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Tiébilé Dramé devant le Conseil de sécurité de l’ONU


« Le gouvernement demande une présence accrue de la MINUSMA dans les régions du centre du Mali »

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, Tiébilé Dramé, a plaidé, le mercredi 12 juin, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies à New York, pour « une présence accrue de la MINUSMA dans les régions du centre du Mali ». Cette partie du pays est en proie à une recrudescence de violences inouïes dont la dernière remonte au lundi dernier avec l’attaque contre le village de Sobane Da qui a fait, selon un dernier bilan du gouvernement malien, 35 morts.

La situation au Mali est au menu du Conseil de sécurité des Nations Unies. La prorogation du mandat de la Minusma et les options prévues pour une possible « adaptation significative » de sa mission, ont été les sujets abordés lors d’une rencontre, le mercredi dernier, à laquelle le ministre des Affaires étrangères du Mali, Tiébilé Dramé, a participé. C’était en présence du représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali, Mahamat Saleh Annadif.

A cette occasion, le ministre malien a demandé au Conseil de sécurité la prorogation du mandat de la MINUSMA pour une année supplémentaire et de la doter des moyens humains, financiers, technologiques et en équipements adaptés, lui permettant d’exécuter son mandat de protection des civils mais aussi de mieux protéger son personnel et ses installations. 

« Le gouvernement demande une présence accrue de la MINUSMA dans les régions du centre du Mali, aux côtés des Forces de défense et de sécurité maliennes afin de protéger les populations civiles et leurs biens, de mettre un terme au cycle de violence et de permettre le retour de l’administration et des services sociaux de base », a déclaré Tiébilé Dramé.

Néanmoins, selon le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, la présence de la Mission au centre ne doit pas se faire au détriment des régions du nord car « nous ne voulons pas créer un vide sécuritaire dans cette partie de notre pays qui pourrait être occupée par les forces hostiles au processus de paix ».

La situation dans le centre, a expliqué Tiébilé Dramé, est étroitement liée à celle du nord et constitue une conséquence directe de l’occupation d’une partie de cette région en 2012-2013 par les groupes terroristes. Les premiers adhérents à l’idéologie extrémiste violente ont été recrutés par le Mouvement pour l’unification et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et les principaux leaders sont aujourd’hui les chefs de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).

La principale figure du jihadisme au centre du Mali est affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). La logistique utilisée contre les forces vient du nord, selon le ministre malien.

« Une période critique »

Avant l’intervention du ministre des Affaires étrangères du Mali, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali Mahamat Saleh Annadif s’était prononcé sur la situation au Mali. Selon lui, le Mali s’engage en ce moment dans une période critique de son processus de paix. Et d’ajouter : « La volonté toujours exprimée par les partis signataires de poursuivre la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation offre encore de réelles chances de faire avancer la cause de la paix dans les six à 12 prochains mois, et ce, malgré les retards qui persistent. »

Mais, selon Annadif, la lueur d’espoir qui pointe à l’horizon ne pourra se transformer en véritable opportunité sans une accélération dans la maîtrise de la situation sécuritaire, notamment dans le centre du pays. « Ce qui s’est passé dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 juin dans le village de Sobane Da, dans la région de Mopti, nous rappelle la gravité de la situation », a-t-il déclaré, tout en ajoutant que cela fait suite aux massacres de Koulougon et d’Ogossogou respectivement le 1er janvier et le 23 mars 2019, toujours dans la même région de Mopti.

Selon le représentant de l’ONU au Mali, dans son rapport, il a procédé à l’évaluation de la hiérarchisation actuelle des objectifs de la MINUSMA en s’appuyant sur les principes selon lesquels il faut éviter de se substituer à l’État malien et assortir la fourniture d’un appui à un nombre grandissant de conditions, comme moyen d’influence.

Comme proposition, il demande que la Mission se limite aux projets qui contribuent directement à la mise en œuvre de l’Accord dans le nord ou qui répondent à des besoins particuliers dans le centre.

« L’appui apporté aux Forces de défense et de sécurité maliennes devra être maintenu mais il serait fourni à l’avenir par l’équipe de pays plutôt que par la MINUSMA. L’appui de cette dernière à la Force conjointe du Groupe de cinq pays du Sahel devrait continuer d’aller de pair avec la mise en place d’un cadre réglementaire visant à faire respecter le droit de l’homme et le droit international humanitaire. »

La Force de la Mission, ajoute-t-il, devrait augmenter encore son efficacité et son efficience, en assurant une protection accrue lors des déplacements, en étant plus souple et plus agile, et en adoptant une attitude proactive dans toutes ses zones de déploiement. Cela nécessitera, de son avis, la reconfiguration de certaines de ses unités existantes et le déploiement de capacités supplémentaires.

Autres propositions du chef de la Minusma : pour ajuster la présence de la MINUSMA dans le centre du pays, le camp de la Mission à Diabali devrait être transféré aux Forces armées maliennes début 2020 et l’on continuera à recenser d’autres camps pouvant faire l’objet d’un transfert progressif.

Dans le centre, la Mission devrait continuer à accorder la priorité aux efforts visant à faciliter le rétablissement de l’administration de l’État et renforcer son appui aux autorités pour lutter contre l’impunité. La révision du Plan de sécurisation intégrée des régions du centre, à laquelle travaille actuellement le Gouvernement malien, pourrait permettre de donner à la MINUSMA une plus grande marge de manœuvre.

Les tueries des civils sont devenues monnaie courante dans le centre du Mali. Des groupes armés continuent à défier l’Etat dans la région. La décision du gouvernement malien de dissoudre les milices armées, après le massacre de Ogossagou, est restée sans effets. Au cours des trois derniers mois au Mali, Selon Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies, il y a eu 245 atteintes à la sécurité, 333 civils ont été tués, 175 blessés, 145 signalements d’enlèvements de civils.

Madiassa Kaba Diakité
Le Républicain du 14 Juin 2019

 

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