. « Personnellement, j’aime le made in Mali, c’est une fierté pour moi » dit-elle avec un air souriant.

Tout comme les autres acteurs culturels, les chefs d’entreprises culturelles maliennes made in Mali, interpellent le gouvernement malien à aider ce secteur. Selon eux, ce domaine peut aussi rehausser l’économie malienne si toutefois toutes les conditions sont réunies afin de mener à bien les activités. Ils concluent que l’État malien doit suffisamment aider les acteurs culturels surtout en cette période où la pandémie de coronavirus continue à faire son effet.

Bamako, le 23 Juillet 2020
Adama Sanogo
@Afribone

 

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