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Transformation d’un groupe arme en parti politique :Le HCUA réussira-t-il à opérer sa mue ?

« Face à la réalité du terrain et pour répondre aux aspirations légitimes de nos populations, nous devons réfléchir à une plateforme politique ». C’est en ces termes que s’est exprimé le Secrétaire général du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), Alghabass Ag Intalla, à l’ouverture du congrès de son groupe dans le Nord-Est du Mali. En termes plus clairs, le HCUA, de guerre lasse, veut se muer en parti politique. Ce qui est une bonne chose en soi d’autant que, dit-on, cela va contribuer à « accélérer la mise en œuvre de l’accord d’Alger pour une meilleure cohésion sociale et harmoniser notre lutte au bénéfice des populations », pour réprendre les termes du sieur Ag Intalla.

En tout cas, quand un groupe armé décide de se débarrasser des armes pour devenir un parti politique, on ne peut que s’en réjouir. L’initiative n’avait d’ailleurs que trop tardé. Et on imagine bien la fierté qui doit animer les autorités de Bamako qui, à l’occasion de ce congrès, ont dépêché deux hauts responsables à Kidal.

Espérons seulement que les uns et les autres feront montre de bonne foi pour que la mise en œuvre de l’accord de paix ne connaisse plus de couac comme cela a toujours été le cas. C’est en cela qu’il faut, sans tomber dans l’angélisme, se féliciter aussi de la tenue annoncée du congrès du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dont on sait qu’il est en rivalité avec le HCUA. Pouvait-il d’ailleurs en être autrement quand on sait que les deux mouvements ont des fondements communautaires ?

Si la mutation du HCUA en parti politique, peut être perçue comme un signe de décrispation, il demeure tout de même un problème profond. Il s’agit du statut de Kidal

Le MNLA est composé essentiellement de touaregs tandis que le HCUA est à dominante arabe. Longtemps accusés à tort ou à raison d’être de mèche avec les terroristes qui écument le septentrion malien, les deux groupes armés sus-cités étaient mis au ban de la communauté internationale pour ne pas dire qu’ils étaient considérés par certains comme des mouvements infréquentables. Mais en décidant de se muer en parti politique, ils saisiront sans doute l’occasion pour redorer leur blason. Peut-être même auront-ils désormais la chance d’être reçus par certaines personnalités au plan international.

Ce qui n’est pas rien, quand on sait qu’un parti politique a nécessairement besoin d’un réseau pour se donner des chances de conquérir le pouvoir d’Etat. Cela dit, s’il est vrai que la mutation quasi actée du HCUA en parti politique, peut être perçue comme un signe de décrispation, il demeure tout de même un problème profond. Il s’agit du statut de Kidal qui, jusque-là, n’est pas clarifié et qui, très curieusement, n’a même pas été évoqué au cours du congrès de ce mouvement formé essentiellement d’anciens membres du groupe Ansar Dine.

C’est pourquoi on en vient à se poser les questions suivantes : le HCUA réussira-t-il à opérer sa mue ? Renoncera-t-il sincèrement à son projet indépendantiste ? Difficile d’y répondre pour l’instant. On attend de voir avant d’y croire.

Boundi OUOBA

Le Pays du 28 Octobre 2019
source lepays.bf

 

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